LETTRE DE BERTIN À LURCHEVÊQUE DE TOULOUSE
a juillet 1775.
L*intérêt que vous prenez, Monsieur, au progrès des lettres et la protection que vous devez à la congrégation de Saint- Vanne m'engagent à recommander à vos bontés un religieux qui se distingue dans cette Congrégation par ses talens et par ses travaux. Dom Berthod, mcml^re de TÂcadémie de Bezançon, occupé à recueillir dans Tabbaye de Saint- Vincent les manuscrits du cardinal de Grandvelle, dont ii a tiré grand parti pour lliistoire, fit, l'année passée, un voyage à Tournay pour des recherches relatives à cet objet de son travail. Je profitai de cette occasion pour lui faire visiter un grand nombre des archives de la Flandre autrichienne, qui renferment plusieurs monumens de notre histoire. Je dois à ce religieux un témoignage que je lui rends avec plaisir; il a gagné la confiance de tous les ^propriétaires des dépôts quil a visités; ecclésiastiques et laïques^ communautés et seigneurs, tous le redemandent, et les savans avec lesquels il a, dans cette province, lié une correspondance utile , désirent de le revoir. Je voudrois fort profiter des sentimens quil a inspirés, pour l'engager à dépouiller avec un peu plus de soin beaucoup d'archives de la Flandre autrichienne, dont ii n*a pu que deviner les richesses.
Il est cependant retourné dans son monastère de Saint-Vincent, où il attendra les ordres que je voudrois bien être en état de lui donner et qu'il désire lui-même pour aller parcourir de nouveau les Pais-Bas autrichiens. Mais il faut vous avouer que l'argent nous manque un peu pour cet objet. Les fonds que le Roy destine à ce travail étant , comme vous le savez , très-
modiques, vous seroit-il possible d'engager la congrégation de Saint-Vanne à fournir du moins à ce religieux une pension pour sa nourriture et son vêtement? A quelque petite somme qu elle fttt portée , elle seroit un premier secours, auquel je pourrois ajouter un suplément.
Les religieux bénédictins sont de tous les travailleurs ceux que Ton employé à meilleur marché. Je crois seconder vos désirs, Monsieur, en vous fournissant une occasion d être utile aux lettres, et, si vous ne réussissez pas, je serai bien sûr que cela vous aura été impossible.
J'attendrai donc votre réponse pour prendre un parti à l'égard de dom Berthod.
Je suis , etc.
Bertik.
( Coflection Moreau , n* 309 , loL 17a.)