ELEVAGE D'AUTRUCHE EN ITALIE
Nous extrayons du rapport publié par M. E. de Sainville, dans le Bulletin du 15 octobre 1913, de la Société Nationale d'Acclimatation, les renseignements suivants sur l'autrucherie de Païenne :
La « Societa Allevamente Strussi ad Industria Piume » a été fondée en avril 191 1, par MM. Lojacono et C", qui achetèrent deux mâles et une femelle de l'espèce « molybdophanes » d'Abyssinie, expédiés par Port-Soudan, et deux mâles et trois femelles de l'espèce « struthio australis », expédiés de l'autrucherie de Nice ; un mâle et une femelle sont morts en route en se débattant dans leur emballage, et M. Lojacono recommande à ce sujet de ne jamais faire voyager les autruches en caisses closes, mais plutôt par wagon, comme pour les bœufs.
Quoi qu'il en soit, il ne restait donc que trois couples, dont un mâle et femelle abyssins, un autre mâle et femelle du Cap, et un troisième formé, par suite des circonstances, d'un mâle abyssin et d'une femelle du Cap.
Il résulte de ces expériences qu'il est bon d'avoir des reproducteurs assez âgés, car ceux de trois ans ne donnent que des produits inférieurs.
Les parcs de l'alerme ont comme dimensions 20 mètres sur 80, avec des clôtures en planches de 1 m. 60 de hauteur, avec poteaux espacés de 3 mètres. Ces parcs sont situés dans une grande prairie naturelle plantée d'oliviers et en pente.
Les oiseaux sont logés dans d'anciennes carrières spécialement aménagées et où ils trouvent de la fraîcheur en été; pour les jeunes on a disposé une étable analogue bien close.
Les autruches se sont habituées à prendre leur nourriture, à pondre et même à s'accoupler dans ces étables.
Ces oiseaux sont extrêmement doux et apprivoisés. La campagne 1912-1913 a donné de bons résultats et celle de 191 3-19 14 commence très brillamment.
Il est à remarquer que le terrain des parcs n'est pas sablonneux, mais de nature silico-argileuse, et cependant les autruches s'en accommodent fort bien.
Les plumes sont visitées tous les quinze jours en coupant celles qui sont mûres et en soignant celles dont le fourreau pourrait gêner le développement normal. Il est certain que toutes les plumes n'arrivent pas à maturité en même temps et que cette méthode semble préférable à celle d'une seule récolte annuelle.
Tous les œufs sont enlevés pour l'incubation artificielle et la ponte est prolongée de novembre à mai, si bien qu'une seule femelle âgée de quatorze ans a donné 84 œufs.
L'incubation, faite à une température de ^ degrés constants, a donné 70 0/0 d'éclosions faciles, sans éclopés, et la moyenne des fécondations a été d'abord de 75 0/0, puis ensuite de too 0/0. Les autruchons ont été divisés par lots auxquels on a donné des nourritures différentes, mais seuls ceux nourris avec de la luzerne ont réussi et sont devenus très vigoureux ; une forte proportion de jeunes est morte du « yellovv-liver ». La nourriture des reproducteurs consiste principalement en luzerne, trèfle ou toute autre herbe fraîche coupée en morceaux de 15 a 20 centimètres de long. Pendant la période de sécheresse, on donne du foin sec coupé et humecté et on y ajoute du maïs, du blé, des déchets de macaroni ou un peu d'os broyés; on leur donne en outre de l'eau pure à volonté.
M. Lojacono déclare qu'en moyenne, avec les frais d'acquisition, de voyage et la perte des autruches mortes en route, le couple lui est revenu à 3.000 francs environ ; il est permis de croire qu'en prenant les précautions nécessaires, on pourrait peut-être abaisser ce prix à 2.000 francs, ce qui permettrait d'obtenir au bout de peu d'années un rapport considérable dans un élevage fait par cette méthode.