LIV
Réponse de M. le Contrôleur Général, du S octobre il68. M. — J'ai reçu la lettre que vous avez écrite à M. de L'Averdy le 28 du mois dernier. Les faits qui y sont contenus m'ont paru mériter considération, et je ferai la plus sérieuse attention à ce qui en fait l'objet. J'ai toujours été fort porté à favoriser la liberté du commerce des grains, non seulement pour que les laboureurs et propriétaires ne soient pas privés des fruits de leurs travaux et de leurs propriétés, mais peut-être plus encore pour procurer au peuple l'abondance des denrées nécessaires à sa subsistance, et aux prix les plus équitables. Je réfléchirai mûrement aux réflexions que vous faites sur les inconvénients de cette liberté. Je prendrai les instructions du Roi sur cet objet important, et je vous les ferai connaître. Vous ferez bien de continuer à prendre des éclaircissements avec toute la prudence et la discrétion possibles, étant assuré par ma propre expérience, dans une place semblable à celle que vous occupez, que rien n'est si dangereux dans cette matière que tout ce qui peut marquer la moindre crainte de la part de ceux qui sont chargés de l'administration. Je suis, etc.