‹ Le commerce des grains dans la généralité d'Orléans: d'après la correspondance inédite de l'intendant CypierreChapitre 42 sur 74 · LVII · texte numérisé non relu

LVII

Lettre à M. le Contrôleur Général, du 6 octobre 1768.

M. — A mon retour de Clamecy, Gien et Montargis où je me suis rendu successivement pour l'assiette de la taille, j'ai reçu les deux lettres que vous m'avez fait l'honneur de m'écrira le 3 du présent mois, en réponse aux miennes des 25 et 28 septembre

adressées à M. de L'Averdy et relatives aux subsistances de la généralité d'Orléans. Rien ne peut me flatter davantage, M., que l'approbation que vous avez la bonté de donner à mes observations sur les moyens d'entretenir l'abondance et la tranquillité dans les marchés sans nuire à la liberté du commerce des grains, que je regarderai toujours comme très-avantageuse lorsqu'elle ne servira pas de prétexte aux abus. Dès que ma tournée sera finie, j'aurai l'honneur de vous rendre compte des éclaircissements particuliers que je me serai procurés sans afifec talion et avec toute la discrétion possible pour constater ces mêmes abus, seuls motifs (selon moi) de la cherté excessive que nous éprouvons aujourd'hui sur le prix du pain.

La diminution d'un denier par hvre qui a eu lieu à Orléans le 24 septembre dernier s'est entretenue au marché du 1*'' octobre, quoiqu'il y ait eu un peu d'augmentation sur le prix du blé. Mais [j'ai] tout heu de craindre une nouvelle augmentation pour samedi, n'y ayant eu au marché d'hier mercredi que deux voitures de blé de laboureur et la valeur de trois ou quatre voitures qui aient été envoyées par les marchands de la ville, après l'ouverture du marché. Aussi le prix du blé a-t-il augmenté et été porté jusqu'à 7 1. '15 s. la mesure d'Orléans, pesant 50 Uvres, ce qui fait 36 1. 8 s. le prix du setier de Paris. La ville d'Orléans n'est pas la seule à plaindre sur le prix du pain et la disette du blé dans les marchés. Ceux (1) de la Beauce et du Gàtinais sont encore plus dégarnis. Le mal provient des enlèvements inconsidérés qu'on y a faits et qu'on y fait encore journellement, ainsi que vous le verrez, M., par l'extrait que je joins des observations de mon subdélégué de Pithiviers sur son état du prix des grains. J'ai l'honneur de vous envoyer un pareil extrait de l'état de Dourdan, qui annonce la di-, minution subite qu'a procurée l'exécution des règlements pour la police des marchés.

Enfin, M., d'après tout ce que j'apprends journellement des arrhements faits dans les granges et dont j'aurai de nouvelles preuves sans qu'on puisse même soupçonner le motif de mes questions, on ne peut guère se flatter de voir garnir les marchés que par des spéculateurs qui, se trouvant maîtres de la matière, en soutiendront le prix au gré de leur cupidité : ce qui me fait persister dans mes réflexions contenues dans ma lettre du 28 septembre dernier, que je vous supphe. M., de vous faire, représenter. : Je suis, etc.. . ,. • . .,,-,

(1) Textuel; sous-entendre « les marchés ».

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