‹ Le Commerce de Nantes et la RévolutionChapitre 58 sur 62 · I. — Cordiers · texte numérisé non relu

I. — Cordiers

Extrait du Registre des Délibérations

de la Société d'Agriculture, Commerce, etc... (Z 15). ASSEMBLÉE GÉNÉRALE TENUE LE 24 OCTOBRE 1792

… Les ouvriers cordiers sont entrés ; ils ont déposé sur le bureau une requête tendante à obtenir une augmentation de salaires, présentée à la municipalité, qui les avait renvoyés à la Société de Commerce, d'Agriculture et des Arts pour les concilier, si faire se pouvait, avec les chefs de manufactures.

Les chefs de manufactures s'étant aussi rendus à la Société, le citoyen Président leur a représenté qu'aucune Société n'avait le droit de fixer les journées de travail; mais qu'il se prêterait volontiers à proposer des moyens de conciliation s'ils y consentaient réciproquement; ce qui ayant été accepté, la Société, après avoir entendu avec attention les demandes des ouvriers et les réponses des chefs de manufactures, a pris l'arrêté ci-après, dont l’original a été signé par les ouvriers et chefs de manufactures

cordiers, et déposé dans nos archives :

Les membres de la Société d'Agriculture, du Commerce

etdes Arts pris pour arbitres par les chefs de manufac-

tures et ouvriers cordiers, après avoir lu la requête présentée par les ouvriers cordiers à la municipalité et avoir entendu dans plusieurs séances les réclamations des ouvriers et les réponses des chefs de manufactures;

Considérant que l’augmentation des salaires est toujours supportée par le consommateur ;

Considérant que la cherté des denrées nécessaires à la vie, occasionnée par le papier, exige une augmentation des salaires des ouvriers tant que cette cause existera ;

Considérant que pour que les chefs puissent soutenir leurs manufactures, il est nécessaire que les ouvriers soient payés le même prix et fassent le même ouvrage dans toutes

les manufactures. ont arrêté ce qui suit, Savoir :

Les chefs de manufactures ne donneront plus de vin.

aux ouvriers. ‘

Les corderies seront fixées dans tous les ateliers à cent

cinquante brasses.

Les tours seront de deux cent quarante fils. | Dans les pièces de manœuvres, le demi-pouce sera compté pour le pouce, et au dessous du demi-pouce il ne sera rien compté.

Les ouvrages continueront pour le surplus comme par le passé et les prix portés dans l’état ou tarif ci-dessus seront augmentés d’un cinquième. | Arrêté qu’il en sera délivré une copie aux chefs de manufactures et une aux ouvriers, si mieux n'aiment en faire faire des imprimés.

Il a au surplus été arrêté que les usages pour la décharge

et emmagasinage des chanvres, le chargement du cordage, les secours à donner d’une corderie à l’autre en pareil cas, subsistera comme par le passé.

Les chefs de manufactures ayant représenté que la fourniture des frangs-funings (1) sans aucun paiement de la part des armateurs était pour eux une charge très onéreuse, ont demandé que le Commerce voulût bien prendre l'arrêté de ne plus en exiger.

Le citoyen Président leur a répondu que la Société n'était point compétente pour en faire une loi obligatoire; mais que cet usage s’anéantissait de droit si tous les cordiers étaient d'accord entre eux de ne plus en fournir, et qu’il ne doutait point que les membres de la Société fussent les premiers à donner l'exemple de ne plus en

exiger.

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