‹ Le commerce au dix-neuvième siècleChapitre 55 sur 87 · francs · texte numérisé non relu

francs

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Il est sorti également du port de Ma'tanza î ,5oo,ooo livres de sucre et 5,ooo liv. de café, valant

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Cependant , par une évaluation qui semble prodigieusement exagérée , on porte l’exportation annuelle de Cuba à 20 millions de piastres ou 100 millions de francs, repartis de la manière suivante : les États-Unis , 8 millions de piastres; l’Angleterre 5 millions; l’Espagne 3 millions, la France 2 millions; les Pays-Bas , la Suède, etc. 2 millions; ce qui ferait une valeur décuple de celle que comporte la quantité de denrées déclarée. II faut avouer pourtant en faveur de cet établissement , qu’en effet les documens officiels des États-Unis reconnaissent qu’en 1822 , le commerce américain a exporté de Cuba pour 58, 400,000 francs de denrées coloniales, et qu’il y a vendu

26o recherches statistiques

pour 22 millions et demi d’approvisionnemens. Quoi qu’il en soit du montant réel des transactions qui ont lieu à Cuba , il paraît que la métropole n’y participe que pour un peu plus du sixième ; et dans l’hypothèse la plus favorable, elle n’en tire qu’une exportation de 16 millions de francs, dont le retour est borné à moitié par la concurrence supérieure de la Grande-Bretagne et des États-Unis.

Porto-Rico ne produit que le quart des récoltes de Cuba ; et nous sommes certainement fort au-delà de la vérité , en allouant , pour la valeur des denrées des deux îles , importées en Espagne , une somme de 20 million» , à la moitié de laquelle s’élève peut-être ce que la métropole peut donner en échange de produits naturels ou manufacturés. Si l’on joint à ce faible commerce celui que font les Canaries, dont les vignobles affermés , comme ceux de Madère par des spéculateurs anglais, ne donnent de profits qu’à l’étranger, on aura le triste apperçu des vestiges d’une puissance coloniale, qui , en 1784, exportait pour ioq millions de marchandises dans ses possessions d Amérique , et qui en recevait annuellement 84 millions en denrées et 23ü en numéraire; ce qui formait une importation de 3i6 millions et un commerce colonial de 4a5. Ainsi se trouve réduit à la dix-septième partie de son ancienne valeur , l’héritage que le génie de Colomb , l’intrépidité de Cortès, et l’habileté, le courage et la persévérance des guerriers et des navigateurs castillans, avaient acquis et légué aux successeurs de Ferdinand et d’Isabelle.

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