‹ Le commandeur de Malte (volume 2)Chapitre 28 sur 54 · LE CHI-B1:K · texte numérisé non relu

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Ire le bâtiment en panne, et anieuet' le long du bord la chaloupe qu'on traîne à la remorque.

— Le capitaine, ici, c'est vous, seigneur Éièbe; ordonnez sans conlrarier les ordres de Pog-Reis, et je serai le premier à hàler sur les cordages, ou à mettre au timon.

— Trêve de mots ; alors, fais armer celte chaloupe par quatre hommes.

— Mettre le chebek en panne? rien ne s'y oppose — dit Hadji. — Le guet se fait aussi bien en place qu'en mouvement, et de temps à autre la sentinelle s'arrête. Quant à armer la chaloupe, cela se fera quand je saurai (|uel est votre dessin.

Érèbe frappa du pied avec impatience.

— Mon dessin est de reconduire à terre ces deux jeunes filles.

— Rejeter sur cette côte sauvage la perle du golfe! — s'écria le bohémien — quand elle est en votre pouvoir ! quand vous êtes aimé ! quand...

— Tai.s-toi et obéis... cela nj'est personnel, je pense, et I*og-Reis ne me forcera pas à enlever une feujme, si je ne le veux pas !

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— Celenlèvement est aussi personml à Pog- Reis, seigneur Érèbe ;je ne puis ortlonnei- d'armor la chaloupe.

— Que (lis tu ? — s'écria le jeune homme, presque avec effroi

— Pog-Reis est un vieux routier... seigneur Erèbe... il sait que malgré son courage el sa force, le tigre peut tomber, aussi bien que le buffle stupide, dans le piège qu'un lâche trappeur a tendu sous ses pas... Éblis a secoué ses ailes sur laCiolat; les flammes pétillent, les canons tonnent, la mousqueterie éclate ; nos gens se gorgent de pillage et mettent les chrétiens à la chaîne... c'est bien... Mais que Pog- Reis... mais que Trynialcion-Ileis, dans une surprise, restent prisonniers des chiens de chrétiens ! que nos gens soient obligés de regagner leurs galères en abandonnant Pog et Trymalcion prisonniers, ceux-ci sont écartelés et brûlés comme renégats...

— Finiras-tu ? finiras-tu?...

— En gardant au contraire la perle de la Ciotat, Reine des Anbiez, connue otage jusqu'il la fin de l'entreprise, elle peut nous être d un grand secours, et nous valoir, par son

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échange, lu libeité de l*og-Reis, de Trimal- < ion-Reis. Il faut donc que cette jeune fille et sa compugiie restent ici jusqu'à ce que Pog- Reis ail décidé de leur sort.

Eièbe fut altéré.

Les menaces, !es sn|)|»lications ne purent ébranler de leur délerniination ni Hadji ni l'équipage.

Un moment Érèbe, dans son désespoir, fut sur le point de se [)récipiler à la mer, et de gngner la côle à la nage pour s'y faire tuer en conibattiMit les pirates; m;iis il songea que c'était laisser Reine sans défenseur. Il redescendit donc sombre et désespéré dans la cabine.

— \oici notre généreux sauveui' — s'écria Reine en se levant, et en allant au-devant de lui.

Èrèbe fit un signe de tête mélancolique, et dit :

— .le suis maintenant prisonnier comme vous.

El il raconta aux deux jeunes Hlles ce qui vcnail de se passer Mir le pont. Un moment calmée par une trompeuse assurance, la dou-

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leur (le Reine éel;»la aver une nouvelle violence, et, malgré le tardif repentir d'Érèbe, elle l'accusa, avec raison, d'être l'auteur des maux qui l'accablaient.

Tels étaient les faits qui s'étaient passés à bord du chebek, lorsque ce bâtiment (commandé par Hadji depuis qu'Érèbe avait rejoint Heine et Stéphanetlo) rallia les galères de Pog et de Trymalcion, qui s'éloignaient à force de rames de Iff Ciotat, après leur funeste expédition.

Le bohémien était à poupe du chebek, lorsque Pog-Reis, le hélant de sa galère, lui dit :

— Eh bien ! cette fille est-elle à boid?

— Oui, maître Pog... et, de plus, il y a une fauvette avec la colombe.

— Et Érèbe ?

— Maître Érèbe a voulu faire ce que maître Pog avait prévu... — dit le bohémien, en faisant un signe d'intelligence.

— Je m'y attendais... Veille sur lui... garde le commandement du chebek, navigue dans mes eaux, et imite mes manœuvres.

— Vous serez obéi, maître Pog... Mais,

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