‹ Le commerce au dix-neuvième siècle: état actuel de ses transactions dans lesChapitre 41 sur 66 · U Espagne · texte numérisé non relu

U Espagne

Le peuple à qui l'on doit la découverte du Nouveau

Monde , et qui pendant plus de trois siècles a possédé les régions les pFus belles de cet hémisphère , ne garde aujourd'hui de ses immenses colonies que les deux îles de Gviba et de Porto- Rico » arec l'archipel des Philippines » que son éloignement fait échapper à l'action de la métropole , et celui des Canaries qui , par sa proximité , est plutôt une province insulaire de l'Espagne qu'une colonie. L'exportation de Cuba» en iSaS, n'a été, d'après les rapports de la Havane , son port principal , que d'environ :

6,000,000 de liv. pes. de sucre , valant à-peu-près, , 2,000,000 franrs.

3,000,000 — de café 4,5oo,ooo

Une quantité de cire , évaluée i,5oo,ooo

35,000 boucaats^de mélasse , etc • . i ,000,000

Total. . . .9,000,000

Il est sorti également du port de Matànza 1 yôooyooo livres de sucre et 5,ooo liv. de café, valant. • • . • 5o8,ooofr«

Cependant , par une évaluation qui semble prodigieusement exagérée , on porte l'exportation annuelle de Cuba à 20 millions de piastres ou loo millions de francs, repartis de la* manière suivante : les États-Unis, 8 millions de piastres ; TAngleterre 5 millions; r£spagi\p 3 millions, la France 2 millions; les Pays-Bas , la Suède, etc. 2 millions ; ce qui ferait une valeur décuple de celle que comporte la quantité de denrées déclarée. Il faut avouer pourtant en faveur de cet établissement , qu'en effet les documens officiels des États-Unis reconnaissent qu'en 18212 y le commerce américain, a exporté de Cuba pour 38,4oo,ooo francs de denrées coloniales , et qu'il y a vendu

aGo AECHBiyCHES STATISTIQUES

pour 83 millions et demi d'approvisionnemens. Quoi qu*ii en soit du montant réel des transactions qui ont lieu à Cuba , il parait que la métropole n'y participe que pour un peu plus du sixième ; et dans Thypothèse la plus favorable » elle n'en tire qu'une exportation de 16 millions de francs , dont le retour est borné à moitié par la concurrence supérieure de la Grande-Bretagne et des États-Unis.

PortQ-Rico ne produit que le quart des récoltes de Cuba; et nous sommes certainement fort au-delà de la Yérité , en allouant , pour la valeur des denrées des deux lies , importées en Espagne , une somme de 20 millions , à ^ la moitié de laquelle s'élève peut-être ce que la métropole peut donner en échange de produits naturels ou manufacturés. Si l'on joint à ce faible commerce celui que font les Canaries , dont les vignobles affermés , comme ceux de Madère par des spéculateurs anglais , ne donnent de profits qu'à l'étranger , on aura le triste apperçu des vestiges d^une puissance coloniale» qui, en 1784, exportait pour 109 millions de marchandises dans ses possessions d'A<^ mérique, et qui en recevait annuellement 84 millions en denrées et 232 en numéraire ; ce qui formait une importation de 3i6 millions et un commerce colonial dé 426. Ainsi se trouve réduit à la dix-septième partie de son ancienne valeur , l'héritage que le génie de Colomb , l'intrépidité de Certes, et l'habileté, le courage et la persévérance des guerriers et des navigateurs castillans, avaient acquis et légué aux successeurs de Ferdinand et d'Isabelle.

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