Progrès du Commerce colonial de la France
La fondation des premiers établlssemens français en Amérique, remonte au commencement du 17."»® siècle ;
(i) Jusqu'à cette époque , les exportations faites à la Nouvelle- Angleterre sont comprises dans le total général.
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mais le régime des compagnies , Ténormité des droits , les désastres de la- guerre > de la famine et de la fièvre jaune , empêchè^nt leurs progrès pendant 80 ans ; et les produits de toutes i^os colonies des Antilles ne s'élevaient pas à une valeur de iS millions , en 1716. Des hostilités presque contini^elles , des invasions désastreuses retardèrent le développ^Qoent de la prospérité de nos possessions des deux Indes; et aju mUieu du dix- huitième siècle » si elles portèrent à 90 oeiiilions leurs importations esa. frappe et reçurent en retour pour 5â millions de marchandises et comestibles» bientôt la guerre de 1762 les réduisit au* dessous du terme auquel elles étaient 5o ans auparavant. Le traité de Versailles , qui npus priva du Canada , de l' Acadîe el «le plusieur» des Antilles , fut un coup fiineste pour les colonies ; cependant leur commerce se releva par la vaste extçn^ion de la populatîoa et de la culture de Saint - Domiûgu^e. Quand la nouvelle Angleterre brisa les Uens qui rattachaient à la Grande-Bretagne , nous re* çevtons pour une vingtaine de millions de produits des Indes orientales ,. et pour 1 16 des Indes occidentales e|; des comptoirs d'Afrique. Nous ne pouvioiïs placer , en retour dans tous nos établissemens , que pour S ^millions de produits français ». et la balança était contre nous de rénorme somme de 85 millions. Cet état de choses était tolérable , parce que nous rcfçeyions alors d^ l'J^pQgpe une grande quantité de n^^iéraire , et que nous n'avjoçs podnt de concurrens dans l^s mftr^jbésdej'^oirop^ et d^ Levant , que nous approvisionniops de denrée^ c^oloniales^ A la faveur de cet ençhaînem^t d'occureuces , nos col<?nies s'enrichirent, dqmis 1776 jusqu'à 1788, 4'une
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grande masse de capitaux , qui leur permirent de suppor* ter sans désavantage , du moins aux Antilles , l'influence de la guerre maritime. En effet ^ leur commerce en fut à peine diminué ;v et bientôt elles atteignirent à un maximum de puissance dont on n'avait encore aucun exemple. En 1788, nous recevions d'Asie pour 34 millions de produits indiens^ et d'Amérique , pour igS de denrées coloniales 9 ensemble 227 millions. Nos envois montaient à près de 1 20 millions ; et nous étions en perte de ] 07 millions ou près de moitié; savoir, sept seulement sur les Indes orientales, et 100 sur nos exportations aux Antilles* Les conditions , qui empêchaient de nous être nuisible , un commerce aussi mal balancé , étaient trop complexes pour offrir la cbance d'une longue durée , dans la situation qui résultait de leur concours ; il suffirait , pour y*mettre un terme, que l'écoulement des métaux précieux de l'Espagne fût suspendu , ou* qu'il prit une autre direction , ou bien qu'une autre puissance coloniale s'élevât, et vint nous disputer l'approvisionnement de l'Europe. Tous ces événemens arrivèrent ; maïs l'effet immédiat, qu'ils devaient produire, ne put nous atteindre , car avant qu'ils éclatassent nous n'avions déjà plus de colonies et la première de toutes nous avait été ravie sans qu'il demeurât aucun espoir de la jamais recouvrer. Aujourd'hui qu'on a vu le Portugal perdre l'empire du Brésil , l'Espagne celui du Mexique, de Colombie et du Pérou, la Turquie celui de la Grèce , une aussi grande catastrophe semble moins extraordinaire ; mais alors , elle |mrut si terrible que l'Europe crut le commerce de la France enseveli pour toujours sous ses ruines. L*émancî-
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pation de la nouvelle Angleterre n'avait privé la Grande- Bretagne que de 5o millions d'importations et d'exportations ; les désastres » qui nous arrachèrent nos colonies des deux Indes ^ tarirent pour la France un commerce sept fois plus considérable. Us nous ôtèrent près de ^3o millions de produits coloniaux , que nous trouvions alors à vendre en Europe » et ils nous fermèrent des débouchés qui nous permettaient de placer ^ au-delà: des mers > pour 1 20 millions de produits indigènes.
^ Trente années de guerre et de révolutions s'étalent écoulées depuis la destruction de notre commerce colonial; lorsque la paix nous a renSu quelques-uns de nos anciens établissemens ; les transactions que comporte leur état actuel sont »îius duuie peu de chose , si on les compare à l'étendue de celles que nous faisions autrefois ; mais les temps sont changés également pour d'autres que pour nous ,* et si l'on en excepte l'Angleteri'e; ijuî s'est enrî-i chie au milieu du naufragé de toutes les puissances coloniales de l'Europe , c'est encore là France dont les possessions transatlantiques sont les plus assurées /les'mieux cultivées , les plus riches d'industrie et d'activité , et même dans leur humble fortune » celles dont le commerce, avec leur métropole» est à la fois le plus considérable et le plus avantageux.
On trouvera, dans les tableaux suivans, I^iistoirô de leurs succès et de leurs revers , exprimée brièvement par des termes numériques.
BECHERCHCS STATISTIQUES
Tableau des Importations de nos Colonies des deuic Indes , faites en France , depuis le commencement du dix-huitième siècle.
Indes orientales.
. i3,8o5,ooo. . .
• 5,749»ooo* • •
Indes occidentales.
i8,i3i,ooo. .
37,5i9,'ooo. .
ii6,6o5,ooo. .
Toul.
3 1,008,000 4i, 854,000 57,652,000 52,895,000 90,465,000 22,122,000 i35,6o5,ooo
1821 f^iA^7>ooo
Importations dés 4 années. ...... 161, 5 10,000
Année mbyenrie .
4o,38o,ooo
Tableaii des Eccportations faites de France , à ses Caianiïs des detix Indes , depuis le covrimencement du dix-huitièms siècle.
Inde» orieaules. Indes occidenules.
9,221.000. . . i6,oi4>ooo. .
Toul.
8TJ» tB COMIIJBBCB. 35»
1748. . 10.049.000. . . 26.632.ooo. . 36,681, 000
788' * ;2l^^'"''- • • ^**'«5o,ooo. . 6,,,29,ooo 1788. . «6,829.000. . . 93,o56,ooo. . „9.885.ooo
i8ao R„ ..« -
Exportations des 4 aimées . . . ,36,3,6 ooo Année moyenne 34.078.'ooo
3.» État comparatif de la prospérité actuelle du Cornmeree colonial des principales puissances maritimes.
Les puissances de l'Europe, qui possèdent aujourd'hui des colonies, sont : le Portugal, l'Espagne, la France les Pays-Bas, le Danemark et la Grande-Bretagne. Noui tracerons rapidement une esquisse des avantages qu'elles en obtiennent.
,." Le Portugal.
Pos'rssions «u^eli du Cay-dc-Bonnc-EspcraoM,
Mo«Bbi,a, , Go. , Dii, , Mm.o. importation,. j.,^„ , .
Q /> ^ exporta Uons.
**'" O'^O.ooo crus'" 8,587.000
aSS nUCHERCHES STATISTIQUES
Année moyenne. . . 5,44o,ooo 5,368,ooo
C6te occidentale d'Afrique , Con^o , Angola, Beagala, St-Tomé, Iles du Prince et du Gap-Yerd.
i8i5 146,000 47i»ooo
1816 i3,ooo 283,000
1817. i3,ooo 278,000
Année moyenne 73,000 4^2,000
Aqorc» et Madère.
Année moyenne 842,000 1 ,170,000
Ainsi , depuis la perte du Brésil , le commerce colonial du Portugal est réduit aux termes suivans :
' Import, totales. 6,355,ooo crusades ou i5,885,ooo f. Exportations • . 6,960,000 17,573,000
Ensemble i5,5i5,ooo 55,258,ooo
Voilà les débris d'un commerce qui s'élevait , il y a 25 ans, à i5o millions de francs, et les dernières ruines d'un empire , fondé au-delà des mers par le courage et le génie de Vasco de Gama, de Cabrai et d'Albuquerque.