II
6C Lïï CO.MMANDEl'R DE MALTE.
Trois ou quatre années se passèrent ainsi.
Pour toute distraction, Pog faisait de longues promenades en mer sur un petit bâtiment très fin voilier qu'il manœuvrait lui-même avec une adresse rare ; deux jeunes esclaves maures lui servaient d'équipage.
Un jour, l'un des plus fameux et des plus féroces corsaires de Tripoli, nommé Kemal- Reis, faillit périr avec sa galère en échouant sur la côte à peu de distance de la maison de Pog.
Celui-ci revenait de Fune de ses promenades sur mer; reconnaissant la galère de Kemal- Reis, il fit voile vers elle, et lui donna les secours les plus efficaces.
Un des esclaves de Po^j rapporta plus tard qu'il lui avait entendu dire: — Les hommes seraient trop heureux si l'on détruisait les loups et les tigres.
Le sauvetage de Kemal-Reis, redouté par ses cruautés, fut une conséquence de la farouche misantropie do Pog. Au lieu de cédera un mouvement de générosité naturelle, il voulut conserver à l'humanité lun de ses plus terribles fléaux.