‹ Le commandant Rivière et l'expédition du TonkinChapitre 17 sur 22 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Cinq mois plus tard, le comte du Bouzet, neveu du commandant Rivière, reçut de Hanoï la nouvelle que le corps de son oncle avait été retrouvé et que les honneurs de la sépulture lui avaient été brillamment rendus. Voici les documents à l'appui de cette nouvelle :

Hanoï, 14 octobre 1883.

J'ai la triste satisfaction de vous annoncer que nous avons pu hier 13 octobre, à cinq heures du soir, rendre les derniers honneurs religieux et militaires aux restes de notre pauvre et cher commandant. Us reposent maintenant en terre sainte dans le cimetière de Hanoï, au milieu des braves enfants de la France que la guerre ou la maladie ont moissonnés en trop grand nombre parmi nous.

C'est en grande partie à M» r Puginier qu'est dû ce résultat. Ses chrétiens ont cherché dans tous les villages de cette région encore peu sûre, et eux seuls pouvaient obtenir des Annamites des rensei-

gnements qu'ils n'eussent jamais voulu nous donner à nous. Monseigneur a dirigé activement ces recherches, et cependant ce n'est qu'après de longues investigations que ses efforts ont été couronnés de succès.

La cérémonie d'hier, célébrée par M* r Puginier, a été fort imposante. Tous les honneurs militaires dus à la haute situation du commandant lui ont été rendus. Toutes les troupes de la Concession étaient sous les armes, tous les officiers de terre et de mer avaient tenu à venir, ainsi que le commissaire général, tous nos matelots se pressaient autour du cercueil de leur ancien chef et de celui de ses vaillants compagnons du 19 mai, porté derrière.

Sur la tombe, notre commandant de la flottille, M. Morel-Beaulieu, a prononcé un discours dont j'ai l'honneur de vous envoyer une copie. Sa voix ému trouvait un écho dans tous les cœurs, et puisse cette universelle douleur contribuer à atténuer la vôtre en la partageant.

Voici le discours de M. le commandant Morel- Beaulieu :

Monsieur le commissaire général, Monseigneur l'évêque, Messieurs, Pardonnez-moi de prolonger pendant quelques

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