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CHAPITRE IV PORT, DOUANE

Port. — De tous les ports naturels de la Côte Occidentale d'Afrique, Port-Gentil est, de l'avis de tous les marins, le plus favorisé de la nature. Sa profondeur à marée basse, l'absence de rochers, de courants et de bancs de sable en permettent l'entrée de jour et de nuit à tous les navires.

Quoique exposé aux tornades de la saison pluvieuse, c'est le port que préfèrent les capitaines des cargos.

Certitude d'y trouver du fret, rapidité de chargement, possibilités de charge totale pour une ou plusieurs destinations sont, au point de vue commercial, des avantages indiscutables que, seul Port-Gentil, en dehors de Dakar, peut offrir aux Compagnies de transport.

Les chiffres appuient ces constatations, puisque i5o.ooo tonnes de bois ont été exportées en 1924 de ce seul port, totalisant à lui seul, plus de tonnage que les autres ports réunis sauf Dakar.

Malgré ces avantages, rien n'y a encore été fait.

Pas de wharf comme à Cotonou et Gd. Bassam, pas de ravitaillement possible en eau douce pour les navires, pas de stocks de charbon ou de fuel-oil, pas d'atelier de réparations en dehors de celui très modeste, mais aussi très utile, des Chargeurs-Réunis.

En 1919, l'Administration y a construit un appontement

qu'on affirme n'avoir pas encore été réceptionné par elle, de sorte que ce warf se trouve être sans propriétaire et partant sans entretien. Un jour ou l'autre on y déplorera un accident grave, sans compter la perte matérielle qui en résultera.

Les marchandises venant d'Europe y sont jetées pêlemêle, en attendant qu'elles puissent être transportées en douane à l'aide de quelques wagonnets Decauviile, dont la voie est posée sur les madriers branlants constituant le plancher du wharf. Qu'on ne s'étonne pas des vols, des erreurs et de la difficulté du travail, des pertes de temps et d'argent avec de telles organisations.

A l'extrémité de la pointe Akosso, face aux terrains concédés par la Colonie à M. Jean Rousselot, se trouve un banc de sable pouvant faciliter la construction d'un wharf, voire même d'un quai. Ce banc, recouvert d'un mètre à un mètre cinquante d'eau, à marée basse, s'avance jusqu'à plus de 3oo mètres en mer. A son extrémité, la profondeur d'eau à marée basse varie entre 8 et i5 mètres. La mission hydrographique du Gabon, qui a établi la carte de cette région , avait signalé la pointe Akosso comme éminemment favorable à la réalisation de ce projet. Des intérêts privés eurent raison de la logique et l'appontement actuel fut construit à plus d'un kilomètre de là, dans le but évident de rendre plus profitable l'exploitation de certains établissements, dont la grande utilité n'aurait cependant pas dû primer l'intérêt général de la Colonie.

Un phare à feu fixe, rouge et blanc, établi à quelques centaines de mètres de la pointe Akosso, signale aux navires la présence des bancs de sable du Talisman. Le feu blanc éclaire la pointe Akosso au devant de laquelle se trouvent les fonds favorables au mouillage des plus gros cargos.

La ville s'étend sur une longueur de 3 km environ. Une route en ciment évite aux colons la fatigue de la marche dans le sable. Cette route divise actuellement la

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ville en deux parties. De chaque côté se sont installées les factoreries et s'élèvent les bâtiments de l'Administration. On y construit l'Hôtel des Postes et l'Hôpital. La Banque de l'Afrique française y a commencé la première une construction en pierres de ciment, de fort belle apparence. Son exemple est suivi par l'Administration et le sera d'ici peu par les colons, dont la généralité s'est jusqu'à ce jour, contentée de cases en bois montées sur pilotis, en briques ou ciment armé. Les toitures en tôle ondulée remplacent rapidement les toitures en paille dont le renouvellement s'impose tous les deux ans.

Il faut rendre justice aux premiers colons qui, par leur audace, leur énergie, se sont accrochés à ce sol dénudé et aride, et souhaiter que l'Administration, malgré les difficultés financières et matérielles, se préoccupe davantage de ce port, dont le rendement pourvoit à lui seul à la presque totalité du budget de la Colonie.

Nombreuses sont les bonnes volontés qui ne demandent qu'à s'employer, aussi nombreuses sont les bourses qui s'ouvriraient pour aider à l'amélioration des voies de circulation, à la création d'un ou plusieurs postes d'eau potable, à sa distribution dans la ville, à la mise en service d'une voie Decauville montante et descendante qui, poussée vers le Sud-Est, permettrait aux colons de cette partie de la ville de profiter de cet avantage.

Une route s'impose le long de la plage, et comme à Grand Lahou, il semble possible de l'établir sans de trop grands frais, en utilisant les pierres de latérite des Grands Lacs ou les coquillages qui foisonnent sur les bancs du Yombé.

Les quelques marigots situés au centre de la ville et par delà la douane devraient être remblayés ; ce travail facile et peu coûteux assainirait considérablement la ville, qu'un canal d'irrigation isolerait clans la partie nord, des marais qui l'environnent.

Nous passerons sous silence l'absence totale de voierie

qui pourrait être imposée aux propriétaires des terrains.

Il est à remarquer que les maisons anglaises soignent particulièrement la tenue de leur enclos. Faut-il rappeler ici les résultats magnifiques obtenus par les Américains à Cuba, Colon, et par les Anglais dans les Colonies de la Nigeria, Sénégambie et Guinée Anglaise, au point de vue de la salubrité. Libreville, Conakry sont de petits jardins où l'Européen se plaît à vivre, où le Français éprouve de la fierté à voir flotter ses trois couleurs.

Il peut en être de même à Port-Gentil, à condition toutefois, que le travail de mise en valeur et que l'organisation des services publics ne procèdent pas par saccades, d'après les idées des administrateurs bien intentionnés, mais auxquels l'instabilité et les trop courts séjours ne permettent pas ou d'établir un plan général, ou de pousser à l'exécution de ce plan, s'il y en a un. Ne rien finir pour innover semble être de règle, quand on ne détruit pas.

Les exemples foisonnent :

La ligne télégraphique de Port-Gentil à Lambaréné commencée et abandonnée ;

Le wharf construit à Port-Gentil par l'Administration qui ne l'a pas encore réceptionné ;

Les arbres plantés par M. Rousselot le long de la plage et coupés par ordre de l'Administration pour établir un pilotis, d'ailleurs inutile.

Du côté des colons, les difficultés avec lesquelles ils sont aux prises n'excusent pas leur indifférence, quand il s'agit de l'intérêt général. Leur manque de cohésion et l'absence d'une organisation parmi eux se font lourdement sentir. C'est le résumé de nombreux entretiens que nous avons eus avec les plus expérimentés d'entre eux.

Douane. — Nous examinerons successivement la question douane aux points de vue juridique et commercial :

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Législation.

La colonie du Gabon a été, par arrêté du 10 janvier 1893, soumise à la loi du 11 janvier 1892, relative au nouveau tarif général des douanes et au décret du 29 novembre 1892 modifiant ce tarif.

Les commerçants de la colonie trouveront le texte de la loi et du décret à l'annuaire du Gouvernement Général de l'A. E. F., année 191 2, page 371 et suivantes.

Le régime douanier du Gabon a été successivement modifié par différents décrets, notamment celui du 3i décembre igo3.

A part les droits de douane fixés par les textes indiqués ci-dessus, différentes marchandises importées sont soumises à des taxes de consommation, dont le taux varie chaque année, suivant les dispositions prises par arrêté du Lieutenant-Gouverneur ou du Gouverneur Général.

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