En denrées coloniales , pour
3°. En comestibles et boissons , pour ^9
4°. En articles divers , pour» ^
Total de la consommation des produits étrang1 . 241
Ces données résultent du terme moyen des deux années 1821 et 1822, mais elles n’offrent qu’un minimum , si l’on s’en réfère à la dernière pendant laquelle l’importation s’est élevée à plus de ^ millions de francs ; laissant un déficit de 56 dans sa balance avec l’exportation.
Millions de franc.
>. De denrées coloniales , pour.
Total de l’importation.
Il est réexporté :
Millions de francs»
SUR LE CO M M E R C E
4.° État comparatif de la prospérité actuelle du corn mercc d’importation et d’ Entrepôt des principales puis-
En récapitulant les données numériques déduites dam les trms sections précédentes, et tirées des document
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Consommation totale. . . .5oo,3,7loco. ..TsSl^oo,. .
De ce raste assemblage de faits statistiques , la plupart inédits , et dont les conséquences importent à la prospérité commerciale de la France, ressortent, en définitive les résultats suivans :
L’importation de la Grande-Bretagne étant de 754 millions, et la notre de 438, la différence est de 3i6 millions ou de beaucoup au-delà du tiers do la première. Celle deé Etats -Unis est momdre de 55 millions ou davantage que importation française; c’est environ le 8.* de celle-ci.
to(3 recherches statistiques
Cette masse de richesse est diminuée par la réexportation qui forme le commerce d’entrepôt. Cette branche est, pour l’Angleterre, de 253 millions ; elle est seulement, pour la France, de 5 2 ou cinq fois moins; les États-Unis en obtiennent près de trois fois autant que nous par leurs expéditions hasardeuses et lointaines.
L’importation réduite par la réexportation s’élève en- ' coreà un demi-milliard dans les Iles Britanniques; elle excède la nôtre , également atténuée par le commerce d’entrepôt , d’une valeur de 1 14 millions , et nous sommes loin d’en égaler les trois cinquièmes. Il y a une différence de 141 millions entre nous et les États-Unis, dans la valeur des produits exotiques gardés pour la consommation; et leurs besoins à cet égard sont moins grands d’un tiers » ou davantage.
Ces termes généraux étant posés , examinons la composition de chacune de ces masses : Les produits coloniaux versés dans l’intérieur des Iles Britanniques , sont évalués à près de 148 millions de francs , non compris les thés de la Chine et les cotons des deux Indes ; le sucre et le café absorbent seuls 1 1 2 millions. Cette somme est réduite de 58 millions par l’exportation des sucres raffinés; mais elle est élevée à 204 millions, si l’on y ajoute la valeur exorbitante du thé. Si , de l’importation des denrées coloniales en France , on soustrait 5 1 millions pour la valeur des cotons qui appartiennent aux matières nécessaires à 1 industrie, notre consommation n’absorbe guères que pour 5o millions des productions tropicales. Ce n’est que le tiers de ce que dépense pour cet objet la population des Iles Britanniques; et à peu près autant que celle des Etats-
Unis, qui est moindre que la nôtre des deux tiers. Mais, pour nous cette dépense reste entière , tandis que la Grande- Bretagne, réexportant moitié plus de denrées coloniales quelle n’en consomme ou même 4 septièmes, retrouve dans ses bénéfices la valeur de ce qu’elle garde pour ses propres besoins. Il en est ainsi des États-Unis , qui revendent presque les deux tiers de leur importation de produits coloniaux , et n’en consomment que pour une cinquantaine de millions tirés de l’étranger. Les parties méridionales de leur territoire ajoutent, par la production des mêmes denrées , à la consommation individuelle et à celle des fabriques. Outre le désavantage de ne point réexporter de produits coloniaux en nature , nous éprouvons encore celui de ne vendre qu’une petite quantité de ceux que perfectionnent nos fabriques. L’exportation des sucres raffinés diminue seulement de deux millions nos achats de denrées tropicales.
Les produits étrangers autres que ces denrées , sont ou naturels ou manufacturés; ils entrent immédiatement dans la consommation ou alimentent les fabriques; cette dernière destination est la seule qui les rende avantageux quand ils sont versés dans l’intérieur; mais ces distinctions qui , dans ce cas, sont importantes, s’effacent quand ces produits sont uniquement entreposés. Les États-Unis agrandissent considérablement cette dernière classe d’importation; ils reçoivent pour 246 millions de marchandises étrangères; ils en revendent pour 53 , et paient par les profits qu’ils en tirent , une partie des 190 millions qu’exigent leurs besoins individuels et leurs manufactures. En Angleterre, sur 4 1 2 millions de produits étrangers importés , il ne
s’opère qu’une réexportation de 60 millions , ou un 7.®. 11 en reste pour 553 qui fournissent à la consommation personnelle et manufacturière. En France, pour ce double objet, nous dépensons 285 millions,* savoir: 241 pour les matières destinées aux fabriques , et 44 en marchandises manufacturées. La différence est , avec l’Angleterre de 67 millions, et comparativement à ce pays , la France dans son état actuel ne consomme annuellement que pour 9 fr. 5o cent, de produits étrangers , pour les besoins de chacun de ses habitans, tandis que cette dépense monte à 16 fr. pour chaque individu de la population britannique.
Il semblerait que cette dernière somme devrait être encore plus disproportionnée à la première , quand on considère que la valeur des matières étrangères mises en œuvre dans les‘ fabriques immenses de4 1’ Angleterre s’y trouve nécesr sairement comprise.
Les matériaux employés par l’industrie française étaient estimés, en 1816 , par M. le comte Chaptal , à 4Jh millions; on peut les porter maintenant à ^5o; nous en tirons pour 241 de l’étranger ; ceux qui sont indigènes en valent 209 , ou moins de moitié. Une détermination moins certaine , parce qu’elle est obtenue indirectement , fait monter à 7 1 3 millions la valeur des matériaux employés par les manufactures anglaises. Si la moitié, comme en France, étaient exotiques et valaient 556 millions , cette somme égalant à très-peu près celle des objets importés restans dans le Royaume-uni , il s’ensuivrait qu’aucun objet étranger ne serait consommé par la population , et que 1 importation fournirait exclusivement des matières premières $ux fabriques. L’habileté de l’administration anglaise nè
SUR LE COMMERCE. iq9
lious laisse point douter que les combinaisons du tarif des douanes n’aient en effet cet objet; mais , sans doute, il est loin d’être atteint; et par exemple, la consommation inévitable des vins étrangers met la Grande-Bretagne dans la dépendance d’une importation qui , quelque réduite quelle soit par 1 énormité des droits , monte encore avec les eauxde-vie, à 20 millions par an. Il faut donc en conclure que dans les 713 millions de matériaux qu’emploient les manufactures anglaises, il n’y en a pas la moitié d’exotiques., et que très-vraisemblablement, sur 352 millions d’objets, importés , les six septièmes sont destinés aux fabriques et une cinquantaine de millions forme , comme en France , la part des articles étrangers admis directement et sans transformation dans la consommation intérieure. C’est, principalement sur ce genre de marchandises que s’exerce le commerce interlope.
De 1 ensemble de ces faits sortent les principes qui doivent servir de bases à la prospérité commerciale de la B rance ; on peut en tirer les résultats suivans : La valeur des objets importés doit être essentiellement inférieure à celle des objets exportés; la différence qui constitue une balance avantageuse ou défavorable est le signe manifeste de la situation prospère du commerce ou de son déclin.
L exportation de la Grande-Bretagne surpasse son imporr talion de 385 millions; la valeur de nos transactions extérieures 1 emporte de 83 millions quand on compare maintenant nos ventes à nos achats, tandis qu’en 1788, nous étions , année moyenne , en perte de 1 70 millions.
On obtient une balance favorable , au moyen , surtout, d’une heureuse composition des masses qui forment lun-
portation. Deux de ces masses doivent être agrandies et deux autres diminuées autant que possible. C’est aux deux premières que l’exportation doit ses principaux élémens : l’une est l’importation étrangère , dans les entrepôts ; elle ne s’élève en France qu’à 5 2 millions , ou du 7.® au 8. e de la valeur des objets importés ; en Angleterre , elle est de 255 millions ou du tiers de l’importation totale. L’accroissement du commerce d’entrepôt est donc l’un des premiers de nos besoins; les moyens de diminuer à cet égard notre infériorité seront indiqués ailleurs. L’autre branche dont l’agrandissement est essentiel à la prospérité publique, est l’importation des matières nécessaires à l’industrie. Au lieu de 2 septièmes qui suffisaient il y a 5o ans , aux besoins de nos fabriques , nous destinons aujourd’hui près des deux tiers dé toute notre importation , à cet objet éminemment utile. Cette proportion ne laisse rien à désirer, mais il faudrait que, par l’abaissement du prix des objets exotiques , nous en obtinssions comme nos voisins d’outre -mer , une plus grande quantité pour la même somme.
Cette observation s’applique également aux objets de consommation qui, pour nous, se bornent aux denrées coloniales. Nous en achetons annuellement pour environ 100 millions réduits à 48, si l’on en déduit la valeur des cotons bruts , envoyés aux manufactures et la réexportation des sucres après leur raffinage. La Grande-Bretagne dépense plus de 4 fois autant que nous en produits coloniaux , y compris les thés de la Chine. Une suite d intérêts puissans exigent que les bornes de cette consommation soient reculés en France , et qu’on élargisse considérablement les débouchés de nos sucres raffinés.
La dernière branche de notre importation est celle des produits manufacturés étrangers; elle est restreinte à 44 millions ou moitié moins qu’il y a 3o ans , et à peu près autant que la Grande-Bretagne. La contrebande ajoute sans doute considérablement à cette somme ; mais elle agissait pareillement en 1788, quand nous recevions pour près de 86 millions de ces produits. En somme , les progrès de notre agriculture et de notre industrie depuis cette époque , nous ont affranchi d’un tribut à l’étranger de 262 millions , pour des objets exotiques de consommation, tels que blé, bestiaux , laines et soies écrues , et pour 42 millions d’objets manufacturés , principalement de tissus de coton. Il est vrai que cette diminution d’une importation onéreuse trouve quelque compensation dans celle de 90 à 93 millions de denrées coloniales , qui nous étaient alors fournies par nos établissemens d’Amérique , au-delà de notre consommation , ce qui nous donnait une exportation égale dont nous sommes maintenant privés; mais en considérant qu’à cette époque la balance avec nos colonies nous était excessivement défavorable , à cause de l’intèrlope , on acquiert la preuve que cet avantage était moins réel qu’apparent; et môme en l’évaluant , d’après son terme officiel, on trouve que 92 millions d’exportations coloniales étant soustraits des 2 94 que nous font gagner les heureux efforts de notre agriculture et de notre industrie , il demeure encore à la France dans sa situation actuelle , comparée à son commerce d’importation , il y a trente ans , un bénéfice de 200 millions de francs au moins.
Et , en effet , d’autres opérations nous ont fait connaître que non-seulement nous ne sommes plus maintenant comme
alors, ën perle de 170 millions par la différence des exportations et des importations , mais encore que les premières gagnent 33 millions sur les secondes , dans leur atténuation récente. L’addition de ces deux sommes nous donne le même produit indiqué par des calculs différens comme exprimant la supériorité de l’état actuel de notre commerce. Une amélioration aussi grande , dans des temps voisins des temps les plus malheureux , est un présage de ce qu’on doit attendre d’une période de paix, qui permet au commerce d’accroître chaque jour avec la richesse publique , les élémens de la prospérité de notre belle patrie.