INITIATIVES NOUVELLES
I. — L’œuvre urgente de restauration de nos dix départements envahis a tout d’abord retenu l’attention du Comité France-Amérique. Pour y apporter sa collaboration, il lui a suffi d’utiliser, en lui donnant un développement et un caractère appropriés à ce nouveau but, sa section des dons créée pendant la guerre. Ne se bornant pas à encourager les souscriptions américaines aux œuvres françaises de secours, cette section a voulu établir un organisme de liaison entre les communes françaises détruites par l’invasion et les bienfaiteurs du Nouveau Monde qui veulent aider à leur reconstruction. Entrant dans les vues de nos amis d’outre- Atlantique, elle a suscité à cet effet, la création de l’œuvre des (( Parrainages de la France dévastée », constituée sous son patronage et qui, comme son nom l’indique, s’efforce de faire prendre en parrainage, par de généreux Américains du Nord ou du Sud, associations ou simples particuliers, des villes ou villages de nos régions dévastées. Aux uns et aux autres, l’œuvre sert d’intermédiaire, favorisant leurs recherches, centralisant les renseignements utiles, le cas échéant, faisant elle-même des achats d’objets et matériel de toute nature, assurant leur transport et leur distribution, prenant l’initiative des réparations ou travaux d’utilité publique les plus pressants, en un mot, recueillant les dons et contrôlant leur emploi, de la manière à la fois la plus souple et la plus satisfaisante pour les bienfaiteurs comme pour les bénéficiaires. Le « Service de Transports France-Amérique » lui fournit une précieuse collaboration, en continuant de transmettre gratuitement tous les envois en nature expédiés d’Amérique.
Bien que l’association des « Parrainages de la France dévastée » n’ait commencé sa propagande qu’au printemps de 1919, elle a déjà acquis de très fructueux résultats, puisqu’en moins de dix mois, elle a dépensé un demi-million de francs dans les vingt-cinq communes suivantes :
Meuse : Varennes-en-Argonne, Beauzée-sur-Aire, Rembercourt-aux-Pots. — Ardennes : Orfeuil. — Marne : Chenay, Fismes, Minaucourt. — Aisne : Beaurieux, Bouffignereux, Bourg-et-Comin, Coucy-le-Château, Gény, Guyencourt, Mont-Notre-Dame, Moulins, Muret-et-Crouttes, Oeilly, Paissy, Pargnan, Roucy, Saint-Gobain, Villers-en-Prayères. — Pas-de-Calais : Mont-Saint-Eloy, Sainte- Catherine-lès- Arras, Loos-en-Gohelle.
Parmi les formes multiples que revêt le secours apporté par les « Parrainages de la France dévastée » à cette œuvre de reconstitution nationale, signalons l’une de celles qui, sans doute, ont rendu le plus de services. Il s’agit des prêts sans intérêt, pour un laps de temps ne dépassant pas une année, consentis aux coopératives agricoles qui groupent les cultivateurs d’un même village sinistré, pour leur faciliter l’exploitation en commun, soit de terres qu’ils ont louées pendant la guerre dans les départements de l’intérieur, soit de leurs propres terres lorsqu’ils ont été autorisés à rentrer chez eux.
II. Le Comité s’est également préoccupé de l’afflux prochain des très nombreux Américains — venant principalement des Etats-Unis — qui désirent, à un titre quelconque, visiter la France, ou même y faire un séjour prolongé : simples touristes, pèlerins aux champs de bataille de la grande guerre, familles de combattants tués sur notre sol, délégués d’organisations charitables, hommes d’affaires, étudiants, etc. La plupart feront de Paris le centre de leur voyage, et tous voudront au moins s’y arrêter. Il serait donc regrettable que ceux d’entre ces hôtes dont la venue présente un intérêt particulier, soit en raison de leur personnalité, soit à cause de l’objet de leur voyage, ne soient pas reçus chez nous avec un empressement amical et ne puissent sans difficulté entrer en rapports avec la société française ou les institutions qu’ils désirent connaître.
A ce point de vue, les réunions périodiques du Comité, inaugurées pendant la guerre et continuées depuis lors, gardent toute leur utilité. Il nous est apparu, * cependant, que l’existence d’un organisme spécial permettrait de mieux répondre encore à ce besoin nouveau : c’est pourquoi nous avons ouvert notre Bureau d’ Accueil, sous la présidence de M. J. dal Piaz, directeur général de la Compagnie Générale Transatlantique. L’occasion nous en fut offerte au cours de l’été 1919, époqiîe à laquelle les « French Homes » fusionnèrent avec le Comité France-Amérique. Cette organisation s’était occupée, pendant plus d’un an, avec beaucoup d’activité et de succès, du placement des officiers américains dans les familles françaises et avait donné en leur honneur de nombreuses réunions et soirées. Le Bureau d’Accueil a repris son œuvre, en l’adaptant et en l’amplifiant aux nécessités présentes.
D’une part, prévoyant que la difficulté pour les Américains de se loger à Paris peut , les empêcher soit de s’y rendre, soit d’y rester, il s’offre, sous certaines conditions, à les mettre en rapports avec des familles disposant d’une chambre confortable, dans la capitale ou aux environs. D’autre part, il met ses services à la diposition des personnalités américaines qui nous sont recommandées par nos Comités correspondants du Nouveau Monde; il peut ainsi faciliter et rendre plus agréable leur séjour dans notre pays. Signalons, notamment, que notre Bureau d’Accueil est particulièrement bien placé pour préparer des itinéraires détaillés de voyage dans les régions dévastées, de même que pour renseigner et guider les étudiants américains venus compléter leur formation en France. Le caractère désintéressé de notre institution, les garanties dont elle s’entoure, l’esprit de cordialité qui l’anime, lui permettent de jouer un rôle que les organisations commerciales, d’ailleurs très utiles dans leur sphère déterminée, seraient impuissantes à remplir. Aussi envisageons-nous, dès maintenant, une sensible extension du champ d’activité de notre Bureau d’Accueil et de Tourisme et le développement de ses moyens d’exécution.
A titre d’exemple, indiquons que le Bureau d’Accueil du Comité France- Amérique a été officiellement chargé, en 1919, d’organiser le séjour en France de la Mission économique et financière chilienne présidée par le sénateur Yanez. Un programme fut dressé, dont l’exécution, assurée par nos soins, se poursuivit pendant près d’un mois, comportant, outre certaines visites à Paris même et dans la région parisienne, des voyages dans les centres industriels de Lyon et Saint-Etienne, aux ports de Rouen et du Havre, dans les régions dévastées et les provinces reconquises. Ainsi
le séjour de la Mission dans notre pays put. être à la fois attrayant et profitable aux intérêts français et chiliens.
III. __ C?est dans un dessein analogue que le Comité France- Amérique a entrepris la publication de la Collection « La France dévastée », dirigée par M. Gabriel Louis-Jaray, maître des requêtes au Conseil d’Etat. Elle comprend deux séries d’ouvrages : cc Les Régions » et « Les Faits », dus à la plume de nos écrivains les plus qualifiés. Les premiers décrivent les diverses régions françaises qui ont été le théâtre de la guerre et constituent, pour l’élite qui se rendra en pèlerinage à nos champs de
> bataille, autant de guides émouvants. Les seconds, qui mettent en lumière les épreuves de toute nature subies pendant la guerre par nos populations envahies, sont destinés à éclairer nos amis d’Amérique insuffisamment informés sur l’étendue de nos désastres. Certains volumes de cette Collection ont également été édités en anglais par une grande maison de New-York.
IV. — Dans le même ordre d’idées, indiquons que le Comité a collaboré à la préparation des « Circuits des Grands Champs de Bataille de France » ; établi sous la direction de M. Gabriel Hanotaux, cet ouvrage synthétique, le plus important qui ait paru, comporte trois éditions : française, anglaise et espagnole. — - Il vient également de prendre l’initiative d’une nou veille Collection : « Les Grands Hommes de la Guerre », et il étudie la publication, sous une forme nouvelle, de guides de l’Américain à Paris et en France.
V. — Non moins soucieux de développer son effort de propagande intellectuelle en Amérique, le Comité a créé, en janvier 1919, une seconde Revue mensuelle : « France-Etats-Unis ». Cette Revue, de même importance que France- Amérique, publie des articles dans les deux langues, et, par une conception qui lui est propre, les articles en français sont
^ précédés d’une analyse en anglais, à l’intention des lecteurs américains peu familiers avec notre langue. En tête paraît un supplément illustré France, qui donne, avec une explication détaillée en anglais, des photographies de scènes historiques, personnages, oeuvres ou faits d’actualité,
> et constitue ainsi la chronique illustrée du mois. Par une diffusion méthodique, le Comité a fait connaître cette Revue aux principales Universités, Bibliothèques, Clubs, personnalités diverses des Etats-Unis, au nombre d’un millier. C’est ainsi qu’elle est rapidement devenue, à la fois par la qualité de sa rédaction et par le public d’élite auquel elle s’adresse, un des meilleurs instruments du rapprochement intellectuel franco-américain.
Il va sans dire que le Comité continue la publication de ses divers périodiques antérieurement fondés et dont nous avons parlé plus haut : la Revue mensuelle France- Amérique, le Bulletin L'Amérique, les cahiers de la a Petite Collection France- Amérique », ainsi que celle des ouvrages de la « Bibliothèque France- Amérique ».
VI. — Dans le domaine économique, le Comité France- Amérique a marqué d’une manière particulièrement active sa volonté de réalisations. Recherchant sous quelle forme pourrait s’exercer son influence à cet
égard, de manière à ne pas faire double emploi avec les organisations françaises existantes (Chambres de commerce, Chambres syndicales, Office national du Commerce extérieur, etc.) et à leur apporter, au contraire, l’appui qu’elle désirent, il lui est apparu que ce résultat serait atteint au moyen de Commissions pour les rapports économiques créées auprès de ses Sections du Canada, des Etats-Unis et de l’ Amérique latine. Les membres de ces Commissions sont choisis parmi les Français connaissant le mieux les pays et les questions d’Amérique, de sorte que leur réunion constitue une véritable représentation des intérêts français dans le Nouveau Monde.
Afin d’éviter qu’une dispersion fâcheuse rende son travail stérile, chaque Commission se limite aux questions essentielles, à mesure que celles-ci se posent, et elle fonctionne de la manière suivante : un rapporteur lui présente un bref et substantiel exposé de la question, qui sert de base à la discussion et aux échanges de vues. Des personnalités étrangères à la Commission, mais pouvant la faire bénéficier de leur expérience en la matière, sont d’ailleurs, le cas échant, invitées à ses séances. Comme conclusion au débat, des vœux sont adoptés, indiquant les solutions préconisées par la Commission, puis portés devant les pouvoirs publics et, d’une manière générale, devant tous les organismes officiels ou privés auxquels il appartient d’en assurer ou favoriser la réalisation. On comprend que de telles démarches, en raison de l’autorité toute spéciale et de l’influence personnelle des membres de nos Commissions, comme aussi de la compétence et du souci exclusif de l’intérêt général dont témoigne la rédaction des vœux, soient prises en considération et aient les chances les plus sérieuses d’aboutir, là où bien souvent les corporations intéressées sont impuissantes à faire accueillir leurs revendications. En même temps, d’ailleurs, le Comité s’attache à créer un courant d’opinion qui aide au succès de son effort ; il agit dans ce sens, à la fois par ses propres publications d’articles ou brochures et par des communications à la presse française et américaine, en vue de renseigner exactement et de tenir au courant les milieux intéressés.
VII. — La même méthode a été suivie en ce qui concerne la création et le fonctionnement, auprès de nos Sections, de Commissions pour les rapports intellectuels.
VIII. — C’est ainsi que les Commissions de la Section France-Canada ont déjà pu accomplir un travail très important. Cette Section, placée sous la présidence d’honneur de l’Hon. Ph. Roy, commissaire général du Canada à Paris, et la présidence active de M. François Carnot, comprend parmi les membres de son Conseil :
Le baron d’ARQumviLLiERs; Mgr Alfred Baudrillart, de l’Académie française, recteur de l’Institut catholique de Paris; MM. René Bazin, de l’Académie française; Henry Bordeaux, de l’Académie française; major général Brutinel; vicomte Cornudet; Jules Corréard, ancien inspecteur des Finances; Alfred Croiset, doyen honoraire de la Faculté des Lettres de Paris; J. dal Piaz, administrateurdirecteur de la Compagnie Générale Transatlantique; Darblay, industriel; Gaston Doucuement, secrétaire d’ambassade honoraire; René Doumic, de l’Académie française; comte Eug. Boislandry Dubern, du Secrétariat général de la Banque de France; Georges Dumas, professeur à la Sorbonne; Eugène Duthoit, professeur à la Faculté libre de Droit de Lille; Eugène d’Eicuthal, de l’Institut,
directeur de l’Ecole libre des Sciences politiques; Georges Goyau; F. Guillotel, agrégé de l’Université; Georges Herdt, négociant; Michel Laglenne, conseiller du Commerce extérieur; F. Larnaude, doyen de la Faculté de Droit de Paris; L. Leau, chargé de cours à l’Université de Nancy; Maurice Lewandowski, directeur du Comptoir National d’Escompte; Louis Madelin; baron Antonin de Mandat- Grancey; Georges Menier; Sidney Monlun; marquis de Polignac; Ambroise Rendu, conseiller municipal; Pierre Sébileau, de l’Académie de médecine; Emile Salone, vice-président de F Alliance française; André Siegfried; François Yeuillot; Paul Watel; Gustave Zidler, agrégé de l’Université. Secrétaire général : M. Maurice Guénard.
Sa Commission pour les rapports économiques est présidée par M. François Carnot et vice-présidée par M. J. de Loynes, ministre plénipotentiaire, ancien consul général de France au Canada. Parmi les questoins qu’elle a étudiées et continue de suivre en vue d’obtenir une solution conforme aux vœux émis, citons : le renouvellement de la Convention commerciale entre la France et le Canada ; l’exportation des vins français au Canada ; l’importation des bois canadiens en France ; les capitaux français engagés au Canada et îles capitaux canadiens en France ; le trainexposition français au Canada ; les rapports de la France et du Canada en matière de propriété littéraire, artistique et industrieille, etc.
Sa Commission pour les rapports intellectuels est dirigée, pour ce qui concerne plus particulièrement les Anglo-Canadiens, par M. Paul Lefaivre, ministre plénipotentiaire, comme président, et par M. Jacques Bardoux, professeur à l’Ecole libre des Sciences politiques, comme viceprésident; pour ce qui concerne les Franco-Canadiens, par M. André Soulange-Bodin, ministre plénipotentiaire, ancien consul général de France au Canada, comme président, et par M. Henri Roger, doyen de la Faculté de Médecine de Paris, comme vice-président. Cette Commission s’est intéressée d’une manière très pratique, en collaboration avec l’Hon. Ph. Roy, d’une part, à la fondation, par chaque Province du Canada, d’un certain nombre de bourses d’étudiants en France; d’autre part, aux équivalences de diplômes et facilités à accorder à ces étudiants par nos Facultés et grandes Ecoles, — enfin, aux conditions de leur logement et de leur séjour en France, notamment par la création d’une « Maison canadienne » à Paris. L’exécution des divers points de ce programme peut désormais être envisagée comme prochaine.
IX. — La Section France-Amérique latine est présidée par M Louis Barthou, de l’Académie française, député, ancien président du Conseil des ministres, et sa Commision pour les rapports économiques par le baron d’Anthouard, ministre plénipotentiaire, ancien ministre de France au Brésil. Le Conseil de cette Commission est ainsi composé :
MM. André Altermann, administrateur-délégué de la Banque française pour le Brésil; E. Avisse, vice-président de la Compagnie de Fives-Lille; André Babeau, président du Conseil d’administration des Transports Maritimes; Bartholomé, fondé de pouvoirs de la Société Générale; G. Bodin de Saint- Ange Comnène, administrateur-délégué de la Compagnie Brésilienne pour le Commerce et l’Industrie; R. Boeufvé, ministre plénipotentiaire, ancien ministre de France à Quito; Marcel Bouilloux-Lafont, banquier; Bouvard, ancien directeur à la Préfecture de la Seine; Breton, directeur général des Chargeurs Réunis; Contre- Amiral Buchard;
Cal vet, de la Maison J. Calvet & Cie, de Bordeaux ; C. Cav allier, administrateur-directeur de la Société anonyme des Hauts- Fourneaux et Fonderies de Pont-à-Mousson; Fernand Chapsal, président de la Compagnie des Câbles sud-américains; Henry Charbonnel, délégué général de la Compagnie Générale Transatlantique; J. Chevalier, directeur de la Banque de Paris et des Pays-Bas; Général Clément, ancien chef de la Mission militaire française au Pérou ; Emile Collin, délégué général des Etablissements du Creusot en Amérique latine; J. dal Piaz, administrateur-directeur de la Compagnie Générale Transatlantique; J. Décamps, chef du Service des Etudes économiques de la Banque de France; Paul Desprez, ministre plénipotentiaire, ancien ministre de France au Chili; Georges Dumas, professeur à la Sorbonne; Albert Fouques- Duparc, ministre plénipotentiaire, ancien ministre de France en Argentine; Emmanuel Gallut, administrateur-délégué de la Société Centrale des Banques de Province; Auguste Garnier, éditeur; Hubert Giraud, président de la Chambre de Commerce de Marseille; Guébhard, chef-adjoint du Service des Etudes économiques de la Banque de France; Louis Guilaine, rédacteur en chef du Brésil; Georges Hersent, entrepreneur de travaux publics; Charles Houssaye, directeur de V Agence Havas; Maurice Urb. Lacombe, ancien chargé d’affaires de France au Brésil; Maurice de Lagotellerie; E. Laneuville, du Hâvre; Théodore Laurent, directeur général de la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d’Homécourt; Raphaël Le Brun, ministre plénipotentiaire, ancien ministre de France en Colombie; Max Leclerc, éditeur; Jules Lefaivre, ministre plénipotentiaire, ancien ministre de France en Uruguay; Paul Lefaivre, ministre plénipotentiaire, ancien ministre de France au Mexique; François Lefort, secrétaire général de la Société des Anciens Elèves et Elèves de l’Ecole libre des Sciences politiques; Raphaël-Georges Lévy, sénateur, membre de l’Institut; J. Loste, vice-président du Crédit Français; Ernest de Montgolfier, administrateur-délégué de la Compagnie Brésilienne pour le Commerce et l’Industrie; Oudot, directeur de la Banque Française et Italienne pour l’Amérique du Sud; G. Pascalis, président de la Chambre de Commerce de Paris; G. de Pellerin de Latouche, président du Conseil d’administration de la Compagnie Générale Transatlantique; Denis Pérouse, président du Conseil d’administration des Chargeurs Réunis; Armand Petitjean, ancien chef du Service de l’Amérique latine au Commissariat général de la Propagande; marquis de Polignac; Edouard Quellennec, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, ingénieur-conseil de la Compagnie du Canal de Suez; Maurice Rondet-Saint, directeur de la Ligue Maritime Française; Baron E. de Schompré, délégué en Amérique latine de la Compagnie générale de l’Amérique latine; Jean Sillard, entrepreneur de travaux publics ; Antoine Touche ; Paul Walle, secrétaire général de la Chambre de Commerce franco-brésilienne de Paris; Wibratte, président du Conseil d’administration de la Brazil Railway; Georges Chabaud, avocat à la Cour d’appel, secrétaire général du Comité France-Amérique.
Cette Section a abouti dès maintenant à une réalisation des plus intéressantes pour l’avenir des relations franco-brésiliennes et qui est vraisemblablement appelée à servir de type pour d’autres initiatives du même genre : la constitution, en entente avec le Groupement des Universités et Grandes Ecoles de France, d’une Société anonyme française des Lycées franco-brésiliens, au capital de deux millions de francs, qui a pour objet la création et l’exploitation au Brésil d’établissements d’enseignement secondaire fonctionnant sur le double plan de l’enseignement brésilien et de l’enseignement français, ainsi que la participation directe ou indirecte dans toutes les opérations pouvant se rattacher à cet objet. Le Conseil d’administration de la Société comprend : le baron d’Anthouard, M. Marcel Bouilloux-Lafont, M. François Carnot, M. Jules Chevalier, M. J. H. Lesca (administrateur du Crédit commercial
de France), M. Henry Péreire (vice-président de la Compagnie des Chemins de fer du Midi) et M. Edouard Quellennec. Le Conseil d’administration est assisté d’un Comité spécial pour toutes les questions d’ordre pédagogique et technique, formé par M. Georges Dumas, M. Ernest Martinenche et M. A. de Lapradélle, professeurs à l’Université de Paris.
X. — L’étude des questions commerciales et industrielles se rapportant au développement de nos relations économiques avec les Etats-Unis est confiée à 1 Association d’études économiques France-Etats-Unis, affiliée au Comité France-Amérique et reconnue par celui-ci comme Section du Comité. Le Bureau de cette Association, qui vise à grouper surtout les maisons françaises traitant avec les Etats-Unis, a pour président : M. Gabriel Guist’hau, député, ancien ministre; vice-présidents : MM. J. dal Piaz, administrateur-directeur de la Compagnie Générale Transatlantique; Charles Laurent, président de la Banque des Pays du Nord; Edmond Gillet, industriel à Lyon; Daniel Guestier, président de la Chambre de Commerce de Bordeaux; baron de Neuflize, régent de la Banque de France; Eugène Pergeline, vice-président du Comité central des Armateurs de France; Olivier Senn, directeur de la Compagnie cotonnière, au Havre; A. Tirman, conseiller d’Etat, ancien commissaire général de la France à l’Exposition de San Francisco; baron Gabet, président de la Société anonyme Pathé frères ; Gabriel Louis- Jaray, maître des requêtes au Conseil d’Etat, directeur général du Comité France-Amérique; secrétaire général : M. Etienne Lemaistre; trésorier : M Pierre Chabert, administrateur-délégué de la Société des Soufres américains, conseiller du Commerce extérieur.
XI. — Afin de donner satisfaction à un désir souvent exprimé, aussi bien par nos amis du Nouveau Monde qu’en France même, le Comité a pris récemment l’initiative de la publication d’un Annuaire France- Amérique. Cet Annuaire, qui réunit une documentation industrielle sévèrement contrôlée et exclusivement réservée à des maisons françaises, forme un répertoire analytique complet des fabrications de notre pays. J1 est spécialement destiné à guider les acheteurs des pays d’Amérique, et c’est pourquoi, en vue de faciliter leurs recherches, ^es tables ont été rédigées en quatre langues : français, anglais, espagnol et portugais. Ils trouveront également en tête du volume une très importante étude d’ensemble, avec carte, sur les diverses régions économiques de France et leurs produits, due à M. Henri Hauser, professeur à l’Université de Dijon, dont on connaît la remarquable compétence sur ce sujet.
Le succès de cet Annuaire a incité le Comité à mettre à l’étude l’établissement d’ouvrages semblables, consacrés au Canada, aux Etats- Unis et à l’Amérique latine, et qui seront en quelque sorte la contrepartie de l’édition française.
XII. — Fidèle à son programme de propagande générale, le Comité France-Amérique, comme par le passé, entend ne négliger aucune occasion de marquer publiquement, par des manifestations imposantes, la communauté de pensées et de sentiments qui unit la France et les nations américaines. Devant, ici, nous borner à des indications générales, nous prions nos lecteurs de bien vouloir se référer à notre bulletin L'Amérique, qui publie un compte rendu détaillé de toutes nos réunions et le texte
des discours qui y sont prononcés. Nous tenons cependant à mentionner tout au moins deux d’entre elles, dont le succès fut particulièrement éclatant et le retentissement considérable en France et dans le Nouveau Monde : le grand dîner offert, le 8 juillet 1919, aux membres de toutes les Délégations américaines à la Conférence de la Paix et auquel prirent la parole : au nom des Etats-Unis, le secrétaire d’Etat, Robert Lansing; au nom de l’Amérique latine, M. Juan- Antonio Buero, ministre des Affaires étrangères de l’Uruguay; au nom du Gouvernement français, M. Antonin Dubost, président du Sénat, et enfin le Président du Comité; — celui du 3 décembre 1919, organisé pour remettre aux deux généralissimes des armées alliées, les maréchaux Joffre et Foch, les dons offerts par d’éminents Argentins amis de la France : un sabre, réplique exacte de celui de San Martin, le libérateur argentin, et une réduction en argent massif de la statue équestre du héros, qui s’élève à Buenos-Aires.
De telles manifestations, par l’intérêt qu’elles suscitent et les sympathies qui s’y affirment, contribuent sans nul doute à d’utiles rapprochements, dont bénéficient, non seulement notre situation internationale et notre influence intellectuelle, mais jusqu’à notre commerce, assuré de trouver ainsi dans le Nouveau Monde un champ d’action particulièrement favorable.
XIII. — Parvenu à ce stade de son développement, le Comité a estimé que le moment était venu d’intéresser à son action les principaux centres de province et d’y constituer des Sections correspondantes. Ces Sections jouent dans leurs villes respectives, sous la forme qu’elles jugent le mieux adaptée aux contingences locales, un rôle analogue à celui du Comité central de Paris. Elles reçoivent les personnalités américaines qui leur sont présentées, les mettent en rapports avec les autorités et la société française et, d’une manière générale, leur fournissent tous renseignements utiles. Dans les centres universitaires, elles s’occupent spécialement des étudiants, en vue de faciliter leur logement et leurs relations avec des familles françaises.
Ici encore, le Comité agit progressivement dans la mesure où il peut compter, pour chaque Section, sur le concours de personnalités possédant toute l’autorité et l’activité désirables. Dès maintenant, la création de Sections est acquise : à Reims, sous la présidence du marquis de Polignac, président du Conseil d’administration de la Société d’études pour la reconstitution de la ville ; à Strasbourg, avec le concours du général Vignal, ancien attache militaire de France aux Etats-Unis; M. Laugel, président de la Ligue d’Alsace; M. Fernand Baldensperger, professeur à l’Université, etc.; à Lille, où fonctionne une Section des « Parrainages de la France dévastée » présidée par M. Jean Delemer, administrateur des Etablissements Agache Fils, et possédant des correspondants pour toute la région du Nord et du Pas-de-Calais. D’autres sont en préparation à Montpellier, Blois, Bourges, Grenoble, Rouen, Marseille. Nice, etc. Enfin, le Comité se propose de faire appel, pour l’organisation de ses Sections locales, aux éléments qui constituaient les groupes des « French Homes », à Lyon, Pau, Luchon, Toulouse, Dijon, Tours, Orléans, Annonay, Besançon, etc.