Partie Commerciale
Les bâtiments de la Douane sont construits dans le prolongement du wharf et comprennent :
i° Un bâtiment à armature en fer à cloisonnement d'éverite ; au premier se trouve le logement du Directeur, le rez-de-chaussée est occupé par les bureaux dont les différents postes sont détenus par des Européens ;
20 Un hangar-magasin en pierres factices de ciment est à la disposition des importateurs, pour stocker les marchandises, en attendant qu'elles aient subi le contrôle des agents de la douane et acquitté les droits qui les frappent.
Une voie Decauville avec embranchement, en facilite la manutention. Une voie traversant le magasin dans son milieu, aurait évité l'encombrement de celle établie le
long de la route en ciment qui, lors des opérations de dédouanement, se trouve embouteillée. Cet agencement accélérerait en outre le travail en douane, dont tous les commerçants veulent se libérer en même temps.
Un personnel indigène supplée au manque de personnel européen, dont il faut reconnaître le dévouement et la compétence.
Cependant, les plaintes s'élèvent nombreuses et semblent justifiées, quant à l'application des délais de dédouanement et de magasinage. Alors qu'à la Métropole et dans certains ports de la Colonie, le délai accordé aux opérations de dédouanement est de huit jours francs, non compris les dimanches, à Port-Gentil, ce délai est réduit à trois jours francs, dimanche compris.
Dans uu port où le déchargement ne permet pas le pointage des marchandises par lot, mais seulement au fur et à mesure de l'arrivée pêle-mêle des colis sur le wharf, un tel délai, s'il n'est pas arbitraire, n'a-t-il toute l'apparence d'une brimade puisqu'il est maintenu malgré les réclamations de tous ?
Il est arrivé maintes fois, que des frats de magasinage ont dû être payés pour des marchandises dont le déchargement s'est étendu sur une période de huit jours,
Il est à souhaiter qu'une solution satisfaisante soit apportée à cette situation préjudiciable aux bonnes relations entre Administration et colons, relations qui doivent être de règle à la Colonie, où le climat a déjà assez d'action déprimante sur les caractères les mieux trempés, sans que vienne s'y ajouter celle des difficultés ou des injustices.
L'organisation des Services Publics et en particulier de la Douane, souffre à Port-Gentil, de l'absence d'un plan général.
Son établissement dans une ville nouvelle n'a pas à vaincre les difficultés résultant des droits acquis par les premiers occupants, et l'on s'étonne qu'après les enseigne-
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ments de la guerre, la technique applicable à l'organisation d'une cité moderne, n'ait pas été adoptée.
C'est ainsi qu'il sera difficile à une entreprise privée de réaliser à Port-Gentil, la construction d'un magasin-cale.
Ce magasin, placé sous le contrôle exclusif et aux abords immédiats de la douane, permettrait aux commerçants de stocker, d'importer et réexporter les marchandises de première nécessité qui manquent trop souvent à la Colonie.
Nous terminerons ce chapitre en signalant l'utilité de la création d'un poste de douane à Lambaréné.
Cette amélioration s'impose, vu l'augmentation du trafic, tant à l'importation qu'à l'exportation. Les commerçants de Lambaréné, dont l'importance et le nombre s'accroissent chaque jour, pourraient ainsi recevoir directement leurs marchandises de la Métropole ou de l'étranger, sans être dans l'obligation d'aller les dédouaner à Port-Gentil et d'y ouvrir les caisses ou colis pour les opérations de contrôle.
En ce qui concerne l'exploitation des bois, nous savons que 60.000 tonnes environ transitent à Lambaréné, pour descendre sur Port-Gentil où elles subissent le contrôle de la Douane.
Or, ce contrôle serait beaucoup plus effectif et plus facile (sans compter que l'Administration y trouverait avantage), s'il était exercé par un poste de douane à Lambaréné.
Ajoutons que ces bois paient à Lambaréné les taxes de repeuplement. Rien ne s'oppose donc, en principe, à ce qu'ils acquittent dans ce poste, la taxe d'exportation. Vu l'importance et l'utilité de ce poste, nous croyons savoir que les commerçants de Lambaréné seraient décidés à participer à sa création et à son entretien.
Par application de l'article k de la loi du 1 1 janvier 1892, les Conseils Généraux et Conseils d'Administration des Colonies peuvent prendre des délibérations
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pour demander des exceptions au tarif de la Métropole. Nous ne saurions trop recommander au Conseil d'Administration du Gabon d'examiner la possibilité d'exonérer des droits douaniers, certaines marchandises importées et qui sont de première nécessité, soit pour l'alimentation, soit pour l'habillement de la population indigène.
Parmi ces marchandises de première nécessité, nous citerons : le sel, le riz, le poisson fumé ou salé et les effets d'habillement usagés.
Ne serait-il pas possible, en vue de faciliter l'exploitation forestière, avec un outillage mécanique capable de soulager la main-d'œuvre indigène qui se fait de plus en plus rare, d'exonérer de tous droits de douane ou de consommation les rails, locomotives, bateaux, chalands et autre matériel utile au développement de l'industrie forestière ?
Nos vieilles colonies des Antilles ont demandé et obtenu cette faveur pour les instruments utiles à l'agriculture et à l'industrie sucrière.
La diminution des recettes que le budget subirait du fait de ces modifications, serait largement compensée par l'augmentation des recettes provenant de l'accroissement de la production et de l'exportation des bois.