‹ Le commerce au dix-neuvième siècleChapitre 44 sur 87 · Territoire · texte numérisé non relu

Territoire

Une colonie d’entrepôt peut attirer sur un rocher stérile de grandes richesses , mais il faut à une colonie agricole un territoire assez étendu pour permettre à ses cultures de s’accroître progressivement et à ses troupeaux de se multiplier, afin de fournir en partie à sa subsistance pendant la paix , et d’y pourvoir entièrement pen-

dant la guerre. Cependant , il s’en faut de beaucoup que la nécessité d’une vaste surface soit telle qu’on l’imagine communément. C’est le souvenir de St.-Domingue qui fait croire qu’il ne peut y avoir de prospérité coloniale qu’avec un territoire comme le sien de 1800 lieues carrées; mais cette idée est sans fondement, et des calculs dont nous allons tout à l’heure déduire les bases , établissent que tout ce que la France consomme annuellement de denrées coloniales, moins le coton, n exige qu une surface de 20 lieues carrées , qui, lorsqu’on y comprend les cultures alimentaires de la population rurale et les pâturages destinés aux bestiaux , n’excède pas une étendue de 35 lieues.

Page 1