DES REGISTRES OLIM
Juillet 1773.
Depuis que j'ay eu l'honeiir de prendre les ordres de Monseigneur, j'ay
vu M. Chevreuil et M. de Bréquigny.
Celui-cy a eu l'boneup d'écrire hier k Monseigneur, et je n'ay plus qu'4 lui faire part de la conversation que nous venons d'avoir ensemble, sur laquelle je suplie Monseigneur de me fnire passer ses ordres en marge de ce baiet.
") Ce rapport ■ été publié par le comte Beugoot, Bapportt on Jffiuitr*, p. 196, note.
i"" M. de Bréquigny fera tout ce que le Ministre croira le plus utile à la besogne ; il Ten a assuré et il vient de me le répéter.
a"" Cependant, pour ne lui point donner trop de peine, voicy le parti que 1 on pourroit prendre et que nous sommes convenus de proposer à Monseigneur.
M. de Bréquigny pourroit aller passer une matinée au Palais avec son ce* piste et là parcourir Touvrage de M. Chevreuil et de son commis, en collationer icy, là et en difTérens endroits, une partie assez considérable pour juger si les ouvriers étoient bons et, en général, si la besogne est bien faite.
S'il ne la juge pas telle, il n*y a pas à balancer; il offre de collationer la totalité, quelque peine quil lui en coûte. Dans ce cas, louvrage sera long, car on ne peut le transporter chez M. de Bréquigny, et il y a pour un mois bien rempli de besogne.
Si, au contraire, il juge la besogne bien faite par nos ouvriers, il laissera M. Chevreuil collationer f ouvrage en entier avec son commis, qui en a copié une bonne partie, et lui. Monsieur de Bréquigny, se chargera ensuite de la vérification.
Voicy en quoi elle consiste. A mesure que Ton a copié, on a fait note de quelques endroits embarassants et des mots que Ton a laissez en blanc : la liste de ces phrases douteuses et de ces mots que Ton craint d'avoir mal lus a été faite avec soin.
il ne sagira donc plus que de suivre cette liste et de décider sur chaque mot. La méthode de M. de Bréquigny est de copier le mot tel qu'il le lit, mais s'il lui reste encor quelque difficulté, il le ligure à la marge pour qu'on puisse le juger d'après la vue des caractères. Si Monseigneur aprouve notre idée, il peut mettre son bon à côté de ce mémoire.
Quant à M. Chevreuil, effectivement son travail pour ce seul premier volume ira au moins à 3,^00^, ce qui est un peu cher. Cela vient peutêtre de ce que, lorsqu'un copiste est payé par mois ou par an, il ne demande pas mieux que de faire durer la besogne.
Peut-être seroit-il possible de faire un forfait pour les trois autres volumes.
Mais si Monseigneur continue de faire payer par mois, je prendray le parti de payer effectivement au bout de chaque mois et, en payant, j'examineray ce qui aura réellement été fait : la perspective de cette attention engagera les travailleurs à ne point perdre de tems , et j'auray même soin de passer de tems en tems à leur laboratoire.
Il y a encor quelques feuillets du premier volume à copier : avant que cela finisse, je projetteray une lettre à M. le premier Président, pour que Monseigneur le prie de faire remettre â nos travailleurs les autres volumes, mais vraysemblablement il faudra , en les recevant, restituer le premier.
J'ay payé un à-compte à M. Chevreuil; j'attendray, pour en donner un second, que M. de Brëquigny ait fait la visite proposée.
M. de Bréquigny souhaiteroit fort que l'abbé Désirées '" ne prît point d'ombrage de tout cela. Monseigneur aura la bonté d'aviser aux moyens de l'empêcher.
Il m'a dit ce que Monseigneur avoit oublié de m'apprendre , c'est que tout ce que M. Lambert a copié à Clugny a desjà été imprimé. Il croit qu'il faut lui mander d'envoyer des notices avant que de faire copier; au surplus, je n'ay point encor nouvelle de son arrivée à Clugny.
Dès que Je seray à Viiledavré , j'enverray à Monseigneur cette écriture de L. B. que je luy ay promise. C'est là que sont les deux lettres de lui dont j'ay parié à Monseigneur.
(CoUedioaHoreiu. »• Vli, M. Si.)