‹ Le Commerce de Nantes et la RévolutionChapitre 37 sur 62 · S 4. — ORGANISATION DE LA MARINE · texte numérisé non relu

S 4. — ORGANISATION DE LA MARINE

Citons, parmi les doléances relatives à cet objet :

La revision de divers articles de l’ordonnance de 1681, et de l'ordonnance de 1779 sur la visite des navires (1);

La suppression du monopole pour la fourniture de bois à la marine royale ; des encouragements à la culture des chanvres dans l'intérêt de la fabrication des cordages nécessaires à la Marine ;

L'établissement de phares, feux et balises sur tous les points de la côte où cela sera possible, aussi bien dans le royaume que dans les colonies ;

La prohibition de la presse à bord des bâtiments marchands par les officiers de la marine royale ;

La levée de charpentiers pour la marine royale dans les villes de l’intérieur du royaume, et non pis seulement dans

les ports de mer, etc...

(1) On se plaignait que cette visite fût faite trop souvent d’une manière superficielle, et qu'on laissät partir des bâtiments hors d'état de naviguer, ce qui donnail prélexte aux exigences des assureurs,

Signalons enfin, au nombredes vœux divers, les suivants : pour l’uniformité de l'échéance des eftets de commerce, l'établissement d’une loi uniforme sur les faillites, les encouragements aux recherches des mines de charbon, et la liberté pour les propriétaires de fouiller leurs terrains ; une refonte de l’ordonnance des eaux et forêts, afin d’augmenter la quantité de bois, au lieu de la laisser dimi-

nuer, etc., etc.

Résumons brièvement l’ensemble de ces doléances. Deux mots, que le commerce répète souvent, nous donnent la formule qui sert de principe à ses revendications : « Protection et Liberté ».

A l'extérieur il demande la protection du gouvernement, soit qu'il s'agisse de favoriser, sous notre pavillon, le transport des marchandises que nous vendons ou que nous achetôns à l'étranger, ou qu'il s'agisse d’exclure de nos colonies le commerce étranger dont la concurrence est redoutable.

Les négociants sollicitent la protection du Pouvoir sous toutes ses formes : primes, exemptions de droits, prohibitions, concours armé même, en faveur des navires qui font la traite, et de ceux qui vont aux Îles, car il importe, si la guerre survient, que lesétrangers ne nouent pas des relations trop étroites avec les colons.

Us ont besoin de liberté : ils luttent contre les monopoles des Compagnies coloniales et contre la formidable tyrannie

Ales fermiers. Is veulent enfin échapper au despotisme des bureaux, et avoir à Paris des représentants sûrs et con-

trôlés.

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