Une population considérable et soumise , comme
SUR LE COMMERCE, les déportés et les esclaves , à des règles sévères , ne peut sans les plus grands iuconvéniens , recevoir au milieu d elle, un établissement dont l'existence est attachée à la plus grande liberté de transactions et à des communicalions , sans restriction quelconque.
3." Il est impossible de rassembler dans le même lieu sans qu ils exercent ,Tun contre l’autre , une action nuisible , le commerce étranger , qui n’est admis , dans les colonies agricoles, qu’avec des restrictions , et le commerce national qui doit jouir .d’avantages exclusifs.
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dentales par la facilité de nourrir les nègres avec de ,a orue, de peche étrangère , l’habitude d’un régime que condamnent également l’hygiène et la politique -En d tournant no^e industrie de l’art de saler Jviandes , £
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interlipe , qui use triplement dcs^Ivantagesëjuhl'^btient
d’une loi imprudente, puisqu’il s’en prévaut : i.° pour détourner les denrées que la métropole s’est réservées ; 2.° pour introduire dans la consommation les produits de l’industrie étrangère et les substituer aux nôtres ; 3.° pour faire passer les denrées de ses colonies avec celles de nos étabiissemens , et les introduire dans nos ports en profitant des franchises accordées à ces dernières.
En effet , il est prouvé par des recherches consignées ailleurs, qu’en 1787, l’interlope égalait à la Martinique les 4 cinquièmes de l’importation française, et qu’à la Guadeloupe , sa valeur était plus, grande encore. Il y a quelques années, il s’élevait à 7,700,000 fr. dans la première de ces îles et à près de 9 millions dans la seconde. Il s’en fallait dans l’une de moitié, et dans l’autre des trois quarts que les articles achetés au commerce étranger pussent être soldés avec la valeur de ce qu’on lui vendait légalement. La différence, qui monte pour 10 ans à 164 millions , indique quelle quantité de denrées coloniales ont été détournées de leur destination ; ce qui a forcé la métropole à en acheter une masse égale de l’étranger et l’a dépossédée d’un commerce d’exportation d’une pareille valeur.
L’isolement des colonies d’entrepôt est donc nécessaire pour prévenir ces graves inconvénient cependant ce principe peut être modifié quand le produit que donnerait une colonie agricole soumise au régime exclusif, ne peut balancer celui qu’on do* en obtenir en y créant un entrepôt. C’est cette considération qui a déterminé la Grande-Bretagne à ouvrir les ports de la Dominique et des Bermudes , persuadée que le faible sacrifice <b leurs
productions qu’on porte à l’étranger directement , est Lien plus que compensépar les débouchés que reçoit l’interlope , au moyen des communications de l’une avec les Antilles françaises et des autres avec les États-Unis. Les personnes qm jugent sur les apparences, prennent ces sortes d’affranchissement pour des concessions libérales faites au commerce du monde afin de briser ses entraves
U ne faut pas confondre la création de ces entrepôts, avec celle qui sert à délivrer les métropoles du soin onéreux de soutenir des colonies agricoles, languissantes et improductives. L’affranchissêment de ces établissemens est alors bien moins une concession qu’un abandon véritable; on les dispense du régime exclusif, afin qu’ils n’aient pas plus à réclamer de la mère-patrie , qu’ils ne lui rapportent. Cette mesure peut être l’œuvre de la nécessité ; mais ,1 ne faut en attendre aucun bien , ni pour la colonie, m pour la métropole. La Guyanne en est un exemple, ’et es Antilles en fourniraient bientôt un autre , si , comme 1 ont imaginé quelquespersonnes sans en calculer les effets funestes, la France les dispensait de lui être utiles.
L’influence qu’obtiennent, de leur situation géographique, les entrepôts des grandes puissances commerciales, leur tient lieu de tout, même de territoire et de population; il leur suffit d’un rocher, pourvu qu’au pied soit un port, et dans ses abris des magasins, d où les marchandises puissent s’écouler vers les contrées circonvoisines.
L’Angleterre a parfaitement sSsi le système des avantages que donnent les entrepôts; il y a une adresse admirable dans le choix des siens ; leur situation a certaine-
ment été le sujet d’études analogues à celles qu’exige pour remporter une victoire, la connaissance des ressources du terrain; et pour s’emparer d’un aussi grand nombre de positions favorables , il a fallu une persévérance de projets, un concours d’entreprises commerciales, de vues politiques et de succès militaires dont le récit formerait l’un des chapitres les plus intéressans de l’histoire de nos jours. Qu’il nous suffise d’en signaler les effets et de montrer toutes les mers , tous les continens bloqués par les entrepôts de la Grande-Bretagne. Les îles d’Ormus et
de Reschmis lui soumettent le golfe Persique ; Socotora,
la Mer Rouge; Penang , le détroit de Malacca ; le cap de Bonne-Espérance lui donne la clef de l’Océan indien; Annabon et Ferdinand Po vont lui assurer le golfe de Guinée ; les îles de Melville et de Bathurst , sur la côte nord de l’Australasie , lui ouvriront la Chine et peut-être le Japon ; Malte lui a livré le commerce du Levant , Gibraltar est l’Emporium de son interlope en Espagne : Héhgoland lui ouvre, en Allemagne , de vastes débouchés; et dans la Manche , les contrebandiers audacieux qui habitent les rochers de Jersey et de Guernesey, guettent sans cesse l’occasion de débarquer ses produits sur nos côtes. Il a fallu, lors du traité de Paris qui a distribué si diversement tant de possessions , qu’il y ait eu de bien grands obstacles pour s’opposer à ce que quelques îles de la Baltique ne soient échues à la Grande-Bretagne ; certainement les Iles Ioniennes ne peuvent en être une compensation.
En 1821 , le commerce de l’Angleterre avec quelquesuns de ces entrepôts était ainsi qu’il suit :
Gibraltar. . . . « .
Malte
îles Ioniennes . . .
st. 1,765,000
Cap-de-Bonne Espérance . . . 78,500. . . , 256, 000
Iles angl. de Jersey, Guernesey 1 37,500. . . . 3o6,ooo
Ainsi , dans ce petit nombre d'entrepôts , les seuls que nous connaissions , l’Angleterre trouve un débouché ostensible pourprés de 72 millions de francs de ses produits; elle n’y achète que pour 8 millions et demi d’objets qui , pour la plupart, sont encore des matières premières nécessaires à ses fabriques; elle y gagne une balance de 63 millions de francs , et plus des 9 dixièmes de ce qu’elle y vend, lui sont payés en crédits ou en numéraire. On peut juger par ce résultat , des immenses avantages que la Grande- Bretagne obtient de ses entrepôts; pour en être convaincu, il faut seulement remarquer que , depuis plusieurs années, les États-Unis multiplient leurs efforts pour se procurer un établissement de ce genre dans la Méditerranée, et qu’ils ne sont point rebutés par d’infructueuses tentatives. On peut se confier à la sagacité de leurs hommes d’état pour suivre , avec habileté , l’exemple de l’Angleterre , et pour discerner ce qui convient aux intérêts du commerce.
La nécessité d’étendre.. nos exportations exige un ensemble de mesures analogues et la création d’entrepôts , sur divers points du littoral des deux hémisphères. Les moyens d’exécuter ces entreprises sont au pouvoir de la France, et nous les indiquerons d’après les données que
Total., . 345,4o2. » , . 2,869,000
■ [il
nous venons de déduire, lorsque, dans ces recherches, nous examinerons les mesures qui peuvent contribuer à l’agrandissement de notre commerce et à sa prospérité.
colonies agricol:
Les colonies agricoles sont de grands étahlissemens formés , dans des contrées lointaines , pour soutenir et accroître la prospérité de leur métropole.
Elles atteignent cet objet :
i.° En ouvrant par leur consommation un débouché considérable et certain aux produits agricoles et industriels de leur mère-patrie ;
2.0 En fournissant, par leur culture, à ce que demandent sa consommation et son commerce d’exportation;
5.° En donnant à la population exubérante , des moyens de travail et d’industrie dans des contrées éloignées , où elle est utile h la métropole par l’extension qu’elle donne Ù son commerce , au lieu de lui être à charge par son oisiveté , ou dangereuse par sa turbulence.
Les conditions nécessaires pour arriver à ce triple but.
sont :
Une situation avantageuse; — Un territoire étendu; — Un air salubre; — Un sol fertile; — Une population considérable; — Une culture productive; — ■ Une industrie perfectionnée; — Un commerce lucratif; — Une administration simple et peu dispendieuse ; — Un système de dé-
SUR L£ COM ME R CE. Si2<)
i.° Situation,
Les avantages de la situation dépendent de la proximité , du gissement et du voisinage.
La proximité d’une colonie rend ses communications avec sa métropole plus rapides et plus faciles ; elle permet une prompte connaissance de ses besoins , le pouvoir de les satisfaire sans délai , une surveillance plus grande de son administration , un moindre fret des produits coloniaux, ce qui, en diminuant leur prix, assure leur vente et accroît leur consommation. Les Canaries et les Iles du cap Vert, seraient au premier rang des colonies européennes, si leurs possesseurs avaient su tirer parti de leur heureuse situation. C’est la proximité des Antilles qui leur donne le pouvoir de lutter contre la prépondérance naturelle du Bengale , et c’est , au contraire , l’éloignement des Philippines qui les prive de l’importance qu’elles devraient avoir, par l’effet des avantages qu’elles réunissent. La même cause a empêché , depuis un demisiècle , qu on n ait colonisé aucune des îles nombreuses du grand Océan.
Le gissement n’est pas un élément moins essentiel de la prospérité coloniale; car il détermine la nature des productions qu on peut obtenir du sol. Si les établissemens ne sont situés dans les régions tropicales , la terre ne donne à leurs habitons, que ce que la métropole tire de son propre territoire , et tout commerce d’échange étant impossible entr eux , les liens qui les unissent tendent bientôt à se rompre , comme il est- advenu de la Nouvelle Angleterre. Pourtant cette chance n’a lieu que lorsqu’une population considérable acquiert des moyens d’indépert-
23o recherches statistiques
dance ; beaucoup plus souvent les établissemens languissent faute de commerce , et comme l’Acadie et le Canada , demeurent dans l’impuissance défaire aucun progrès.
Le voisinage est favorable quand il permet à plusieurs colonies de la même puissance de s’entr’aider et de se secourir mutuellement , et quand les mêmes relations commerciales enchaînent un ensemble d’établissemens différens. Telles sont les Antilles , dont le vaste Archipel présente aux navires des échelles commodes et multipliées , qui accroissent les chances commerciales ; mais le voisinage est désavantageux quand l’étranger ou l’ennemi peut profiter de la proximité de ses colonies pour assurer le succès de l’interlope pendant la paix, et celui des blocus et des hostilités pendant la guerre. L’Angleterre s’est emparée de ces avantages dans toutes les mers. La Trinidad les lui donne sur Colombie , Sainte-Lucie et la Dominique sur les Antilles françaises , les Bermudes et les Lucayes sur les États-Unis, Le gissement est , s’il se peut , encore plus funeste quand l’isolement d’un établissement au milieu de ceux d’une puissance rivale ne laisse aucune ressource à sa défense et menace sans cesse son commerce et son existence.