PARAGE
Le parage a pour but d'assouplir la tige en lui enlevant sa partie cornée au moyen d'un couteau spécial dont nous avons vu l'emploi dans la fabrication de l'autruche. La plume étant tenue par la pointe entre le pouce et l'index, on enlèvera le dessous de la tige en descendant vers le pied. Cette opération
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doit être faite lentement et avec beaucoup de précautions, car la tige est souvent assez fragile et la moelle très tendre.
Pour certaines sortes bon marché employées en grandes quantités et assez résistantes, on pourra se servir de la machine à parer.
On passe également en vapeur beaucoup de sortes de plumes fantaisies.
On peut obtenir toute espèce de formes variées avec les fantaisies faites en plumes collées en se servant de carcasses formées d'ouate et de laiton et copiées sur un patron en papier.
COLLAGE ET REMPLUMAGE
Les plumes sont préalablement débarrassées du duvet cotonneux qui en garnit presque toujours le pied et appliquées à l'aide d'un couteau ou d'une pince sur la carcasse à laquelle elles seront collées au moyen d'une dissolution de gutta-percha dans la benzine ou dans l'essence.
Les plumes sont ainsi juxtaposées soigneusement en tenant compte de leur sens, de façon à obtenir un aspect bien régulier.
Le remplumage est un travail très minutieux et qui exige beaucoup d'attention surtout quand il s'agit de plumes très petites et qui demandent par suite à être disposées avec soin pour obtenir un aspect bien net; tel est le cas pour les très petites plumes provenant de la gorge de beaucoup d'oiseaux et dont généralement l'extrémité seule est de couleur chatoyante, et doit être seule apparente après remplumage ; la plupart du temps on coupe avec des ciseaux la partie de la plume qui n'est d'aucune utilité pour ne laisser subsister que celle qui doit servir à remplumer ; on évite ainsi une surépaisseur qui donnerait un aspect lourd à la fantaisie fabriquée.
BRULAGE
Pour obtenir avec des plumes bon marché un aspect rappelant celui de certaines plumes de prix, on les soumet à un traitement qui a reçu le nom de brûlage.
Avant de décrire cette opération, il est bon de rappeler que les barbes de la plupart des plumes portent, comme nous l'avons vu, de petites barbes secondaires, appelées barbules qui, selon leur abondance, donnent au duvet un aspect plus ou moins fourni.
Les cellules constitutives de ces barbules ont une consistance beaucoup moins grande que celle des barbes sur lesquelles elles sont implantées.
Le brûlage a pour but de faire disparaître ces barbules en laissant les barbes intactes, c'est ce qu'on appelle le « brûlé fil ». Voici comment on procède :
On commence par bien savonner la plume que l'on rince et que l'on sèche ensuite.
Supposons que nous ayions à « brûler-fil » o kil. 500 de plumes de coq. Le bain sera constitué comme suit :
Eau
Extrait de Javel à 30°-40° Baume.
10 litres 7/2 litre
On porte ce bain et on le maintient à la température de 500 à 60" C, puis on y fait tremper les plumes en les y brassant continuellement pendant dix à quinze minutes; ce temps est naturellement variable selon la nature de la plume traitée et le degré de brûlage que l'on veut obtenir; on reconnaît
Coq souple avant et après brûlage
Coq raide blan; avant et après brûlage
que le bain est bon quand pendant l'opération il se produit à la surface une légère nappe blanchâtre.
Il est essentiel que les plumes soient absolument sèches dans toutes leurs parties avant de les plonger dans le bain de brûlage ; sans cela la pénétration du liquide de ce bain ne se ferait pas d'une façon régulière et toutes les barbes n'auraient pas le même aspect.
Après le bain de brûlage on rince à froid et on passe à trois ou quatre bains de piquage à l'acide sulfurique; il faut avoir soin de ne procéder au piquage que lorsqu'on a obtenu le degré exact de brûlé désiré.
Les plumes que l'on soumet le plus généralement au brûlage sont celles de l'oie, de la dinde, du cygne, du coq, du nandou et du faisan.
Nous représentons ci-contre des plumes de coq avant et après brûlage ; comme on peut le voir, le coq souple brûlé peut servir à obtenir une imitation assez grossière du paradis, mais la tige et les barbes n'ont bien entendu ni la souplesse ni le brillant de ce dernier; on imite également assez bien le paradis avec du nandou.
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Lse plumes brûlées fil peuvent être teintes et même légèrement frisées.
On brûle aussi quelquefois les plumes d'autruche en les mettant en plaques et on ODtient ainsi des effets assez curieux.
.t\utre procédé pour obtenir un duvet fil. — Le brûlage présente l'inconvénient que nous avons, du reste, signalé, de donner une certaine raideur aux oarbes ainsi traitées. On a donc cherché à remédier à ce défaut et on y est parvenu en se contentant de passer les plumes dans des bains de gommage qui unt pour but de coller les barbules sur les côtes des barbes qui conservent toute u'ur souplesse en laissant aux plumes toute la grâce et la légèreté qui les caractérisent.