MALADIES DES AUTRUCHES
C'est surtout pendant les trois premiers mois que l'élevage des autruches donne le plus de déboires.
En effet, que les poussins proviennent de la couveuse ou de l'incubation naturelle, il faut compter pendant cette période sur une mortalité assez élevée par suite du grand nombre de maladies qui les menacent à chaque instant.
Aussi les jeunes doivent-ils être l'objet de soins constants et d'une surveillance très étroite. Il sera par exemple très important de bien choisir leur nourriture, comme nous l'avons expliqué, et aussi de mettre à leur disposition de l'eau bien pure, car rien ne doit être négligé de ce qui peut contribuer à entretenir leur estomac en bon état et à leur donner des forces.
L'humidité et le froid ont une influence des plus pernicieuses sur le développement des jeunes oiseaux, qui peuvent dans certains cas en subir les fâcheuses conséquences pendant toute leur vie.
Un changement brusque de nourriture, un transport de longue durée amènent souvent dans la constitution de l'autruche des troubles si profonds qu'il faut parfois plusieurs années pour les remettre en état.
Les parasites ou le bris d'une jambe amènent la mort des poussins ; afin d'éviter la brisure de leurs os si faibles, il sera bon de niveler soigneusement le parc où ils sont enfermés.
Yellow-liver. — Une des maladies observée pour la première fois il y a soixante-dix ans et devenue très fréquente au Cap est celle dite du « yellowliver (foie jaune) ; malgré toutes les recherches auxquelles cette maladie a donné lieu, les causes n'en sont pas encore connues, et le seul remède consiste à maintenir les poussins en bon état de santé. Dans cette maladie, le sang s'appauvrit par suite de la mauvaise digestion des animaux ; en somme, on n'en connaît pas les causes réelles, mais il paraît assez probable qu'elle est due surtout à l'exploitation intensive qui affaiblit les reproducteurs ; ce serait donc, en fait, une maladie héréditaire; cependant, le foie jaune se rencontre également dans les exploitations où l'incubation et l'élevage sont faits par les autruches.
En tout cas, on a constaté que cette maladie n'apparaît qu'après plusieurs années de domestication des oiseaux sauvages. Les autruchons ne sont plus exposés à cette maladie dès qu'ils ont atteint l'âge de six mois et il est très rare d'en trouver des cas chez les adultes.
Comme on ne connaît pas de remède pour cette maladie, il sera bon, dans les cas désespérés, d'essayer la fougère mâle ou l'huile de lin brute.
Tape Worm. — Une des maladies les plus fréquentes chez les autruches de tout âge est causée par le ver solitaire (tœnia struthionis), qui peut atteindre 90 centimètres de longueur.
Dès l'âge de un à deux mois, on commence à apercevoir dans la fiente des poussins de petits points blancs, qui ne sont pas autre chose que des œufs de ver, solitaire « tape worm » ; c'est pour cette raison qu'il est recommandé de toujours mettre les poussins sur de la luzerne nouvelle dans laquelle aucun oiseau n'a jamais pâturé.
Si l'on veut éviter de grandes pertes d'oiseaux, il faut les droguer de suite.
Il existe quantité de remèdes pour détruire ce parasite ; les meilleurs sont le pétrole, la térébenthine et la fougère mâle ; le moment le plus propice pour le traitement est celui de l'arrachage des culots et de la récolte des plumes.
On commence par faire jeûner les poussins dans une cabane pendant douze heures quand ils sont âgés de un à deux mois et pendant dix-huit heures s'ils sont plus vieux ; on leur donne, le matin, les doses suivantes, fixées par le Pr Robertson, de Grahamstown :