CLASSEMENT
Les plumes se classent d'une façon générale en trois dimensions principales : longues de 45 à 60 centimètres ; moyennes de 22 à 45 centimètres, et courtes au-dessous de 22 centimètres.
En dehors de cette classification d'ordre général, les plumes reçoivent une dénomination spéciale selon la partie du corps de l'oiseau dont elles sont tirées. Nous allons examiner ces différentes sortes.
i° Whites (Blancs). — Cette sorte est constituée par les plumes des ailes du mâle, mais seulement celles qui sont entièrement blanches et sans aucun pigment ; ces plumes correspondent en réalité à- celles dont les autres oiseaux se servent pour le vol.
On les subdivise en : Premières, Secondes, Sans - Têtes (tipless), Tierces (thirds) et Troisièmes, suivant leur forme, la qualité du duvet ou les défauts que présentent les brins.
Les Premières (primes) sont longues, larges, de forme très régulière et très symétrique.
• (« well shaped » ou « goo ci shape ») et possèdent un duvet ferme, soyeux et abondant ; les Anglais emploient le mot « fleshy » (bien en chair) pour désigner celles qui possèdent la dernière de ces qualités. Leur longueur peut atteindre 60 centimètres et leur largeur 35 ; certains lots magnifiques se sont vendus au cours de ces dernières années 4.000 francs le kilog.
Les Secondes sont en général moins longues et surtout de forme bien moins belle et moins symétrique que les précédentes ; leur duvet est moins beau et marqué parfois de coups de bec (barred) la tête est moins large et
Plume d'aile U'hite
LE COMMERCE ET h INDUSTRIE
bien moins formée ; les moins belles servent de doublures ; elles se trouvent souvent mélangées à des bayoques blanches.
Les plumes Sans Tête (tipless) sont celles dont la tête présente une sorte de cran dû au manque des barbes extrêmes, ce qui est généralement l'indice d'un défaut de solidité du duvet, mais qui peut provenir également d'un accident ; elles sont naturellement un peu dépréciées pour cette raison et ne peuvent être employées que comme doublures ou pour la fantaisie d'autruche.
Les Tierces (thirds) ont une forme un peu différente de celles des autres
sortes de blanc ; la tête manque totalement et les duvets extrêmes ne sont pas beaux ; leur largeur est presque la même sur toute la hauteur du brin, ce qui les fait employer surtout dans la fabrication des articles où l'on ne recherche que le duvet à l'exception de la belle forme si spéciale des autres plumes ; on les classe en différentes qualités, d'après la longueur, l'abondance et la souplesse de leur duvet. Il est arrivé à certaines époques que, par suite de la mode, les tierces étant très recherchées, leur prix atteignait et dépassait même celui des blancs, ce qui
amena, dit-on, certains vendeurs à transformer des secondes en tierces en
arrachant la tête.
Les Troisièmes (commori) sont les plus défectueuses des plumes blanches ; leur duvet est clairsemé; irrégulier et sec; les brins portent souvent des coups de bec. Il est probable que ces plumes proviennent d'oiseaux malades, mal nourris ou plumés hors de saison ; elles ne sont employées que pour la fabrication des articles inférieurs; leur duvet supporte, du reste, très mal la teinture ou le blanchiment, car il se casse et se brûle facilement
Les « white tipped » sont les très belles plumes blanches des ailes du mâle presque adulte, dont le bout est parfois légèrement teinté de gris ; on les appelle du reste souvent « white femina tipped » parce qu'elles ont un peu l'apparence de la plume de la femelle.
Tierce l third)
2° Femina (Femelle). — Cette catégorie comprend les plumes d'ailes des femelles et se décompose comme suit :
Les « light femina » premières et secondes, qui sont les plus claires et les plus estimées après les blanches (tipped) dont nous avons parlé ci-dessus ; la côte est toujours un peu terne et les duvets portent des traces de pigmentation, surtout près de la tige ; le duvet supporte moins bien la teinture en noir, ce qui leur donne une moindre valeur marchande. Quelques-unes sont tachetées de gris et sont employées naturelles après un simple savonnage ou pour nuances claires après blanchiment.
Les « broken » et « tipless » qui ont un duvet assez bon et assez fourni, ce pourquoi elles sont presque aussi estimées que les « light femina » bien que leur prix reste toujours un peu inférieur à celles-ci.
Viennent ensuite dans l'ordre de classement les plumes étroites (narrow). dont la valeur est environ la moitié de celle des précédentes.
Les « dark femina « (femelles foncées) existent depuis la qualité très commune jusqu'à une sorte moyenne correspondant à peu près comme prix aux light femina ordinaires.
Les « Thirds » (tierces) ne sont jamais aussi bonnes comme duvet que celles du mâle et leur prix de vente est généralement peu élevé.
3° Bayoques (Byocks). — Le mot Bayoque semble venir de l'italien « Bajiocco » qui signifie petite pièce de monnaie mais nous ne voyons aucun lien qui permette d'affirmer cette origine, sauf qu'autrefois c'est en Italie que se trouvait le centre des transactions de la plume d'autruche ; il y a lieu de croire plutôt qu'il est d'étymologie égyptienne. En tout cas, ce mot n'est employé que par les acheteurs européens, car au Cap il est remplacé par celui de « Fancy » (fantaisie).
Ce sont les plumes qui poussent sur l'avantbras de l'aile du coq. les plus longues sont blanches (white byocks) et se trouvent presque toujours mélangées aux « white » proprement dites mais il est assez facile de les distinguer dans les lots, à cause de leur tige moins brillante, plus plate et plus flexible surtout à l'extrémité et aussi de leur duvet moins large et moins ferme et d'un blanc plus terne et moins brillant.
Les plumes des tailles au-dessous {médium et short) sont blanches avec des taches noires ;
les moyennes ont souvent une assez bonne forme large et un bon duvet brillant et fourni ; les très courtes sont les plus foncées et parfois presque
Bayoqut
noires; le duvet est moins beau (thin) bien qu'assez brillant, mais elles sont
moins estimées et, en général, d'emploi plus restreint.
Parmi les moyennes, on trouve des plumes dans lesquelles les taches grises ou noires sont disposées d'une façon curieuse et dans ces derniers temps, ces plumes (marked) ont été recherchées pour faire des fantaisies à l'état naturel ou après teinture' claire, laissant apercevoir la disposition des taches.
Les bayoques sont classées o.ssez régulièrement par longueur en paquets plus ou moins gros et variant comme taille de o m. 20 à o m. 55 ; depuis quelques années le cours de cette catégorie a subi une hausse assez forte ; quand les plumes sont réunies en trop gros paquets, on les dit ci packcd » et
La bayoque existe également sous forme de elles subissent de ce fait une dépréciation sensible, tierces mélangées et vendues avec les autres.
Bayoque marbrée
4° Boos (abréviatif de boîtoms). — Plumes de queue ou bouts de queue. Cette catégorie comprend toutes les plumes qui garnissent la queue. Elles sont blanches chez le coq {white boos) et grises chez la femelle (feiuina boos); quand elles ont une teinte' jaunâtre, ce qui est fréquent, c'est qu'elles ont été salies par l'urine.
Il existe aussi une sorte inférieure dénommée Black Butt Boos (B. B. Boos), dont le pied est noir.
On classe les plumes de queue en blanches longues de deux qualités, ■iemelles claires, femelles secondes et grises.
Ces plumes ont un tuyau non garni de duvet sur une très grande longueur, mais la partie qui porte les barbes est assez large, ce qui les fait employer comme doublures de têtes.
Les prix en sont très variables, mais ne dépas- ; sent guère 300 francs le kilog pour la plus belle qualité.
50 Blacks ( noirs). — Ce sont les plumes du rang supérieur de couverture des ailes du coq, car - celles du rang inférieur sont trop courtes et n'ont aucune valeur. On trouve dans cette sorte toutes ■les nuances de noir, depuis le noir brillant qui est •le plus estimé, jusqu'au gris brun foncé; on classe ces plumes en longues, moyennes et courtes, avec subdivision de qualité dans chaque longueur; leur classement comporte cinq ou six longueurs, depuis 15 centimètres jusqu'à 35 centimètres.
6° Drabs (gris brun). — Ce sont les plumes qui, chez la femelle, corre;
Plume de queue dite "Boot"
pondent aux « Blacks » du coq. Elles sont de nuance grise plutôt claire, avec le milieu des barbes plus foncé ; quelquefois les brins atteignent 50 centimètres de longueur et on les dénomme « femmy » {genre femelle).
Leur classification est analogue à celle des noirs, bien que plus étendue et faite par largeurs; on les trouve souvent à la vente dans les lots où elles sont mélangées aux Blacks.
7° Floss (vealé). — Ce sont les plumes inférieures de couverture des ailes; elles sont noires chez le coq et grises chez la femelle. Leur aspect et leur forme présentent une certaine analogie avec les blacks et les drabs, auxquelles elles se trouvent mélangées dans les lots; leur duvet est mou et cotonneux, mais assez brillant; on les emploie pour la fantaisie.
8° Spadones ou Spads. — Dans cette catégorie sont rangées les plumes des jeunes autruches, mâles et femelles; celles qu'on récolte à l'âge de six ou huit mois sont de couleur grise, plus étroites et moins longues chez la femelle que chez le mâle.
Plus tard, elles sont blanches avec le bout teinté de gris, ou même toutes blanches.
Les blanches et les claires sont vendues ensemble et celles de la femelle sont vendues séparément ou mélangées aux drabs.
Les plus ordinaires ne dépassent guère 70 à 80 francs, alors que les plus belles blanches atteignent parfois le prix de 400 francs le kilog.