‹ Le commandeur de MalteChapitre 34 sur 50 · LES LETTRES · texte numérisé non relu

LES LETTRES

Nous mettrons sous les yeux du lecteur les lettres que lisait Pog avec une si douloureuse attention.

La première avait été écrite par lui-même, environ vingt ans avant l'époque dont nous parlons. On y verra un contraste si frappant entre sa vie d'alors, vie heureuse, calme, riante, vie si complètement opposée à sa vie de pirate et de meurtrier, que peut-être aura-t-on quelque pitié pour ce malheureux, en comparant ce qu'il avait été et ce qu'il était.

Peut-être même le plaindra-t-on en voyant de quelle élévation il était tombé.

Ces lettres dévoileront aussi quel lien mystérieux unissait le commandeur des Anbiez, Érèbe et Pog, auquel nous restituerons son véritable nom, celui du comte Jacques de Montreuil, ancien lieutenant des galères du roi.

M. de Montreuil (Pog) avait écrit la lettre suivante à sa femme au retour d'une campagne de huit ou neuf mois dans la Méditerranée.

Cette lettre était datée du lazaret de Marseille.

La galère de M. de Montreuil ayant touché à Tripoli de Syrie, où la peste s'était déclarée, devait, suivant Fusage, subir une longue quarantaine.

Madame Emilie de Montreuil habitait, près de Lyon, une maison de campagne située sur les bords du Rhône.

Page 1