FRANCE
L'industrie plumassière emploie surtout des femmes, les hommes n'étant occupés qu'aux opérations mécaniques et à la teinture et se trouvant seulement dans la proportion de i à io.
Depuis une douzaine d'années, les salaires n'ont pas beaucoup changé et varient entre 3 fr. 50 et 7 francs par jour, suivant le genre de travail et l'habileté de l'ouvrière ; en général le travail de couture, de frisure et de monture est payé aux pièces ; certaines ouvrières très habiles gagnent en moyenne de 8 à 10 francs par jour.
Autrefois, la mode voulait qu'on employât de préférence les fleurs en été •et les plumes en hiver ; il en résultait pour les plumassiers une période de morte-saison, qui s'étendait de décembre ou Janvier à mai ou juin; aussi beaucoup d'ouvrières plumassières travaillaient-elles chez les fleuristes pendant cette période de l'année.
Depuis quelques années, il n'en est plus ainsi, et il est même arrivé que ies plumes furent très portées pendant les mois de printemps et d'été ; il en est résulté que les ateliers de plumes, tout en travaillant naturellement davantage pendant la saison d'hiver, ont pu conserver la plus grande partie de leur personnel pendant la saison d'été. Il y a lieu de remarquer que cette manière de faire est très normale chez les fabricants qui travaillent pour les commission-
naires ou l'étranger ; on comprend, en effet, que les saisons n'ayant pas lieu aux mêmes époques dans tous les pays, il y a des acheteurs à presque tous les moments de l'année.
Les plumassiers emploient aussi un certain nombre d'ouvrières travaillant chez elles particulièrement pour la couture et la frisure des articles classiques et courants.
Quelques ouvrières connaissant bien le métier ont même créé des sortes d'ateliers, dans lesquelles elles font travailler à façon pour les fabricants ; ce système s'est beaucoup développé en igio, au moment où les plumes nouées étaient en grande vogue.
Le nombre des personnes employées à la fabrication s'élève à environ 25.000, dont seulement 2.000 hommes, répartis dans près de deux mille ateliers d'importance très variable; mais il faut au moins doubler ces chiffres si l'on tient compte du personnel accessoire non réellement employé à la fabrication. Peu d'industries ont progressé aussi rapidement que celle de la plume pour parures, comme on peut en juger par les quelques chiffres ci-dessous.
1865 5.500.000 francs 1890 33.230.000 francs
En 1896, les exportations dépassaient de près de 20 millions les importations, tandis que deux ans après, en 1898, elles leur étaient inférieures de 250.000 francs. Il y avait donc lieu de s'inquiéter du développement de plus en plus grand de cette industrie à l'étranger, en Allemagne surtout, où la main-d'œuvre est moins chère ; en mettant en plus dans la balance les droits énormes payés à l'entrée de ces articles aux Etats-Unis, il était à craindre que ces facteurs réunis n'entrainassent une réduction ou un ralentissement de la plumasserie française. ,
En réalité, les chiffres d'exportation ont subi des fluctuations assez importantes avec minimum en 1905 et maximum en 1909, tandis que ceux de l'importation, qui se compose pour la presque totalité de plumes brutes, ont toujours été en augmentant, et se maintiennent depuis quelques années.
Le petit tableau ci-après donne la valeur en milliers de francs des importations et exportations pour les dix dernières années (commerce général).