‹ Le commerce au dix-neuvième siècleChapitre 18 sur 87 · Les exportations de la Grande-Bretagneavaient.cn · texte numérisé non relu

Les exportations de la Grande-Bretagneavaient.cn

RECHERCHES ST .CT ISTIQl’ES

,822 une valeur sept fols plus grande qu’au commencement du ,8.* siècle; elles étaient triples de celles de 1787 et doubles de celles de ,792; elles excéda, ent d’un tiers celles de ,8o5 ; mais elles étaient inférieures de cette valeur à celles de ,8.4 et ,8,5 . et même elles étaient moindres d’un cinquième que les exportations e ,818.

5.. Mais quelqu’ élevée que soit la valeur des exportations , si celle des importations l’égalait ou lui était supérieure , le commerce serait sans avantage pour 1 Etat , ou serait même ruineux pour la fortune publique ; conséquemment, pour apprécier les ressources qu’un pays tire de ses transactions commerciales , il importe de conna le la balance qu’offre la valeur des objets qu’il achète et qu > vend; et c’est dans ce but que nous avons indiqué dans la troisième colonne de notre tableau , la différence de valeur des exportations et des importations de la Grande-Bretaçme. Il en résulte ce qui suit :

6.° Dans une période de 1 20 ans , d n est amv qu seule fois au commerce anglais , en 1787 et 17 , e

vendre pour une valeur moindre que celle de ses achats. Cet évènement eut lieu lorsqu’il eut perdu les march s e

' '^7 cette exception près , il n’a cessé d’obtenir de ses transactions des bénéfices qui ont varié selon 1 influence des évènemens , mais dont la somme n a pas cessé

CTt„oo , ces bénéfices montaient à moins de 48 millions de francs, année moyenne; ils doublèrent dans les quarante années suivantes; ils diminuèrent de moitié par

l’effet de la guerre d’Amérique; l’héritage du commerce français les fit monter vers la fin du dernier siècle , à 168 millions ; la paix de 1802 les éleva à 240; la prolongation d’une lutte acharnée les fit retomber à 1 20 ou à i5o. Du., rant le blocus continental ils furent réduits , malgré les licences, à 96 millions. Une nouvelle ère, signalée par la plus haute prospérité, s’ouvrit en 181 4 pour la Grande- Bretagne.

9.0 Pendant les deux premières années de cette période , elle vendit moitié plus qu’elle n’acheta , et ses bénéfices furent sur l’une , de 720 millions de francs , et sur 1 autre de 792. C’est le plus haut terme de prospérité commerciale dont l’histoire du monde offre l’exemple. Ses gains furent alors de seize à dix-sept fois leur valeur au commencement du siècle passé; ils offrirent, avec la balance de 1787 , une différence de 81 5 millions.

io.° De 1818 à 1822, cette prospérité prodigieuse a éprouvé une diminution de moitié; l’excédant de la valeur des exportations sur celle des importations , suppose que la Grande-Bretagne obtient un bénéfice annuel en numéraire ou en crédit, de 384 millions de francs; c’est-àdire , dépassant huit fois celui qu’elle obtenait , il y a cent ans , *de ses transactions commerciales , seize fois plus grand que celui de 1793 , égal à celui de 1809 , moindre de moitié qu’en 181 5 , et inférieur du quatrième ou du cinquième , à ceux de 1816 et 1817.

il.0 Malgré son abaissement, cette valeur est deux à trois fois plus grande que le terme le plus élevé des bénéfices du commerce anglais, pendant le cours entier du dernier siècle.

i2.° Et enfin , de 1814 à 1822 , dans l’espace de neuf ans, la balance du commerce de la Grande-Bretagne a été en sa faveur de l’énorme somme de quatre milliards et demi de francs , ce qui permet d’admettre , par un terme moyen , que les transactions commerciales de cette puissance l’enrichissent annuellement de 5oo millions.

11 est intéressant et utile de comparer , sous ces rapports , la France et l’Angleterre; mais par une fatalité que peut vaincre difficilement le travail le plus opiniâtre , les documens officiels qui devraient servir de base à ce parallèle , sont épars , inexacts , incomplets , ou même manquent entièrement. Une histoire de notre commerce , de ses progrès , de ses désastres , de ses efforts , est encore à faire ; et pour réussir à la composer , d’après des données authentiques , il ne faudrait pas moins que toute la bienveillance des autorités et la protection du Gouvernement. Pour suppléer à cet ouvrage il nous a fallu des recherches étendues et pénibles , et nous sommes loin de nous flatter d’avoir atteint , dans la table suivante, qui montre le tableau des exportations de la France , pendant le siècle passé , le degré d’exactitude rigoureuse que nous aurions désiré. Toutefois cette esquisse est enoore la seule qu’on ait essayé de tracer sur cet important sujet; car, par une erreur singulière, Arthur Young a pris dans la balance du commerce , l’état de nos seules transactions en Europe, pour l’ensemble de notre commerce extérieur; et ce sont des copies textuelles de ce travail fautif, qui , jusqu’à présent , ont servi dans une foule de compilations à faire connaître les progrès de nos exportations pendant

io5

le i8.° siècle, et leur balance avec la valeur de nos importations.

Page 1