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firenl! des efforts pour ranimer et développer le Commerce extérieur. Ils trouvèrent parfois des encouragements et des appuis auprès du Gouvernement. C’est ainsi qu’en 1783, de Castries, ministre de la Marine, incitait les négociants de Nantes à élablir un certain nombre de maisons françaises à Hambourg, pour y faire le Commerce réciproque entre la France et le Nord : le Ministre détaillait les avantages qui en résulteraient, et promettait la protection du Roi et dès encouragements aux négociants qui iraient s'établir dans cette ville :
« Hambourg est de tous les ports [de l'Allemagne], celui qui offre le plus de convenance. On y fonderait aisément et avec autant de sûreté que d’agréments personnels pour les individus, un certain nombre de maisons de commerce françaises. Une importation annuelle de plus de 40 millions en produits du royaume, des manufactures et des Colonies, fournirait une ample matière à leurs opérations, la politique ne saurait les contrarier ni les suspendre dans une ville libre où les traités garantissent aux sujets du Roy les mêmes avantages qu'aux citoyens. Les droits sur les personnes sont modérés, ceux sur les marchandises presque nuls. Le Ministre de S. M. et son Consul veillent sans cesse à la protection des Français, les habitants sont prévenants, hospitaliers, serviables.
» Hambourg est un des premiers entrepôts du Monde... »
Et de Castries, insistant sur la nécessité d’affranchir notre Commerce des profits que prélevaient les intermédiaires étrangers, écrivait les lignes suivantes, dont quelques-unes pourraient être signées d’un Ministre ou d’un
Consul de la Troisième République :
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«.…. Non seulement nos négociants attendent aujourd’hui les offres des étrangers, mais ce n’est même pas à eux que ceux-ci s'adressent: ils ont dans nos ports des correspondants de leur pays, qui nous énlèvent jusqu'au bénéfice de la commission. Le pavillon français est le seul qui semble exclu du transport des marchandises de France. Des 300 bâtiments qui vont chaque année de nos ports dans ceux de l'Allemagne, à peine en compte-t-on 5 ou 6 français. Nous devons imiter la conduite des Nations étrangères et surtout des Anglais. Ils ne sont ni plus sobres, ni plus économes que nos navigateurs, mais ils ‘ont dans tous les ports de la Baltique, où ils envoient annuellement 2.000 navires, des correspondants nationaux affectionnés et des adresses sûres... » (1).
Les Nantais pouvaient, en ce qui concerne du moins les Espagnols et les Hollandais, certifier l'exactitude de cette dernière remarque, car nombreux étaient les commerçants de ces deux nations qui venaient faire fortune à Nantes.
L'appel de de Castries fut-il entendu? Nousl’ignorons.Nous savons que les Juge et Consuls répondirent au Ministre, par l'intermédiaire du Commissaire de la Marine à Nantes, que la concurrence avec les Anglais et les Hollandais pour le Commerce du Nord était très difficile, l'armement étant moins onéreux pour ces peuples que pour les Français ; ils pressèrent le Gouvernement d’instituer des encouragements, d’attacher € des distinctions honorifiques à ce
genre de Commerce. Ce dernier encouragement serait le
(1) Ch. Com. C. 754, carton 42. cote 7, lettre du 6 avril 1783 (copie) au Commissaire de la Marine, transmise par celui-ci aux Juge et Consuls.
plus puissant et nous sommes convaincus que sans lui les Français ne se livreraient point à l'étude nécessaire des langues étrangères et qu'ils ne s’expatrieraient point pour aller se fixer dans un pays dont les mœurs et les usages sont si contraires aux nôtres. » Les Juges-Consuls conseillèrent « d'établir à la fois six maisons de commerce dans le Nord, à Hambourg, Dantzick, Riga, Pétersbourg, Copenhague et Stockholm ou Gottembourg », de leur accorder des primes, des faveurs, etc., d'avancer 200.000 1. à chacune d'elles, de conférer aux négociants qui les régiraient, au bout d’un certain temps « des marques de considération et ensuite... la noblesse... » Diverses autres mesures étaient préconisées.
C'est à la suite de cette sorte d'enquête ouverte par le Ministre de la Marine que fut rendu, le 25 septembre 1784, un arrêt accordant « différentes faveurs au Commerce du Nord ». Ces faveurs — primes, exemptions de droits, etc., — élaient-renouvelées de celles que Colbert avait accordées en 1669 à la Compagnie du Nord.
Elles furent insuffisantes, si nous en croyons les Juge et Consuls de Nantes qui, en 1787, formulaient de nouvelles demandes (1). Et voici le motif « extraordinaire »,
aisent-ils, qui les poussait à les présenter au Gouverne-
ment: c’est l’écrasement des patriotes en Hollande par le
Stathouder.
«... Le parti patriotique fuit en foule ses persécuteurs.
La plupart de ces patriotes sont les enfants de nos anciens
(4) C. 887 « Mémoire... sur l'exportation des grains par navires étrangers et le Commerce avec le Nord. » \
frères que la révocation de l’édit de Nantes chassa de leur patrie, et qui n’ont cessé de soupirer après elle. [ls y sont rappelés par l’édit de bienfaisance et d'humanité que le Roi vient d'accorder aux protestants. Ils vont nous rapporter leurs trésors, leur industrie..…, leurs relations très étendues dans les places du Nord ». [ls vont « ouvrir à la France une source de richesses inconnues, et nous rendre enfin, en se fixant parmi nous, ce qu’ils nous firent perdre en se dérobant à la persécution d’un monarque trop puissant et trop victorieux pour être philosophe. »
Les espérances du Commerce nantais ne furent pas réalisées, car, en 1790, la part du tonnage français dans les relations de Nantes avec l'Allemagne et la Suède était insignifiante (1.100 tonneaux environ sur un total de 17.500 tonneaux) et elle était nulle dans les rapports avec
l'Angleterre et le Danemark qui occupaient 7.500 tonneaux.
Le 16 février 1790, les Juge et Consuls écrivaient encore qu’ «il serait très heureux que l’on pütétablir le grand cabotage en France », mais que « le luxe de nos armements » y met obstacle, et que les Hollandais nous font toujours la même concurrence, avec le même succès (1).
En règle générale, les navires français ne dépassaient pas Dunkerque : «tous les transports pour l'Irlande, l’'An-. gleterre, la Flandre, la Hollande, les villes hanséatiques, le Danemark, la Suède et la Russie se faisaient. par navires
étrangers (2) ».
(1) C 608 (à Mosneron).
* ,(2) Z 20 bis, Mémoire 8 Prairiäl an 8.