‹ Le Commerce de Nantes et la RévolutionChapitre 16 sur 62 · AUDE · texte numérisé non relu

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Soit environ, au total, 72 millions de livres poids de marc, représentant une valeur de 45 millions de livres tournois.

Parmi les ports de France, Nantes se classait au deuxième rang, pour le commerce avec l'Afrique et les Antilles, après Bordeaux et avant Marseille. (Huet, p. 216 et suiv.).

134 navires, d’une jauge moyenne de 422 tonnes, apportaient à Nantes ces cargaisons, dont les neuf dixièmes étaient en provenance de Saint-Domingue, et un dixième de la Martinique et de la Guadeloupe (1).

Ces colonies, que recevaient-elles de nous en échange ?

Les exportations se faisaient de deux manières : directement et indirectement. ; 80 à 85 bâtiments exportaient directement aux îles des matériaux de construction, des salaisons, des articles de modes, des produits manufacturés, etc., dont la valeur totale était d'environ 11 millions de livres.

Quant au commerce indirect ou « circuiteux », qui occupaitunetrentaine de navireset10.000tonneauxenviron, il consistait à transporter à la côte d'Afrique pour environ 10 millions de marchandises propres à la traite des nègres : Ces marchandises étaient échangées contre 12.000 nègres qui étaient ensuite dirigés sur Saint- Domingue : un cinquième environ périssail en cours de

traversée. Ce qui en restait était vendu aux colons à raison

(1) Sur les 145 navires venus en 1789 des colonies à Nantes, 130 venaient de Saint-Domingue, 9 de la Guadeloupe, 5 de la Martinique, 1 de Cayenne. (C. 724).

Op

de 1.500 livres par tête en moyenne, (1) soit un produit total de 14 à 15 millions de livres. C'était à peu près le tiers de l'importation directe des nègres d'Afrique en Amérique. .

Les colons payaient une partie de la dette qu’ils contractaient de ce chef envers les armateurs en denrées coloniales : celles-ci, vendues en France, donnaient encore de jolis bénéfices. Sur les 134 navires, en moyenne, qui venaient annuellement des îles à Nantes, plus d'un quart était en retour de la côte d'Afrique. se

Les armateurs avaient été longtemps assujettis au paiement d’un droit sur chaque nègre introduit aux iles : ils bénéficiaient, en échange, d'une exemption de la moitié des droits, à l'entrée en France, sur les marchandises des Antilles provenant de la vente des noirs.

Ce système fut abandonné à partir de 1784: l’arrêt du 26 octobre de cette année convertit l'exemption du demidroit en primes et gratifications « pour chaque tonneau de continence des navires employés à la traite des nègres ». Le commerce s’éleva contre cette mesure dont la ville de Nantes devait, disait-il, (souffrir un tort inappréciable » (2).

En lout cas, des difficultés ne manquèrent pas de s'élever au sujet de la fixation des sommes dues aux armateurs à titre de primes. Dans une lettre du 15 décem-

bre 1787 aux juge et consuls de Nantes (3), Montmorin

(1) AuGEARD, La Traite des Noirs avant 1790, p. 38. — D'après HUuET (p. 215), chaque nègre revenait à 7 ou 800 livres à l'armateur, qui le revendait 1.800 livres au colon.

(2) Ch. Gom. C. 584, Assemblée générale du 95 nov. 1784.

(3) Ch. Com. G. 625, ne 77.

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