TRAITEMENT DE LA PLUME FANTAISIE
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Avant d'être réunies, montées ou collées pour obtenir les modèles de garniture que l'on désire, les plumes fantaisies subissent une série de manutentions analogues à celles décrites pour la plume d'autruche.
C'est ainsi qu'il faut les nettoyer, les trier, les classer par longueur, largeur, nuances et qualités, soit avant, soit après le savonnage, suivant la sorte mise en œuvre ; on peut aussi faire un classement grossier avant et un autre définitif ensuite; ce système est même préférable pour les sortes qui sont très mélangées comme qualité car il permet de faire subir à chaque partie un traitement approprié.
Le classement a une importance très considérable surtout pour les sortes chères comme l'aigrette, la crosse, le paradis, le goura, etc.. Un bon fabricant ne doit jamais rien mettre au rebut car tout peut s'employer, mêmes les sortes les plus ordinaires quand on connaît bien le métier.
Quand les plumes ont été classées et après les avoir blanchies ou teintes, on procède à leur montage pour créer des fantaisies dont la variété est infinie.
Les combinaisons de nuances, l'assortissage des sortes de duvets, l'utilisation des formes très variées des plumes exigent de la part de l'ouvrière fantaisicienne du savoir faire, du goût et du coup d'œil. Ce n'est qu'après une longue pratique qu'on peut arriver à tirer parti de l'infinie variété de formes, d'aspect et de coloration que présentent les plumes des oiseaux. Qu'il nous soit permis d'exprimer ici le regret de voir attacher si peu d'importance à l'ornithologie dont la connaissance même succincte permettrait bien souvent aux fabricants et à leurs ouvrières de savoir tirer meilleur parti des merveilles que la nature met à leur disposition.
Un autre reproche qu'on pourrait également faire à beaucoup est de ne pas connaître les premiers éléments du dessin ; il arrive très souvent en effet qu'un fabricant dont l'œil est exercé et qui a pour lui une grande expérience de son métier, conçoit l'idée d'un modèle qui peut être excellent mais, ne sachant pas dessiner, il lui est impossible d'abord de se rendre compte de l'effet produit et aussi très difficile de le décrire à ses ouvrières.
Les bonnes ouvrières deviennent aujourd'hui de plus en plus rares; en effet, les parents cherchent surtout pour leurs enfants une place où elles puissent gagner de suite sans faire, pour ainsi dire, aucun apprentissage; il en résulte que, d'une part, celles qui en font un étant le petit nombre, on ne trouve plus que difficilement de bonnes fantaisiciennes, et d'autre part, celles qui n'en ont pas fait se sont spécialisées dans un genre de travail qu'elles connaissent seul à l'exclusion de tout autre.
Il faudrait par tous les moyens chercher à avoir des apprenties qui deviendraient plus tard de véritables et bonnes ouvrières et c'est la tâche que s'est imposée avec succès l'Assistance Paternelle des Fleurs et Plumes.
Le Gouvernement ne saurait trop prodiguer ses encouragements et son concours financier à ceux qui consacrent leur temps et leurs efforts à une œuvre d'où peut dépendre l'existence même d'une industrie importante et essentiellement française.