‹ Le Comité des travaux historiques et scientifiques (histoire et documents)Chapitre 76 sur 155 · LETTRE DE DOM GOLLOZ AU GARDE DES SCEAUX · texte numérisé non relu

LETTRE DE DOM GOLLOZ AU GARDE DES SCEAUX

8 uovembre 1784.

Monseigneur, en vertu et en exécution de la lettre du 6 may dernier, par laquelle Votre Grandeur me chai^eoit de faire la collection des monumens historiques qui peuvent rester encore inconnus dans le Verdunois et dans les duchés de Bouillon et de Luxembourg, j*ai fait passer à M. Moreau plus de deux cens copies des titres, tant de Févêché de Verdun que des abbayes de Saint-Airy, de Saint-Vanne et d'Epternach , toutes de Tordre de Saint-Benoit, situées les deux premières à Verdun, et la dernière au duché de Luxembourg, à cinq lieues de Trêves.

C'est, Monseigneur, que , dans les quatre endroits nommés, on s'est fait un devoir de respecter la lettre dont Vostre Grandeur a daigné mlionnorer; mais je désespère de la voir respecter dans les autres maisons de cette ville , où il y a des archives considérables , nommément à Tévêché , où je n*ai pas encore fini , i la cathédrale, à la collégiale de la Magdelaine et à labbaye de Saint-Paul, ordre des Prémontrés, à moins que Vostre Grandeur ne réprime le refus que je viens d'essuier de la part des quatoi*ze personnes qui composent aujourd'hui l'hôtel-de-ville de Verdun, au mépris de la lettre de Votre Grandeur que j ai montrée et de l'arrêt du Conseil privé du Roy, en vertu duquel elle me la donnée, et que j'ai cité. Voici le fait dans la dernière vérité :

Ne pouvant. Monseigneur, dans la saison où nous sommes, continuer le dépouillement des archives de l'évêché de Verdun , parce qu'elles sont éloignées d*un bon quart de lieue de notre maison de Saint-Airy, et étant convenu, pour la même raison, avec Monseigneur l'évêque de Verdun ^^^ de n'y retourner qu'au printems , j'avois résolu, pour ne point perdre de tems d'ici à cette époque, de dépouiller dans l'interval les archives de rhôtel-de-ville, qui ne sont qu'à une portée de fusil de ma demeure. Dans ce dessein, je me suis présenté, en suppliant et avec toute la décence requise en pareil cas, chés les deux principaux de cet hôtel, c'est-à-dire chés M. Garaudé ^ maire , et chés M. Tailbot , syndique de la ville. Le premier, respectant la lettre de Votre Grandeur, et ne trouvant d ailleurs aucun inconvénient de me communiquer les titres de la ville, vu, dit-il, qu'ils

(^) Henri-Louis-René Desnos, évéque de Verdan de 1769 à 1790.

appartiennent à tous les membres de la ville et que tous les membres de la ville ont droit d*en tirer des copies , m*a promis très-honnètement de dire à M. Mondon, greffier, de me communiquer tous ceux de ces titres que je jugerois propres à remplir ma mission.

Il n'en est pas de même du second ; il ma objecté la deffense de M. l'Intendant^^) de communiquer aucun titre de l'hôtel-de-ville de Verdun sans sa permission , et il a été très-peu sensible à l'observation que je lui ai faite avec instance, que cette deffence ne devoit point avoir lieu à la vue de la lettre de Votre Grandeur et de l'arrêt du Conseil privé du Roy sur lequel elle est fondée, puisqu'il m'a répliqué que cet arrêt étoit inconnu à rhôtel dont il étoit officier. Je ne sçais s'il a communiqué ses idées à tous les autres Messieurs de cet hôtels mais le résultat de leur assemblée de samedy dernier, sixième jour du présent mois de novembre, a été de me députer M. Mondon, leur greffier, pour me dire purement et simplement de leur part que je n'aurois communication d aucun titre de l'hôtel-de-ville de Verdun , ni au dedans, ni au dehors de cet hôtel; ce sont les propres termes.

Si je n'avois pas montré, Monseigneur, aux deux principaux de ces Messieurs la lettre dont Votre Grandeur a daigné m'honnorer, en leur faisant connoitre l'arrêt du Conseil privé du Boi qui l'authorise, ce refus, tout grossier et définitif qu'il est, ne me rebuteroit point, parce que j'aurois espérance de le faire tomber par la communication de ces deux pièces; mais, m ayant été fait par un corps assemblé, nonobstant la communication de ces deux pièces respectables, et étant déjà connu par toute la ville, il ne me reste, Monseigneur^ que de recourir à Votre Grandeur, et de la supplier, ou de le réprimer d'une manière qui me mette à l'abri de tout autre, ou de me permettre de lui renvoyer la lettre dont elle a daigné m'honnorer, comme une pièce qui, sans cela, me dcviendroit inutile.

Si vous daignés, Monseigneur, prendre le premier de ces deux partis, comme j'ose l'espérer de votre bonté, et comme il paroit absolument nécessaire pour l'exécution de l'arrêt du Conseil privé du Roy, je reprendrai mes opérations avec un nouveau zèle, et je redoublerai, s'il est possible, le profond respect dans lequel j'ai f honneur d'être, etc.

D. Michel CoLLOZ«

(Collection Moma, n* 397, foL 5d.) ^'^ M. de la Porte de Meday, înteadant de Lorraine de 1778 à 1790.

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LETTRE DU P. céNÉRAL DE LA CONGRÉGATION DE SAINT-VANNE

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