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ÉLEVAGE DE L'AUTRUCHE AU CAP

HISTORIQUE

C'est à la suite des essais tentés en Algérie par les Français, et en s'inspirant de leurs procédés que les Anglais sont arrivés à domestiquer l'autruche dans leur colonie du Cap.

Leur première autrucherie ne fut installée au Transvaal qu'en 1865. soit huit ans après les premiers fermages algériens et c'est en 1870 que, pour la première fois, un fermier du Cap obtint la reproduction des autruches à l'état domestique, grâce aux incubateurs perfectionnés par M. Douglass. d'Heatherthorn, district d'Albany. Ce très intelligent fermier qui formula les premières règles fondamentales de l'élevage de l'autruche dans son remarquable ouvrage : « Ostrich farming in South Africa », fut l'inventeur de l'incubateur « Eclipse ». basé sur les observations qu'il avait faites de l'incubation naturelle.

Il avait divisé sa ferme en un certain nombre de parcs entourés de palissades, système de distribution qui a donné depuis les meilleurs résultats. Il comptait un mâle pour trois femelles en pratiquant le système de l'incubation artificielle, tandis qu'avec l'incubation naturelle, il accouplait les oiseaux par paires.

Au début, les méthodes employées par les fermiers étaient très variées, car il n'y avait pas encore de règles bien définies.

D'après le système généralement usité, les autruches devaient trouver leur nourriture sur le terrain même de l'enclos, dont l'étendue était, par suite. assez vaste et dépendait pour beaucoup de la fertilité du sol. Pendant les périodes de sécheresse, on ajoutait à leur alimentation des herbes, des graines et des farineux.

Comme exemple, l'enclos de la ferme de M. Kenner, à Beaufort (ouest), était d'environ 3 hectares pour ^o autruches, alors que celui de M. Withc, à Albany, avait une superficie de 200 hectares pour 23 autruches.

M. Murray, à Colesberg, n'avait que 9 oiseaux sur une étendue de 2.000 hectares.

Vers 1870, un couple qui avait déjà reproduit ou était garanti pour la reproduction valait couramment 200 livres sterl. au minimum et les autrttchons ro livres sterl.

Les premiers éleveurs vendirent leurs plumes à un taux très rémunérateur, mais il y eut bientôt surproduction, les progrès de l'industrie de la

plume n'ayant pas été aussi rapides que ceux de l'élevage et, en 188O, la valeur des plumes avait baissé de 50 0/0.

En 1896, les prix des oiseaux étaient les suivants :

Couple reproducteur de 35 à 40 £.

Autruchon de 2 a 3 £.

L'élevage en petit devenait impossible dans de semblables conditions, aussi il disparut complètement pour faire place à la grande ferme d'autruches, avec un personnel compétent et une organisation parfaite.

Le pays d'élevage était situé entre la région côtière où, sur une profondeur de 50 kilomètres, ne se trouvaient que des pâturages acides, et les plateaux du « Karroo ».

Dans toute cette contrée, en effet, les herbages sont abondants et on peut y cultiver la luzerne en irriguant avec des pompes.

Les centres d'élevage étaient à cette époque : ( )udtshoorn, Albany. Somerset East, Uitenhage, YVillowmore, Cradock, Jansenville, Hedmansdorp, Diversdale, Bedfort, Calvinia, Murraysberg, Aberdeen, Swellendam, Uniondale, Prince Albert, Bathurst, Colesberg et Worcester; c'est surtout la partie orientale qui est la plus propice à l'élevage.

Toutes ces exploitations étaient basées sur le principe des grands espaces, afin de pouvoir changer les oiseaux de camp pendant que l'herbe repousse et aussi pour éviter les maladies parasitaires.

Comme exemple dans le district d'( )udtshoorn et d' Albany, la surface était de 13.000 acres (7.000 hectares) pour 6 ou 800 autruches.

Ces grands espaces étaient divisés en nombreux parcs clôturés par des fils de fer; les parcs réservés aux autruchons étaient placés près de la ferme et avaient une superficie de 100 acres (5 hectares environ).

Plus loin se trouvaient des parcs de 25 acres pour les reproducteurs, et au delà de grands enclos de 2/100 acres renfermant 150 ou 200 oiseaux.

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