‹ Le commerce et l'industrie de la plume pour parureChapitre 111 sur 152 · PELERINES · texte numérisé non relu

PELERINES

On commence par exécuter un patron en mousseline de la forme voulue, sur lequel on vient coudre côte à côte les différents genres de bords que nous avons décrits ; la pèlerine est généralement bordée avec un brin d'étole.

Pour les modèles riches, la plume est appliquée d'abord, puis frisée quand tout est recouvert ; on mélange souvent l'autruche avec du marabout et on comprend qu'il soit possible d'obtenir une grande variété d'aspects.

A certaines époques, on a même fait, comme nous l'avons vu, des vêtements entiers en plumes.

PLUMES dites "COUTEAUX"

Lorsque nous avons expliqué le travail de l'assortissage, nous avons vu que la plupart des brins présentaient des défectuosités de duvet plus ou moins apparentes.

Il y a, cependant, dans les qualités courantes de mâle ou de femelle, un certain nombre de brins sans défauts, dans lesquels les barbes sont assez régulièrement disposées et d'égale longueur de chaque côté; on peut alors

employer ces brins seuls sans doublure, en ne frisant que légèrement l'extrémité des barbes et sans leur donner aucune courbe, c'est ce qu'on dénomme des « couteaux ».

Quelquefois, et pour en varier l'aspect, on y pra-

Ciseaux à déchiqueter , <.;„„„,,*-

tique des echancrures au moyen des « ciseaux a déchiqueter » ; ce sont des ciseaux de forme courante, mais dont la lame maîtresse porte des echancrures plus ou moins larges. Les duvets ne subsisteront que dans les parties correspondant aux echancrures; quelquefois, on noue ces duvets pour obtenir un aspect original et on peut, du reste, faire beaucoup de combinaisons.

ETOLES et BOAS en AUTRUCHE

Le boa est une sorte de longue cravate en plumes, qui, comme son nom l'indique, affecte un peu la forme d'un serpent; il est généralement plus gros au milieu qu'aux deux bouts.

U et oie est formée de quatre ou cinq petits boas justaposés, mais qui sont de même diamètre sur toute leur longueur.

Lorsque le boa n'a que la longueur nécessaire pour faire le tour du cou, il reçoit le nom de collier.

Boas. — Le mode de fabrication est, à peu de chose près, le même poulies boas et les étoles.

On commence par assortir des plumes, dont le duvet a la longueur voulue pour qu'après la frisure on obtienne le diamètre demandé; les brins destinés à constituer le milieu du boa doivent naturellement avoir des duvets plus longs que les autres.

Ces plumes sont alors décotées au moyen du couteau à parer sur toute la longueur de la tige; on commence par fendre la plume par le milieu; au moyen du couteau à parer on enlève la côte et on termine en coupant ce qui reste avec des ciseaux, de façon à ne laisser subsister que la matière juste nécessaire pour relier les duvets entre eux.

On superpose trois épaisseurs, ou même davantage, de ces plumes, mises bout à bout, en les étageant et de façon à obtenir la longueur voulue; il faut tenir la bande d'une longueur un peu supérieure à celle que doit avoir le boa, car le tournage produit naturellement un raccourcissement sensible.

La couture des bandes doit être faite à points très rapprochés, car en raison de la ténuité du restant de la tige, on n'aurait pas de solidité.

Cette couture est faite sur une ganse de coton doublée, sur laquelle est enroulé un fil de laiton fin et souple.

Pour donner à cette bande de plumes la forme d'un boa, il faut procéder à une opération qui a reçu le nom de « tournage ».

On serre l'extrémité dans une pince fixée au bout d'un petit arbre que l'on peut faire tourner au moyen d'une manivelle ; pendant ce temps, une ouvrière maintient solidement l'autre extrémité du boa; en opérant ainsi, la bande de plumes, préparée comme nous l'avons dit, s'enroule sur elle-même en diminuant un peu de longueur à chaque tour, la ganse de coton et le petit laiton se tordent et les duvets forment une sorte d'hélice, dont les spires se rapprochent de plus en plus les unes des autres.

Pendant que ce mouvement de torsion générale se produit, les deux ouvrières frottent le boa avec la main, de telle sorte qu'à la fin de l'opération, les duvets se trouvent régulièrement espacés et répartis sur toute la longueur. Tour a boas

Le tournage doit se faire dans la vapeur, et on peut employer pour cela

vin appareil assez pratique, qui se compose d'une sorte d'auget (A), en tôle galvanisée, dont le fond est légèrement en pente pour l'évacuation de l'eau de condensation, et dont le dessus est recouvert d'une plaque de cuivre (B) percée de petits trous.

Dans cet auget, d'environ trois mètres de longueur, se trouvent, placés bout à bout, trois tuyaux en cuivre (C), percés de trous à leur partie inférieure.

Chaque tuyau est fermé à ses extrémités et est alimenté par un robinet

Appareil spécial pour le passage en vapeur des boas

correspondant, amenant la vapeur d'une conduite (a), placée à côté de l'appareil et un peu au-dessus.

On comprend qu'on pourra ainsi ne donner la vapeur que sur une longueur correspondante à celle du boa.

Quand le tournage est terminé, il faut tendre le boa sur un cadre en bois pour le faire sécher à l'air libre.

On se sert aussi, quelquefois, d'un appareil permettant de tourner à la main, mais ce système à l'inconvénient d'immobiliser les deux mains de l'ouvrière qui l'emploie, aussi est-il moins usité que le premier, qui peut du reste

être fixé commodément sur la même table que l'auget à vapeur.

Pour la frisure, 01. se sert du couteau à friser de la façon que nous avons indiquée pour les plumes; on commence par une des extrémités du boa, après avoir glisse sur lui une bague en papier assez étroite pour maintenir les duvets et ne les laisser sortir qu'au fur et à mesure qu'on les frise ; de cette façon, et en opérant sur de petites parties successives, on sera sûr de n'oublier aucun duvet.

Quand le boa est de bonne qualité, on le constitue comme nous l'indiquons ci-dessus; pour les sortes plus communes, on commence par fabriquer une première bande de plumes, appelée « fond », au moyen de trois ou quatre

Tour .1 main» pour Bojs

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l'attie d'un Boa montrant la frisme

épaisseurs de plumes veilles; sur ce fond on vient coudre une autre bande simple de duvets de meilleure qualité et un peu plus longs, puis on tourne le tout ensemble comme nous l'avons expliqué.

Etoles. — On procède absolument comme pour fabriquer les boas; cependant les plumes employées doivent avoir, en principe, des duvets plus courts et tous de même longueur; pour la couture on ne met qu'une simple ganse sans fil de laiton, afin de laisser toute la souplesse voulue.

Quand les quatre ou cinq petits boas, nécessaires à la confection d'une étole, ont été tournés et frisés, on les juxtapose en les rattachant les uns aux autres au moyen de bouts de ganse fins, placés en travers et espacés de 7 centimètres environ.

On commence par fixer une ganse au milieu de la longueur de l'étole et on se sert, pour obtenir un écartement régulier, d'un petit morceau de carton coupé aux dimensions voulues.

La largeur des bouts de ganse est calculée de telle sorte qu'après montage il ne subsiste pas de jours entre les petits boas qui forment l'étole et qui doivent être tous bien parallèles.

Machines à décoter. — Pour la fabrication des boas bon marché, il est plus économique de se servir d'une machine à décoter les plumes.

Il existe un certain nombre d'appareils de ce genre, mais nous ne décrirons que celui qui a été imaginé et construit par M. Pavard, et qui nous semble le mieux étudié comme marche et comme rendement.

Cette machine se compose d'un bâti portant deux cylindres cannelés A et A', tournant en sens inverse et entre lesquels la plume se trouve entraînée à une vitesse modérée et constante ; au sortir de ces cylindres, la plume vient se placer sous une fraise B tournant à très grande vitesse et dont les dents enlèvent la surface de la côte; le réglage de l'épaisseur à enlever est obtenu au moyen d'un plateau C, qu'on peut approcher plus ou moins de la fraise, au moyen de vis. Le rendement de cette machine est de 3 k. 500 à 4 kilos par jour et varie avec la sorte de la plume à travailler et aussi selon l'habileté de l'ouvrière. La fraise peut être remplacée par une meule corindon fine, qui permet de décôter la partie supérieure de la tige.

Machine à décôter Syst. Pavard)

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