A. — CANADA
I. — Le premier en date fut le Comité de Montréal, constitué en 1911, sous la présidence active de l’Honorable sénateur Raoul Dandurand, ancien président du Sénat fédéral, et la vice-présidence de Sir Montagu Allan, assistés de M. Edouard Montpetit, professeur à l’Université Laval, comme secrétaire général, et de M. P. -B. de Crèvecœur, bibliothécaire du Fraser Institute, comme trésorier. Il possède, au centre de la ville, son siège social : Chambres 4i2-4, Edifice de la Banque d’Epargne, où une permanence est établie. C’est lui qui, en 1912, prépara le voyage de la Délégation Champlain dans la Province de Québec et lui assura un accueil inoubliable. Son activité, dès avant la guerre, lui avait permis de recruter un nombre important d’adhérents et d’acquérir une influence qui s’est manifestée d’une façon remarquable au cours de ces trois der-
nières années. On peut voir, en effet, par les articles publiés dans notre Revue France-Canada, quel ,a été le rôle de premier .plan joué par notre Comité de Montréal dans les relations du Canada français avec notre pays. Son action a été multiple. En voici quelques exemples :
Dans ses bureaux a fonctionné le « Comité de la défense civile », que dirigeait M Dandurand et qui a mené une campagne active pour l’enrôlement des volontaires de la Province de Québec. Au moment des émissions d'emprunts français, le Comité est intervenu auprès des grandes institutions financières du pays pour les engager à souscrire, et les banques canadiennes ont, en effet, acheté pour plusieurs millions de nos titres.
D’autre part, il a organisé, dès 1914, une grande souscription nationale en faveur des régions françaises dévastées, tandis que sa section féminine, L'Aide à la France, présidée par Mme R. Thibaudeau et Lady Williams-Taylor, recueillait des dons en nature. C’est ainsi que près d’un million de francs en espèces et 3. 000 caisses, contenant environ 600.000 pièces de vêtements, ont été transmis au Comité central de Paris pour les œuvres françaises de secours. Le Comité France-Amérique de Montréal s’est également occupé, en entente avec le gouvernement canadien et différentes organisations, de l’envoi en France d’un certain nombre de maisons-abris démontables, destinées à nos villages en ruines. Enfin, il a activement concouru, soit en les suscitant lui-même, soit en y participant, à plusieurs mouvements de caractères divers, qui ont servi très utilemenl la cause des Alliés.
Mentionnons aussi que le Comité de Montréal a pris l’heureuse initiative de fonder des sous-comités en divers centres de la Province de Québec, sous la présidence de M. J.-E. Prévost, à Saint-Jérôme ; M Samuel Casavant, à Sainl-Hyacinthe ; l’honorable juge Robidoux, dans le comlé des Deux-Montagnes ; M. H. -A. Fortier, député, dans les comtés de Wright et Label le ; le regretté Dr Charles-A. Dubé, dans les comtés de Ville-Marie et de Fémiscamingue, etc.
II. - Le Comité de Québec, à la tête duquel se trouve M. Ferdinand Roy bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Québec, et sa section féminine, L'Aide à la France , que préside Mme Clotilde Grondin, ont exercé dans cette ville, avec un égal succès, une action du même ordre.
III. — Enfin, le Président du Comité central, M. Gabriel Hanotaux, est demeuré en relations étroites avec les principaux Comités comprenant surtout des dames, constitués à Toronto, Hamilton, Winnipeg, Ottawa Halifax, etc., pour venir en aide aux institutions françaises de secours aux blessés, réfugiés, orphelins, etc. Il s’est attaché à les tenir exactement informés et, en toutes circonstances, a mis les services du Comité à leur disposition. Une telle coopération, s’inspirant uniquement de l’intérêt général, n’a certainement pas été étrangère à la continuité et à l’efficacité de la grande œuvre de bienfaisance accomplie par ces Comité« Flic *e poursuit d’ailleurs dans ce domaine, ainsi qu’on le verra plus loin, par l’adoption de villes ou de villages de la France dévastée pris en parrainage par nos amis du Canada.
IV — Afin d’établir d’une façon plus directe encore cette opportune liaison avec les organisations correspondantes du Dominion, le Comité
central a envoyé en 1919 un chargé de mission, M. Paul Balbaud, professeur à l’Université de Toronto. Visitant plus spécialement les agglomérations de l’Ontario et de l’Ouest, situées en dehors de l’itinéraire habituel des Français qui se sont rendus au Canada pendant la guerre, il s’est arrêté notamment à Hamilton, Winnipeg, Regina, Saskatoon, Prince- Albert, Edmonton, Calgary, Vancouver, Victoria, etc. Notre délégué a apporté à la population de ces villes les remerciements de la France pour le concours militaire et l’aide charitable que notre pays a reçus du Canada. Partout il fut accueilli avec la plus vive sympathie, et ses conférences, où il mettait en lumière la nécessité pour les deux nations de développer, dans leur intérêt mutuel, leurs relations économiques et intellectuelles, ont obtenu un vif succès par le nombre des auditeurs comme par leur retentissement dans la presse. A la suite de son voyage, un grand nombre de personnalités, désireuses de travailler au raporochement franco-canadien, sont entrées en rapport avec nous, et des Sections provinciales France-Canada, rattachées au Comité cential de Paris, ont commencé à s’organiser. La première a été formée dans le Manitoba, sous l’impulsion de Mrs. G. -H. Williams, et ses adhérents atteignent déjà un chiffre important. Des Comités provisoires se sont également créés à Edmonton, Vancouver, etc.
V. — Le retour de la paix, en mettant au premier plan les problèmes urgents de reconstitution nationale, devait nécessairement amener nos amis du Canada à consacrer une grande part de leur activité aux questions d’ordre économique. Le Comité de Montréal, par exemple, a constitué une Commission d’étude pour l’expansion du commerce francocanadien, qui réunit les principaux représentants du monde des affaires et dont l’action est parallèle à celle de la Commission instituée, dans le même dessein, par le Comité central en France. C’est à un de ses membres, notamment, l’Hon. Ch. -P. Beaubien, sénateur, qu’est due l’originale et excellente initiative du train-exposition, qui, en parcourant le Canada, fait connaître les articles et produits français La collaboration existant entre les deux Commissions, française et canadienne, les met d’ailleurs en mesure de tenter, avec des chances particulières de succès, les réalisations désirables.
VI. — L’action intellectuelle, qui a pour effet de maintenir et accroître l’amitié des Canadiens pour la France, et qui trouve ainsi sa répercussion jusque dans le domaine politique, n’est pas négligée par nos Comités correspondants. C’est ainsi qu’ils ont été au premier rang des promoteurs du mouvement qui a pour but d’envoyer, chaque année, un certain nombre d’étudiants et jeunes professeurs canadiens compléter leur formation dans nos Universités et grandes Ecoles. Déjà, la Province de Québec a créé à cet effet cinq bourses annuelles de 6.000 francs, l’Alberta deux bourses, la Colombie britannique trois bourses, etc., — et le président du Comité de Montréal, M. Dandurand, est l’auteur d’un projet de loi visant à uniformiser en cette matière l’action des diverses provinces.
VII. — Pour abréger un exposé que le manque de place ne nous permet pas de faire plus complet, disons, d’une façon générale, que
l’appui et le concours actif de nos Comités correspondants du Canada est acquis à toute organisation ou initiative visant à rapprocher la France et le Dominion. Tous ceux qui ont eu l’occasion d’observer sur place notre action dans ce pays ont pu d’ailleurs s’en rendre compte.