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dénonçait des abus qui s'étaient produits dans le courant de l’année précédente : il citait quatre bâtiments appartenant à des armateurs de Nantes, qui avaient touché, à raison de 40 livres par tonneau, des primes s’élevant au total à 74.280 livres. Le nombre des nègres traités avait été seulement de 405. La prime avait donné aux armateurs de 100 à 276 livres par tête de noir, suivant le tonnage des bâtiments. Le ministre estimait sans doute que les finances royales auraient été moins compromises si l’on eût accordé, comme autrefois, l’'exemption du demi-droit
sur les denrées coloniales.
Les juge et consuls lui répondirent longuement le 3 janvier 1788 (1), non sans avoir, au préalable, provoqué les explications des armateurs incriminés. L'un d'eux — un des plus gros négriers de la place — protesta avec quelque véhémence et tint à rectifier les chiffres du « faiseur de tableaux » : il affirma que son navire avait introduit 614-nègres en juillet 1783, et 499 en juillet 1785.
€On peut juger par là, ajoutait-il, de ce qu'il eût pu introduire en 1786 et de ce qu'il introduira en 1788 si le voyage commencé est heureux. Mais vous ne savez que trop, Messieurs, que les côtes d'Afrique furent désolées en
1786 par des maladies épidémiques, que les nègres furent
très rares et très chers à la côte d'Or... » ; il se défend
d’avoir touché, à l’occasion d’un seul voyage, une prime de 168 livres 16 sols par tête de nègre:ila eu seulement 76 livres
12 sols par tête de nègre introduit et moins de
(4) Ch. Com. C, 607, fo 238.