POUFS
On appelle poufs des montures de forme ronde dont le tour est en duvet d'autruche et le centre est constitué par une aigrette de crosse.
Après les avoir passé en vapeur, on fixe les brins d'autruche que l'on déchire par morceaux pour les fixer autour du pied de l'aigrette, en ayant soin de bien les peigner.
Pour les poufs bon marché, on remplace les brins d'autruche par un bord composé de duvets de qualité ordinaire, cousus sur laiton ; on enroule alors cette sorte de bord en spirale autour du pied de l'aigrette, qui est alors formée de crosse commune crossée avec une pince.
PLUMES NOUÉES dites "PLEUREUSES"
Ce genre de plumes existe depuis longtemps et nous en trouvons des dessins dès le commencement du XIXe siècle dans les journaux de modes, où il est désigné sous le nom de « saule » ; telle est la garniture de chapeau que
Chapeau de salin garni d'un saule
nous représentons ci-contre et qui a paru dans le numéro du 31 janvier 1828 du « Journal des Dames et des Modes ».
Pour faire une pleureuse, on commence par coudre deux brins ensemble comme pour une plume amazone ordinaire ; d'autre part on choisit des brins dont le duvet doit être de même qualité que celui des premiers, on coupe les barbes avec des ciseaux au ras de la côte et on les pose sur une table dans l'ordre où elles se trouvaient fixées sur la tige de ces brins.
Il est préférable de choisir des brins dont les barbes soient toutes aussi longues, ce qui se rencontre facilement dans les tierces.
Puis on prend les duvets les uns après les autres, en commençant par la tête et on y ajoute ceux que l'on a coupés en les attachant au moyen d'un nœud de tisserand.
Il faut bien serrer les nœuds, puis couper avec des ciseaux les deux bouts qui dépassent, mais cependant pas trop près du nœud, car le duvet pourrait glisser et tomber.
Quand tous les duvets ont été noués ainsi, l'ouvrière pose la plume à plat sur la table, le pied tourné vers elle ; pour la friser, elle prend les brins de duvet noués par pètes pincées, en ayant soin de les tenir au-dessous du nœud, et elle les frise à la manière habituelle.
Quand tous les duvets ont été frisés, l'ouvrière donnera à la tête la courbe voulue et procédera à l'opération du « passé » comme pour les plumes ordinaires.
Si le travail du nouage a été bien fait, le duvet ne tombe pas quand on imprime à la plume quelques secousses brusques.
En général, le nouage ne se fait qu'après teinture ; il peut arriver cepen-
Nouage de la plume.
dant qu'on ait besoin de teindre des plumes quand elles sont déjà nouées, bien que cela soit à éviter.
Nous recommandons l'emploi d'un appareil spécial, il se compose d'une boite rectangulaire en cuivre, ayant comme dimensions : longueur, o m. 55 ; hauteur, o m. 10; largeur, o m. 15. Cette boîte est percée de petits trous sur ses quatre faces et sur le fond ; elle est fermée par un couvercle en cuivre plein et munie à ses deux extrémités de pattes à crochet, qui servent à la suspendre aux bords de la bassine.
Récipient pour la teinture des pleureuses
On y enferme la pleureuse à teindre et on plonge le tout dans le bain de teinture; si des duvets se détachent, ce qui arrive toujours plus ou moins,
ils ne peuvent se perdre et on %) les retrouve facilement pour les rattacher ensuite.
Pour le savonnage, on peut se servir d'une cuve en bois avec un fond en toile de
Cuve pour ii savonnage cUs pleureuses. CUlVTe tl'CS fine.
On peut faire des plumes nouées deux et même trois fois, c'est-à-dire ■composée d'une plume à laquelle on a attaché deux ou trois duvets bout à bout ; on peut également donner aux plumes pleureuses des aspects très variés, au moyen de la teinture, soit en nouant par exemple des duvets d'une teinte différente de celles du corps de la plume, soit par des combinaisons de bordé, de dégradé et de nacré, tant pour le corps que pour le duvet noué.
L'importance prise par la mode des pleureuses, au cours de ces dernières années, a été telle que les cours de certaines sortes de plumes,
f 11„„ , ... 1 . • Plume nouée et fnmatée
telles que les tierces,
subirent une hausse sensible, due à l'énorme demande qui en était faite.
PLUME dite "FOLLETTE"
Ce genre de plume, que l'on appelle aussi « frimatée », est fabriquée généralement avec du veule.
On commence par séparer le brin en deux parties, en coupant la tige par le milieu, puis chacune de ces parties est tournée au-dessus de la vapeur, en procédant d'une façon analogue à celle employée pour les boas.
Ces brins sont montés les uns à côté des autres sur des laitons ; on leur donne les formes et les dimensions les plus variées, mais la monture la plus usitée est le pouf, qui se compose d'une tige centrale avec des tiges rayonnantes.