‹ Le commandant Rivière et l'expédition du TonkinChapitre 18 sur 22 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

instants encore la douloureuse cérémonie à laquelle nous assistons, pour dire, au bord de ces tombes qui vont se refermer sur eux, un dernier adieu à nos infortunés compagnons d'armes, tombés au champ d'honneur le 19 mai 1883.

Adieu, vaillants officiers!

Adieu, intrépides et soldats marins !

Adieu à vous tous, braves enfants de notre chère France, qui êtes morts loin d'elle pour soutenir l'honneur de son drapeau en combattant contre la barbarie pour la cause de la civilisation.

Adieu, chers compagnons d'armes, et que vos noms gravés ici perpétuent dans les siècles le souvenir de votre courage et de votre dévouement.

Et vous, regretté commandant Rivière, dont le nom est en ce moment au fond de tous nos cœurs, permettez-moi de rendre un dernier hommage à votre bravoure, à votre bienveillance, à votre générosité, à la droiture et à la fermeté de votre caractère et recevez par ma voix le témoignage de l'universelle sympathie que vous avez laissée parmi nous.

Doué d'une intelligence d'élite, écrivain distingué, le commandant Henri Rivière avait, en Calédonie, pendant l'insurrection canaque, donné des preuves de sa valeur comme marin et comme chef militaire ; aussi le ministre n'avait-il pas hésité à lui confier, au Tonkin, un commandement difficile et périlleux entre tous.

Arrivé à Hanoï en avril 188£, avec quelques canonnières et une poignée de soldats d'infanterie de marine, il s'emparait au bout de quelques jours de la citadelle dont l'attitude hostile était une menace pour l'existence de la Concession française.

Les mandarins fomentèrent un soulèvement général contre nous, et celui de Nam-Dinh, hostile entre tous, tenta d'intercepter nos communications avec la mer, par l'établissement de barrages dans le fleuve.

Le commandant obtint du ministre l'envoi de quelques compagnies de renfort, et, au lendemain de leur arrivée, il châtiait le coupable et assurait l'avenir de notre occupation du Delta, par la prise de la citadelle de Nam-Dinh.

Ce fut pour la cause des mandarins une perte irréparable; pourtant ils ne désespérèrent pas, avec l'aide des Drapeaux-Noirs, d'écraser sous le nombre de leurs soldats les quelques centaines de Français qui occupaient leurs forteresses, et chaque jour vit se resserrer le cercle d'investissement qui se formait autour de Hanoï.

Le commandant Rivière n'attendait plus de nouveaux renforts de France. Il ne devait plus compter que sur les forces présentes au Tonkin et sur son énergie pour repousser un ennemi qui, plus audacieux de jour en jour, venait afficher des défis

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