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Quelle était la nature et l’importance des échanges avec le Nord ?
A l'exportation, c'étaient les vins de Touraine et d'Anjou, les eaux-de-vie, et surtout les sucres, les cafés, l’indigo, les
tafias, le bois des iles, etc.
Les importations se composaient principalement de : mâtures, poutres et planches de sapin, brai, goudron, fer, plomb, étain, cuivre, chanvre, lin, mercerie, quincaillerie, froment, seigle, viandes salées, fromages, beurres et autres
comestibles.
Ilexiste dans les Archives du Commerce des états de récapitulation des entrées et sorties de marchandises par les divers ports de mer de la Direction de Nantes (1). Malheureusement ils s’arrêtent à l’année 1779. Il nous paraît
donc préférable d’avoir recours aux chiffres que Huet
donne pour 1790, bien qu'il n’indique pas où il les a pris.
Il résulte du tableau détaillé de la balance du commerce de Nantes, qui se trouve dans son ouvrage (n° 20), que la valeur totale des importations d'Angleterre, de Hollande, de Suède, de Danemark, d'Allemagne et Prusse, était de 7.382.000 livres, en chiffres ronds ; et la valeur des expor-
tations pour les mêmes pays de 23 millions environ.
Aussi cet auteur signale-t-il la «€ balance véritablement favorable » que donnait ce commerce, et que Nantes devait aux ventes des denrées coloniales (2). « Si l’on retranche,
dit-il, des exportations antérieures à la Révolution, les 20 et
(2) Ouvr. cité, p. 211, 213.
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quelques millions de denrées coloniales que nous vendions aux étrangers, on enlève la matière et tous les bénéfices de
ce trafic... »
Le Commerce avec les nations du Sud ne présentait pas la même importance, mais il avait pour Nantes l’avantage de se faire, dans une très forte proporlion, sous pa villon français.
Le Commerce de la Méditerranée, des côtes d'Espagne et du Portugal, celui du golfe de Gascogne même avait été fait longtemps par les Hollandais. « Peu à peu le génie de la nation s’est réveillé, nous avons repris pied à pied notre patrimoine envahi, nous avons chassé ces étrangers des côtes d'Italie, des échelles du Levant, de l'Espagne, du
Portugal, de tout le golfe de la France et dela Manche (1)».
Nantes exportait en Espagne des denrées coloniales, principalement des sucres et du poivre, et les produits de ses manufaciures : faïiences, toiles fines et communes de la Bretagne et de l’Anjou, cuirs tannés, etc... Elle importait de ce pays des fruits, des vins, de la laine, du fer en barres, des figues, de l'huile d'olive, des raisins secs, etc. La valeur totale de ce mouvement d'échanges était d’environ trois millions et demi de livres, dont les 2/3 à l’exportation (2).
Les exportations pour le Portugal comprenaient : des peaux de veau corroyées, des grains, des papiers communs,
des estampes, des papiers peints, de la mercerie, etc.
(1) G 887, Mémoire cité plus haut.
* (2) HUET, ouvr. cité, tableaux 21 et 26.
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Parmi les importations : des cuirs verts en poil, du coton en laine, du thé, des fruits verts et secs, des vins, des bois de teinture, etc. La valeur totale du commerce avec ce pays représentait en moyenne de un million et demi à deux millions de livres, la part des importations étant de un dixième à peine. "
Les relations directes de Nantes avec l'Italieétaient rares et peu importantes, mais il cst intéressant de signaler qu'elles étaient assurées entièrement sous pavillon français, et en partie par des navires de Nantes qui se livraient au grand cabotage dans la Méditerranée (1).
Les états de 1779 indiquent les articles suivants, comme ayant été exportés en Italie: beurre, bouteilles, café (poids: 36.915 livres), cuirs tannés, pierres à fusil, sirop, sucre brut(poids : 278,238 livres),sucre terré (poids:198,000 livres). Les importations ne se composaient que de quelques centaines de barriques de vin et d’eau-de-vie. Huet évalue le Commerce avec l'Italie à plus d’un million de livres.
Nous devons ajouter que l'Espagne, le Portugal et l'Italie offraient à nos grains un débouché que nos commerçants ne négligeaient pas, lorsque l’état de la récolte, et surtout lorsque la législation le permettaient:
« C’est au Sud de l'Europe (2), disent les Juges-Consuls
dans leur mémoire de 1787, que tous les grains qui ne sont
\ pas nécessaires à notre subsistance sont lransportés avec
“un avantage considérable, L'Italie, l'Espagne et le Portugal
(A) Arch. Ch. Com, Z 90 bis. (Mémoire an II). (2) C 887. ‘
n’ont de magasins qu’en France ; les meilleures récoltes ne suffisent pas au besoin de ces contrées, surtout des deux dernières. Il y a dans ce moment une. exportation considérable de grains pour le Portugal, et un seul négociant de celte ville'a expédié depuis deux mois plus de 50 cargaisons de froment et de fayaux (sic) pour Lisbonne. Cette exportation est très précieuse et demande toute la protection du gouvernement. Elle se fait tout entière par les navires français. Outre le bénéfice de la vente, elle donne celui du fret, qui est le premier et le plus important de tous les profits ; elle occupe un grand nombre de bâtiments, depuis 100 jusqu’à 200 tonneaux... »
Les peuples du Nord étaient également acheteurs de nos céréales, mais dans un but de spéculation : «€ … Chaque fois que les grains sont très abondants en France, les nations du Nord viennent les enlever, et comme, dans le calcul des probabilités, il y a à parier que l’année suivante sera moins bonne et peut-être mauvaise, ces étrangers nous rapportent alors à un prix exorbitant les mêmes grains qu'ils avaient enlevés l’année précédente... » (3). Aussi lorsque, comme en 1789, les approvisionnements étaient insuffisants, le Commerce sollicitait du Gouvernement des primes à l'importation, et lui-même, par souscriptions, s’engageait parfois à en accorder.
Nous devons dire un mot du commerce avec les Etats- Unis. Nantes avait déjà des relations avec là Nouvelle-
Augleterre avant la guerre de Indépendance. Ces relations
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(3) Des seigles exportés en 1745 à 35 livres le tonneau furent réimportés eu France, l’année suivante à 140 livres (C 887, mémoire cité).
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s'étaient poursuivies avec assez d'activité pendant la guerre ; à la paix, elles avaient diminué. En 1790, elles occupaient 8 navires, jaugeant 1.830 lonneaux, sur lesquels la part du pavillon national n’était que de 220 tonneaux.
D'après Huet, la valeur totale des échanges avec ce pays s'élevait, en 1790, à 1.100.000 livres environ, dont les deux tiers à l'exportation, représentée par des loiles blanches écrues, des indiennes, des mouchoirs, des articles de modes, des vins et eaux-de-vie, etc... Les importations comprenaient des riz, des morues, des bois de te#nture, des fourrures, du tabac, etc... (1).
Les Américains faisaient, nous le verrons, de grands efforts pour s'assurer la clientèle de nos colonies des Antilles ; ils approvisionnaient souvent celles-ci en farines, au grand désespoir du commerce nantais qui formulait, à ce sujet, de véhémentes protestations. *