CHAPITRE XXV
POG ET l'RËBE.
Avantde continuer ce récit, quelques éclaircissements sont nécessaires à Tendroil d'Érèbe et du seigneur Pog, l'homme silencieux et sarcastique.
En 1612 environ, vingt-ans avant l'époque dont nous nous occupons, un Français, jeune encore, arriva à TiiiK)li avec un seul serviteur.
Le capitaine du bâtiment sarde qui l'avait amené remarqua dans plusieurs occasions que sou passager était fort expert dans les choses de la navigation ; il conclut que son passager était un officier des vaisseaux ou des galères du roi : il iic so trom|;iil p;is.
por, FT mifiliK. 65
Le seigneur Pog- ( nous continuerons de lui donner ce nom emprunté ) était un excellent marin, ainsi qu'on le verra bientôt.
Lors de son arrivée à Tripoli, Pog, après avoir, selon la coutume de Barbarie, acheté la protection du bey Hassan^ loua une maison aux environs de la ville, non loin delà mer. Il y vécut pendant une année avec son valet dans une solitude profonde.
Quelques négociants français, établis à Tripoli , s'é[)uisèrent en vaincs conjectures sur le singulier goût de leiu* compatriote qui venait seulement, pensaient-ils, par caprice iïabitor une côte sauvage et déserte.
Les uns allribuèrenl cette bizarrerie à un ciiagrin violent, désespéré; d'autres virent, sinon de la folie, du moins de la monomanie dans cette étrange résolution.
(^<'s dernières snpposiiions ne manquaient pas de fondement.
.\ certaines époques de l'année, Pogcntiait, disait-on, dansde tels acès de désespoiret de rage, (pie les pâtres attardés entendirent quelquefois en passant, la nuit, devant sa maison solitaire, des cris fcnieux, Irriiéliques.