INTRODUCTION
Une classificatiou rigoureasement scientifique m'aurait sans doute amené à présenter ce travail dans un ordre inverse de celui que j'ai adopté, si j'avais considéré celte élude autrement que dans ses visées pratiques. Mais comme ce rapport n'est nullement destiné à aller vieillir au milieu des paperasses historiques; comme il est au contraire destiné à être consulté le plus rapidement possible, j'ai pensé qu'il était plus rationnel d'en répartir les matières suivant l'intérêt immédiat que peuvent y attacher les gens d'affairas désireux de se tenir au courant.
Pour cette raison, au lieu de traiter en premier lieu de l'industrie locale à Fez, en continuant par le commerce local et en aboutissant finalement au commerce extérieur, j'ai pris le couLrepied de cette juxtaposition et j'ai tenu à exposer d'abord le résultat de mon enquête sur le commerce que fait la ville de Fez avec les pays étrangers d'Europe.
M. Gaillard, vice-consul de France à Fez, s'est mis très obligeamment à ma disposition pour me fournir un certain nombre de renseignements utiles, et pour me mettre en rapport avec des notables commerçants marocains. Si Bou
Médian, attaché à la chaacellerie du consulat de Fez, m'a également procuré de précieuses indications sur la situation économique de la ville. Enlin je n*ai qu'à me féliciter de la bonne volonté des négociants Fasi que j'ai interrogés et qui se sont prêtés de très bonne grâce à des interviews fastidieuses pour eux. Si Mohammed ben Thabet en particulier a été pour moi un profitable auxiliaire.
J'ai consulté utilement un assez bon lapport commercial (1) du docteur Cerdeira, médecin espagnol installé à Fez, publié à Madrid à la fin de 1903, uien qu'il y ail des réserves et des rectifications à faire sur certains points, notamment en ce qui concerne les indications relatives au capital des commerçants de la ville et la transcription très spéciale pour Torthographe des noms indigènes.
Les rapports commerciaux consulaires français, anglais et allemands qui paraissent à peu prés tcus les ans renferment des données intéressantes, mais trop souvent résumées et écourtées, parce que ces rapports sont destinés à faire partie de recueils généraux qu'on cherche à réduire le plus possible. De sorte que jusqu'ici on n'a pas- eu sur ia situation économique de Toz des renseignements suffisamment détaillés pour donner aux commerçants européens et plus particulièrement aux commerçants français une idée bien nette de cette situation.
La difliculté, la quasi-impossibilité même d'établir un exposé statistique dans un pays et dans une ville où on n'a aucun moyen de le faire par suite du manc^ue absolu de contrôle économique
(1) Minihterio de Estado. Centro de luformacion comerclal. — Memorias diplomaiicas y consulures é informaciones.
Numéro lA. Marruecos Fez. Memoria comerciale scrita per el Doctor Cerdeira. Décembre 1903, Madrid. Imprenta del Ministerio de Estade.
OU douanier, m'a conduit à reproduire intégralement tout ce que j'avais recueilli sous forme de renseignements vérifiés à Fez, même les indications de détail, de façon à suppléer par la minutie des informations à l'insuffisance des chiffres statistiques. Je ne prétends pas d'ailleurs avoir réalisé du premier coup ce tour de maître qui consisterait à fournir sur Fez un rapport économique accompli et définitif. Mes ambitions sont plus modestes. Ceci n'est dans mon esprit qu'une ébauche destinée à être complétée à mesure que j'aurai pu m'entourer d'éclaircissements nouveaux, à mesure également que mon expérience des choses du Maroc sera perfectionnée par des récherches nouvelles.
Provisoirement au moins, il était nécessaire d'avoir sur le commerce et l'industrie de Fez un exposé plus détaillé et plus technique que les rapports rapides et succincts parus jusqu'ici. Je serais très satisfait personnellement si la mission qu'a bien voulu me confier le Comité du Maroc me permet de réaliser cet objectif et d'être utile dans une certaine mesure aux commerçants et industriels français désireux de se renseigner sur ces questions économiques, plus que jamais intéressantes et vitales pour eux.