‹ Le commerce et l'industrie de la plume pour parureChapitre 141 sur 152 · IMPORTATIONS EXPORTATIONS · texte numérisé non relu

IMPORTATIONS EXPORTATIONS

La mise en vigueur de la loi Audubon aux Etats-Unis, fera certainement diminuer sensiblement le chiffre d'exportation, si cette loi est appliquée dans toute sa rigueur, comme il y a tout lieu de le croire pour le moment.

Il est à remarquer qu'une grande quantité de plumes est expédiée à l'étranger à l'état de garnitures posées sur les chapeaux et figure par suite au chapitre « Modes », dans la statistique des douanes; d'autre part, celles exportées en colis-postaux échappent également au contrôle ; il en est de même pour celles

que les clients étrangers emportent avec eux dans leurs malles et dont la valeur est assez considérable.

La consommation intérieure est énorme et peut s'évaluer facilement ; en effet, pour 1912, par exemple, la valeur totale des importations des plumes de toutes sortes atteint le chiffre de 78 millions, alors que les exportations représentent 54 millions, auxquels il y a lieu d'ajouter une somme importante pour les plumes de production nationale ; en outre, pour le même exercice, les importations de plumes brutes se montant à 63 millions et les exportations à 10 millions seulement, il reste donc, en France. 53 millions de plumes brutes, qui y sont manufacturées et consommées.

Il résulte de tout ce que nous venons de dire que, dans l'état actuel de l'industrie de la plume pour parure en France, le chiffre d'affaires annuel représente une somme bien supérieure à cent millions de francs.

Si nous examinons maintenant les tableaux d'exportation et d'importation publiés par l'administration des douanes, nous pourrons en tirer quelques remarques utiles.

Qu'il nous soit permis d'abord de dire que la classification adoptée pour cette satistique ne répond nullement aux besoins actuels de notre commerce. En effet, pour l'importation, par exemple, on a groupé les plumes de marabouts avec celles des oiseaux de paradis, ce qui n'a aucune raison d'exister, attendu que ces derniers proviennent toujours et uniquement de la Guinée et qu'ils font l'objet d'expéditions très distinctes, qui permettraient facilement d'en relever les chiffres spéciaux.

Le Venezuela, d'où la France reçoit des envois très importants d'aigrettes, ne figure même pas au nombre des pays qui lui en fournissent ; une assez grande quantité de crosse et d'aigrette est importée d'Angleterre, et rien ne figure au tableau pour ce pays; il en est de même pour les Indes anglaises, d'où en provient une bonne quantité, surtout en ce qui concerne la crosse.

Il est vrai que peut-être ces importations sont totalisées dans la colonne « autres plumes », mais cela nous paraît insuffisant, d'autant plus qu'il serait très facile de les porter à la colonne spéciale, étant donné que la plupart du temps ces marchandises font l'objet de colis bien spéciaux, le plus souvent assurés.

La preuve que ce nous demandons est possible, c'est que cela se fait dans d'autres pays, comme l'Angleterre, par exemple, où la statistique est bien nette et des plus instructives.

C'est la Grande-Bretagne qui est naturellement notre plus gros fournisseur de plumes d'autruche brutes; les chiffres donnés pour l'Uruguay et la République Argentine sont portés par erreur à la même rubrique, car ces pays n'importent en France que des plumes de nandou (vautour).

Dans la catégorie « autres plumes », les chiffres d'importations les plus importants sont ceux de l'Allemagne, de l'Autriche de la Grande-Bretagne.

En ce qui concerne les exportations, c'est la Grande-Bretagne qui est le plus gros client de la France ; viennent ensuite les Etats-Unis, le Canada, l'Allemagne, la Suisse et l'Italie, mais avec des chiffres beaucoup moins élevés.

u u z < oc u.

H D OC ÛQ

Page 1