DENOMINATIONS EMPLOYEES DANS LES CATALOGUES
Les lots de plumes qui arrivent au marché de Londres ne sont pas toujours composés d'une seule des catégories de plumes que nous venons de décrire. Il arrive, en effet, très souvent, que les fermiers réunissent dans un même lot deux ou plusieurs sortes sPadone bi.nche
de plumes qui se ressemblent comme qualité, duvet,
nuance, etc. Cette manière de procéder rend quelquefois assez difficile pour l'acheteur l'évaluation des lots ainsi constitués, ainsi qu'on peut en juger par la liste ci-dessous des dénominations employées dans les catalogues :
White
White & light femina
Qty JVhite & light spads
White & 3rds white
White spads
Light femina
Femina & V'd femina
3rd femina & byock
Qty light femina & drab spads
Qty femina & drab boos
Qty light & drk femina & byock
Byock
Byock & 3rd byock
Qty black & byock
White boos
Femina boos
Boos & jrd boos
Long black
Médium black
Médium black & drab floss
Long drab
Short drab
Qty jrrf black & drab
Qty floss black & drabs & spads
Si on ajoute à la difficulté d'évaluation due à ces mélanges, celle résultant de la variation de qualité des plumes, on est amené à reconnaître que la tâche de l'acheteur est souvent assez ardue.
Il y a une grande différence de qualité entre la plume provenant de l'Est et celles de l'Ouest de la Colonie du Cap ; celles récoltées dans l'Ouest, et principalement dans le district d'Oudtshorn, sont de qualité supérieure à celles de l'Est; ces dernières sont vendues aux enchères à Port-Elisabeth par catégories comme à Londres. Les fermiers de l'Ouest, au contraire, ne réalisent leurs récoltes que par plumées complètes, comprenant toutes les catégories et c'est pour cela qu'ils les expédient aux ventes aux enchères de Londres, où elles sont loties par sortes.
PLUMES dites "DE FANTAISIE"
On appelle ainsi les plumes de tous les oiseaux autres que l'autruche et cette distinction vient encore confirmer ce que nous avons dit non seulement de la grande supériorité, mais aussi de l'emploi démocratique de ces dernières.
On peut dire que l'idée d'emprunter aux oiseaux leur- plumes pour s'en parer remonte à la création de l'homme ; au début la parure >e composait uniquement de plumes naturelles et le plus souvent constituait l'unique pièce du costume de l'homme et de la femme; on en a trouvé du reste de nombreux exemples à une époque relativement récente chez les peuplades sauvages où les progrès de la civilisation n'avaient pu se faire sentir, par suite de l'éloignement et des difficultés de pénétration des régions qu'elles habitaient.
Les plumes de fantaisie ont été utilisées bien avant celles de l'autruche, qui étaient du reste peu connues, et sur lesquelles elles avaient l'avantage de posséder des teintes très vives et très variées. De plus, la nature reproduisant toujours les mêmes couleurs et les mêmes dispositions de teintes pour une espèce déterminée, ce que nous avons dit de l'utilisation primitive de ces plumes comme moyen de distinction des individus s'explique aisément.
Le paon fut l'un des premiers oiseaux dont le brillant plumage a été employé par tous les anciens peuples Egyptiens, Assyriens. Chinois. Indiens, etc., aussi bien que par les Grecs et les Romains.
A Rome, cent ans avant J.-C, on élevait déjà plusieurs espèces d'oiseaux comme les paons et les pintades (Africcc et numidicœ aves) [v. Pline), les faisans (phasiani ou tétraones) originaires de Colchide (v. Pétrone), les grues (grues) et les cigognes (ciconiœ) (v. satires d'Horace) et le flamant (phœnicopterus) (v. Pline).
Peu à peu et au fur et à mesure que le vêtement de l'homme se complétait et se perfectionnait, la parure devint elle-même plus compliquée.
Mais, l'industrie de la plume fit des progrès beaucoup plus lents que celle du vêtement proprement dit et ce n'est guère en somme que vers la fin du XVIIIe siècle et surtout au commencement du XIXe que les perfectionnements apportés à l'industrie de la teinture permirent d'imiter couramment les
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teintes naturelles du plumage des oiseaux exotiques dont la production ne pouvait suffire du reste à l'énorme consommation qui en est faite aujourd'hui.
La pénétration de divers explorateurs dans des contrées, restées vierges jusqu'alors, permit de disposer d'une plus grande variété d'espèces; le nombre des fabricants s'augmenta rapidement et celui des importateurs suivit la même progession.
Par suite de la consommation croissante, le besoin se fait sentir aujourd'hui, comme cela est arrivé pour l'autruche, d'acclimater et d'élever certaines sortes d'oiseaux dont le plumage riche et par suite très recherché semble promettre une exploitation lucrative.
Les essais d'acclimatation lucrative sont encore relativement très peu nombreux comme nous le verrons par la suite, mais il n'est pas douteux que dans un avenir assez proche, on puisse arriver à des résultats intéressants.
Il serait trop long de décrire en détail tous les oiseaux dont le plumage peut être employé dans notre industrie ; nous nous contenterons donc de décrire les principaux et pour les autres nous renvoyons le lecteur aux nombreux traités d'histoire naturelle, dont quelques-uns se trouvent cités dans la bibliographie de cet ouvrage.
Le cours des plumes de fantaisie est soumis à des fluctuations considérables, qui dépendent surtout de la mode et qui peuvent passer du simple au quadruple, et même quelquefois davantage ; le fabricant ne se trouve donc plus du tout placé dans les mêmes conditions qu'avec l'autruche et sa tâche est de ce fait rendue beaucoup plus difficile. En effet, la fabrication des montures de fantaisie étant, en général, assez longue, il s'ensuit que la plume brute doit être achetée plusieurs mois avant la saison de vente ; or au moment de ces achats, il est souvent très difficile, pour ne pas dire impossible, de savoir quels articles seront de mode, et il en résulte un aléa considérable. Si, pour éviter cet inconvénient, le fabricant réduit ses achats, il se trouve très souvent forcé, plus tard, de subir des cours élevés et quelquefois même prohibitifs, car la production de certaines sortes de plumage est relativement limitée et les stocks vite épuisés.
Cet état de choses, auquel il est impossible de remédier, contribue pour une large part au succès toujours croissant de la plume d'autruche, dont la production augmente sans cesse et dont les cours ne subissent que des variations généralement peu importantes.
Le marché des plumes fantaisie n'est pas limité à la place de Londres, comme cela existe pour celles de l'autruche, dont la majeure partie est tirée du Cap, colonie anglaise ; cependant après chaque vente d'autruche, il en est fait une de fantaisie, et les enchères qui y sont mises servent pour ainsi de baromètre aux cours pratiqués partout pour les différentes sortes de plumes.
Le système de vente est le même que celui que nous avons décrit pour l'autruche, mais les chiffres sont beaucoup moins élevés. Nous donnons, sous forme de tableau, les quantités vendues aux enchères à Londres, au cours
des cinq dernières années, dans les différentes sortes de crosse, d'aigrette, de héron et de marabout, qui constituent la majeure partie de la valeur totale de ces ventes.
En examinant ces chiffres, on peut remarquer que toutes les sortes sont en augmentation constante depuis cinq ans, principalement pour la crosse jaune (red), le héron marron (brozvii), la crosse grise {ash coloured), le marabout blanc (zuhite paddy) et la part sclcctcd (crosse spéciale des Indes). Par contre, les poids de marabout gris (grey paddy) sont en diminution sensible. surtout depuis deux ans.
Il est bon de rappeler qu'un certain nombre de lots sont retirés avant ou au moment des enchères, et reportés dans les ventes suivantes, mais cela ne pourrait que modifier légèrement les chiffres donné-.
rt sel
Paddy
ai
le
SI
N. B. — Les poids sont en onces anglaises de 28 grammes.
Il y a lieu de remarquer que parmi les lots mis aux enchères à chaque vente, il y en a toujours un certain nombre qui proviennent des ventes précédentes, d'où ils ont été retirés; il en résulte que les poids indiqués se trouvent ainsi légèrement majorés et un peu supérieurs à ceux réellement importés.
Dans ce tableau ne figurent pas les oiseaux de paradis dont le marché le plus important se trouve à Paris ; il y a cependant un certain nombre de lots qui sont vendus à Londres, mais la plupart y sont envoyés par des importateurs étrangers.
Les catalogues de fantaisie renferment également beaucoup d'autres sortes de plumes, telles que plumes de condor, d'aigles, de vautours, de marabout, etc., ailes de canards, pluviers, etc., faisans de toutes espèces, oiseaux-mouches. martins-pêcheurs, argus, pélicans, cacatois, perroquets, paons, cormorans, oiseaux-lyres, faucons, grues, casoar, émeu, peaux d'oie, etc. On y vend même quelquefois des papillons, des scarabées et aussi des œufs d'autruche et d'émeu.
Les chiffres donnés pour l'année 1913 ne comprennent que cinq ventes, et sont cependant pour la plupart égaux ou même supérieurs à ceux de 1912.
Les différentes nations d'Europe importent directement en Angleterre, comme nous le verrons, une certaine quantité de plumes et d'oiseaux de tous les pays du monde, mais c'est en France que s'en fait et de beaucoup la consommation la plus grande.
Les oiseaux, dont le plumage est le plus couramment employé dans l'industrie de la plume fantaisie, sont les suivants :
Les hérons de diverses sortes et plus particulièrement les « ardea », qui produisent l'aigrette et la crosse ; on les trouve dans la République Argentine, le Paraguay, le Venezuela, la Floride, la Chine, les Indes, l'Indochine et l'Afrique occidentale.
Le goura et les différentes sortes de paradisiers (oiseaux de paradis, lophorines, sifilets, manucodes, etc.), qui proviennent de la Nouvelle-Guinée.
Le lophophore qui vit surtout dans les montagnes de l'Himalaya.
Le marabout que l'on rencontre principalement dans les Indes Anglaises et aussi dans l'Afrique centrale.
Les coqs et poules de Russie, du Japon et de divers autres pays. Les dindons, qui venaient jadis de l'Amérique du Nord, mais sont aujourd'hui de production européenne.
Les paons, qui proviennent des Indes et de la Chine.
Les mouettes, goélands et sternes de l'Egypte, de la mer des Indes et rie l'Amérique méridionale.
Les pélicans, qu'on trouve sur les bords du Danube. l'Inde, la Chine, la Malaisie, l'Amérique et l'Australie.
Les perroquets, aras, cacatoès, perruches, qu'on tire de l'Amérique, de l'Afrique, des Indes et de l'Australie.
Les nandous de l'Amérique du Sud.
Les oiseaux-mouches de Colombie, du Pérou, du Venezuela et du Sénégal.
L'argus de Siam et de Malaisie.
L'émeu ou casoar d'Australie.
Les aigles d'Europe, d'Asie, d'Afrique et d'Amérique.
Les flamants du Nord de l'Afrique et du centre de l'Asie.
Les ibis de l'Amérique, de l'Asie et du Nord de l'Afrique.
Les faisans de Chine, de Sibérie, du Japon et d'Europe.
Les grues, les pélicans, les grèbes, les cigognes, les vautours, etc., originaires de pays très divers.
Les oiseaux de basse-cour, coqs, poules, oies, canards, dindons et pigeons, venant pour la plus grande partie de Russie, d'Italie et de France.
Les oiseaux de chasse de nos contrées, tels que les perdrix, faisans communs, cailles, alouettes et les oiseaux nuisibles, comme les pies, geais et corbeaux.
Afin de faciliter la lecture de notre ouvrage, nous avons adopté la classification alphabétique.