CHAPITRE XXXÏÏI
Nous mettrons sous les yoiix du lecteur les lettres que lisait Pog avec une si douloureuse attention.
La première avait été écrite pai' lui-même, environ vingt ans avant l'époque dont nous parlons. On y verra un contiaste si frappant entre sa vie d'alors , vie heureuse , calme , riante, vie si complètement opposée à sa vie de pirate et de meurtrier, que peut-être aura-t-on quelque pitié pour ce malheureux en compal'ant ce qu'il avait été et ce qu'il était.
Peut-être mên)e le plaindra-t-on en voyant de quelle élévation il était tombé.
Ces lettres dévoileront aussi quel lien mystérieux unissait le commandeur des Anbiez , Érèbe et Pog auquel nous restituerons son véritable nom , celui du comte Jacques de Montreuil , ancien lieutenant des galères du roi.
M. de Montreuil (Pog) avait écrit la lettre suivante à sa femme au retour d'une campagne de huit ou neuf mois dans laMéditei'ranée.
(.(aie lettre était datée du lazaret de Marseille.
La galère de M. de Montreuil ayant touché à Tripoli de Syi-ieoù la peste s'était déclarée devait, suivant l'usage, subir une longue quarantaine.
Madame Emilie de Montreuil liabityit, près de Lyon, une maison de campagne située sur les bords du Rhône.