AMERIQUE
Il y a une trentaine d'années que furent créées les premières fermes d'autruches en Amérique, et en 1905 le nombre d'oiseaux atteignait le chiffre de 2.000, dont 1.500 pour l'Arizona et le reste dans la Californie, la Floride et TArkansas. Des essais d'élevage ont bien été tentés à Chicago, mais ils n'ont pas réussi, car les plumes récoltées étaient de très mauvaise qualité.
Arizona. - - L'élevage de l'autruche a fait de grands progrès dans cet Etat depuis quelques années, et en 1910 le nombre des oiseaux y était de deux à trois mille. Le climat semble favorable pour la reproduction aussi bien que pour l'obtention de plumes de bonne qualité. Il existe près de Phœnix une étendue de 200.000 acres (environ 75.000 hectares) pouvant être assez facilement irrigués et divisés au moyen de clôtures de fil de fer en petits enclos pour les couples reproducteurs et pour les poussins.
Les premiers oiseaux y furent amenés en 1888 de Californie et aussi de l'Afrique du Nord; en 1893, on en comptait 1.300 et en T909 leur nombre était de 2.800.
Le prix des terrains varie de 200 à 250 francs l'acre, selon la plus ou moins grande facilité d'irrigation, dont le coût est compris entre 2 fr. 50 et 12 fr. 50 par an.
On compte un acre de luzerne pour quatre oiseaux pendant la bonne saison, et en hiver la nourriture se compose de luzerne hachée, de foin et de trèfle mélangé à du son mouillé ; il faut compter 3 livres de foin et 1 livre de son par autruche et par jour; on donne aussi comme nourriture aux oiseaux du blé, du maïs, de l'orge et des pois, et de l'eau à boire à discrétion.
La valeur des plumes en Amérique est basée sur les cours du marché de Londres qu'elle excède d'environ 15 0/0, plus les frais de transport; un droit a été mis dernièrement sur les plumes de provenance étrangère. Une autruche qui coûte en moyenne 1.250 francs, peut produire r livre 1/2 de plumes d'une valeur moyenne de 100 francs la livre.
On récolte tous les huit mois pour 75 à 100 francs de plumes, ce qui est d'un assez bon rapport.
58 LE COMMERCE ET L'iXDUSTRIK
Les deux modes d'incubation sont employés, mais l'élevage des poussinest assez difficile ; on ne compte guère comme rendement que cinq petits par couple, en raison de l'infertilité fréquente des œufs et aussi des maladies du <( zvire zvortn » et du « yellow-liver ».
Floride. — C'est seulement en 1900 que l'élevage débuta dans ce pays avec une trentaine d'autruches, mais le climat y est très défavorable et on ne peut guère compter pour l'obtention des poussins que sur environ 21/2 0/0 du nombre des œufs soumis à l'incubation.
Californie. — La première ferme y fut créée en 1886, a Pasadena, Los Angeles, par M. Edwin Cawston, qui fit venir 50 autruches du Cap, via Gaiveston. Beaucoup de ces oiseaux moururent pendant la traversée et quelquesuns à l'arrivée, si bien qu'il n'en parvint qu'un petit nombre à Pasadena.
Depuis, on en fit venir d'Egypte et en 1907 le troupeau se composait déjà de 700 oiseaux. La nourriture est entièrement artificielle, car le terrain a. dans cette contrée, une trop grande valeur pour être transformé en pâturage : elle est constituée par des grains et de la luzerne hachée. Les maladies y sont rares et l'éclosion s'y fait dans la proportion de 20 0/0 des œufs soumis à l'incubation.
Les oiseaux sont indemnes du ver solitaire ; quelques-uns sont morts du « wire<-worm », surtout à l'époque de la mue, moment où ils sont très fatigués. Les plumes récoltées ont un duvet beaucoup plus sec et plus léger que celles du Cap.
Une nouvelle exploitation s'est créée récemment à Whittier et on y fait usage de la couveuse avec succès.
Argentine. — Dans les fermes de ce pays, on élève en même temps les autruches et les nandous. 11 y a une vingtaine d'années, un Australien, M. James Surray. avait tenté d'y acclimater l'autruche du Cap; une ferme avait été installée dans ce but à « Général Rodrigue:: », près de Buenos- Aires ; cet essai donna des résultats défavorables et l'exploitation fut abandonnée au bout de quelques années. En 1907, le recensement donnait 422.000 oiseaux, parmi lesquels on comptait seulement 13.000 autruches de la race de l'Afrique du Sud. C'est en 1880 que furent importées dans ce pays 100 autruches du Cap (Douglass, Ostrich farming in South Africa), d'où proviennent évidemment tous les oiseaux existant actuellement.
Les exploitations sont situées dans les provinces de Buenos-. Vires, Entre- Rios. Corrientes et Pampa, dont le climat est propice. "
Le prix moyen des plumes varie entre 7 et 14 dollars par kilo, mais les plumes des nandous entrent pour une très forte part dans cette estimation.
L'exportation des plumes se chiffre comme suit :
1904 0-733 kilos
La diminution de l'exportation provient du développement de l'industrie nationale.
MM. Sciama et C"', les commerçants en plumes brutes bien connus, ont à Buenos-Aires une agence d'où ils expédient de grandes quantités de plumeen Europe.
L'Allemagne, en T907, recevait pour sa part 22.000 kilos environ.