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Totaux i,i4c,45o,ooo 46i,o5o,ooo 4o3,99j,ooo
Ces tableaux » dont les élémens sont tirés des documens ofUcIeb» ou des informations les plus authentiques^ établissent les termes d'une comparaison curieuse entre les trois grandes puissances cbmmerciales du monde civilisé.
D'après les bases qu'ils fournissent , le commerce intérieur delà France , formé de la consommation de la population et de celle des manufactures, est inférieur à celui de la Grande-Bretagne du quart «de ce dernier, ou environ deux milliards. Il équivaut à deux fois et 4cmie celui des États-Unis.
Goipparé à la population de chacun de ces empires , il est à raison de Sgo fr. par individu , dans les Iles Britanniques , de 249 fr* f aux États-Ci^s » et de 216 fr. en France. ^
Le commerce extérieur , qui se compose de l'importation et de l'exportation , présente les. rapports comparatifs ci-après :
Le nôtre est inférieur à celui de l'Angleterre, d'un milliard, ou davantage, et il s'en faut de 100 millions, qu'il n'en atteigne la moitié. — Il est supérieur à celui des États-Unis de 60 millions, c'est-à-dire du i3.* de la masse de ce dernier.
Comparé à la population , le commerce extérieur est pour chaque individu , à raison de 86 fr. dans lés Iles- Britanniques , de 28 à 5o fr. en France, et d'environ 78 aux États-Unis. '
122 REGHERCEES ST A T IS'l I QU ES
La masse totale des transactions du commerce français, tant intérieur qu'extérieur , est inférieure à celle du commerce de l'Angleterre , du tiers de la valeur de ce dernier. Elle excède de beaucoup plus de moitié celui des États- Unîs,
L'exportation, qu'on peut regarder comme offrant dans sa valeur, le terme liormal de la prospérité commerciale de chaque état , présente les résultats comparatifs que nous allons énoncer brièvement.
Nos produits naturels exportés valent moitié plus que ceux des Iles-Britanniques ; ils sont seulement dans le - rapport de 5 k 5 ^ avec ceux des États-Unis , qui sont singulièrement augmentés par l'immense produit des forêts , des pêcheries et surtout des cultures coloniales , pro^ près aux états méridionaux- de l'Union.
Nos produits industriels exportés ne valent pas , à 5omillions près , le tiers de ceux de l'Angleterre. Ils égalent 20 fois ceux des États-Unis. *
Notre plus grande infériorité existe dans le commerce d'entrepôt et de réexportation. Cette branche importante est 5 à 6 fois plus considérable dans les Iles-Britanniques qu'en France ; elle est triple de la nôtre , dans la masse du commerce américain.
L'exportation des produits indigènes , qui donne la mesure de la prospérité agricole et industrielle de chaque peuple , s'élève , d'après des termes moyens , aux valeurs ci-après énoncées : •
Grande-Bretagne '. . 886,575,000 f.
France. ., ... r .... . 4o9»o5o,ooo
SURL£GOMM£RC£. 125
États-Unis 261,991,000
Russie * • • • âoi,4oo>ooo
Ainsi PÂngleterre exporte annuellement une masse de produits indigènes » tant agricoles qu'industriels , qui égale ou même surpasse en valeur toutes les exportations de pareils objets , qu'opèrent les autres grandes puissances du monde commercial; et une population de 22 mil-| lions ^parvient» avec le secours d'une industrie supérieure 9 à produire , chaque année » une richesse au nioins égale à celle que peuvent fournir trois empires peuplés de 85 millions d'habitans. *
Les exportations de la France» en produits de son agriculture et de son industrie » valent moitié moins que ceux de l'Angleterre; mais, néanmoins» leur valeur est presque égale à celle de la totalité des exportations russes et américaines réunies. Ainsi les 10 millions d'habitans des États-Unis et les 4^ millions de l'empire de Russie ne fournissent pas ensemble , au commerce , une masse de richesses plus grande que celle qui lui est donnée annuellement par la population de la France.
Comparée au nombre d'habitans de ces différens pays, Texportation des produits indigènes est à raison de 4q fr* pour chaque individu des Iles-Rritanniques , de 26 fr. pour chaque habitant des États-Unis, de i4 fr. pour chaque habitant de la France , et seulement de 5 à 4 fr. pour chaque sujet de l'empire russe.
Prise en masse et d'une manière absolue , cette exportation offre les termes relatifs ci-après : Russie, 1; États- . Unis, 1^; France, 2; Angleterre, 4t'
124 ' RECHEBCHES STATISTIQUES .
Ces termes changent lorsqu'on joint à l'exportation des produits indigènes » celle des produits étrangers réexportés ; ils deviennent alors ainsi qu'il suit :
Russie , 1 ; États-Unis, â ; France 2 j ; Angleterre , 5 -.
En examinant les élémens de ces termes numériques , on reconnaît que la principale supériorité du commerce anglais consiste dans l'exportation des produits de TindUstrie britannique ; et que celle du commerce américain consiste dans la réexportation des produits étranger^.
En masse , et sans distinction d'objets , l'exportation française est supérieure de 200 millions à celle de la Russie; elle est inférieure aè 679 millions à celle de l'Angleterre; elle est supérieure d'une soixantaine de millions à celle des États-Unis : elle est , avec l'exportation anglaise , dans le rapport de 9 à 23 , et avec l'exportation américaine dans celui de 9 à 8. Il est donc sans fondement d'avancer , comme on l'a fait , que la puissance commerciale des États-Unis égale ou surpasse celle de la France; mais on ne peut douter ^e cette assertion ne se réalisât dans peu d'années , si notre commerce restait stationnaire , au lieu de suivre le développement rapide imprimé à celui des autres peuples maritimes.
C'est dans l'espace d'un siècle que la Grande-Bretagne , en se prévalant des avantages naturels de son territoire , de l'activité de sa population , de la sagesse de ses institutions , et de la faveur dfes événemens , est parvenue h fonder un commerce , dont la prospérité est sans égale dans le monde et sans exemple dans l'histoire. I C'est pendant la durée d'une seule génération que les États-Unis , entrés dans la carrière de la civilisation et du
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commerce avec la virilité des peuples nouveaux » et Tex-j périence des peuples vieillis par les siècles et par de longs! malheurs » sont devenus la troisième puissance du monde maritime.
Il faudrait bien moins de temps encore à la France » \ pour développer les avantages qu'elle tient de son heureux climat , ae son territoire vaste et fertile , de sa population immense , active et industrieuse , et surtout de . son organisation sociale. Il lui serait plus facile d'y réussif qu'il ne Tétait , il y a dix ans , de réparer les désastres de la guerre civile et de l'invasion étrangère , et de parvenir » après une séquestration maritime de trente années , à suivre immédiatement la Grande-Bretagne dans cette carrière du commerce » où l'ont fait triompher tant d'habileté y de persévérance et de bonheur.
La France peut , par cette épreuve , mesurer sa force et calculer sa puissance » car sa grandeur commerciale , après tant de calamités , est peut-être un prodige plus surprenait . , que la prospérité de l'Angleterre , après une si longue suite de succès."^