DE SAINT-HAUR
27 août 1774.
Il y a longtems que vous m'avez promis, mon Révérend Père, de m'envoyer un état de tous les savans religieux qui, dans la congrégation de Saint- Maur, s'occupent à des travaux littéraires et particulièrement aux différentes histoires de nos provinces. Vous m'aviez également fait espérer que vous y joindriez une liste de ceux qui, n'ayant actuellement aucune occupation de ce genre, seroient disposez à se livrer aux recherches diplomatiques qui ont rendu vos savans si célèbres dans la République des lettres. Je désircrois fort mettre sous les yeux du Roy ce double état. Ne craignez pas qu'en cherchant à réveiller dans votre Congrégation cet esprit des bonnes études, on y afibiblisse jamais fesprit religieux et la discipline intérieure dont le maintien vous est confié. Jamais il n'y a eu parmy ses membres plus de bons religieux que lorsqu'ils étoient presque tous savans, et ils n'ont jamais été plus soumis à leurs Supérieurs que lorsqu'ils ont été tous occupez. C'est avec vous, mon Révérend Père, que je conféreray sur les moyens de concilier et le travail et la subordination. Vous jugerez vous-même de nos plans et vous dis poserez des ouvriers que vous nous présenlerez.
Je suis, etc.
Bertik.
(Collection Moratn, n* 295, fol. a86.)