CHAPITRE PREMIER
La Navigation, le Commerce et lies Manufactures de Nantes avant la Révolution
Arthur Young, qui vint à Nantes en septembre 1788, consacre quelques lignes assez brèves de son journal de voyage à cette « grande ville commerciale » (1). Il ne donne pas de renseignements sur son commerce. Il note que « la ville a, dans ses nouvelles constructions, un signe de prospérité qui ne trompe jamais », que le pied carré de terrain vaut jusqu’à 15 livres dans certains quartiers; ce qui paraît l’avoir le plus frappé, c’est le contraste entre « cette splendeur et cette richesse des villes » et les déserts qui s'étendent jusqu’à trois milles de la cité. « Il n’y a pas de transitions graduelies : la médiocrité aisée et la richesse, la richesse et la magnificence. D'un bond, vous passez de la misère à la prodigalité, des mendiants dans leur hutte de boue à Mie Saint-Huberti, dans des spectacles splendides à 500 livres par soirée. »
Ici Young généralise ; mais il n’en est pas moins vrai
‘ que c’est à propos de Nantes. Et cela vient du caractère
très particulier de la prospérité de cette ville. Ailleurs (2),
le voyageur remarque, incidemment, qu'en dix ou quiuze
(4) ARTHUR YOUNG, Voyages en France, éd. Guillaumin, tome Ier, p. 157.