PRIX « SCIAMA
pour la domestication de la grande et de la petite aigrette
La Société Anonyme Sciama vient de déposer, au Muséum National d'Histoire Natu-
relie de Paris, une somme de 10.000 francs pour être affectée à la fondation d'un prix destiné à récompenser l'éleveur ou la société d'élevage qui aura obtenu les meilleurs résultats dans l'élevage de l'aigrette.
Les concurrents devront fournir, avant le Ier janvier 1916, les pièces légalisées par le magistrat dont la résidence sera la plus proche de leur exploitation, constatant que :
i° La ferme est bien située en territoire français;
20 Qu'elle possède des oiseaux de l'une ou de l'autre espèce ou des deux espèces, absolument domestiqués, vivant en liberté ou en volière, et en quantité d'au moins 500, de première génération et 1.000, de seconde génération, obtenus par incubation naturelle ou artificielle;
3° Qu'elle aura récolté dans sa ferme, et pourra présenter des plumes, aigrettes ou crosses obtenues, soit par ramassage après la mue, soit par rognage au moment de la maturité (comme cela se pratique pour l'autruche) en quantité minima de 5 kilogrammes pour l'aigrette ou 500 grammes pour la crosse de qualité marchande.
Les concurrents devront informer M. le Directeur du Muséum d'Histoire Naturelle de leur intention de concourir, avant le Ier janvier 1914.
Dès maintenant, le jury est composé de la façon suivante :
Le Directeur du Muséum, M. Edmond PerriER, membre de l'Institut ; Le Directeur de l'Agriculture au Ministère de l'Agriculture, M. Bertault; Le Professeur de la Chaire de Mammalogie et Ornithologie au Muséum, M. Trouëssart;
L'Assistant de la dite Chaire, M. Ménégaux;
Le Chef de la Mission permanente de l'Inspection des Cultures et des Jardins d'essais coloniaux, M. Chevalier;
Le Directeur du Jardin colonial à Nogent-sur-Seine, M. PrudhommE;
Le Président de la Section d'Ornithologie à la Société d'Acclimatation, M. Magaud •d'Aubusson ;
Deux Membres du Syndicat des Plumassiers;
Deux Administrateurs de la Société Sciama.
Pour plus amples renseignements, s'adresser au Muséum.
Pays de production et récolte. — Tous les pays qui fournissent l'aigrette sont producteurs de crosse qui est du reste récoltée concurremment avec la première ; cependant, la proportion de crosse ne dépasse guère le tiers du poids total des lots formés par les chasseurs.
La récolte de la crosse se fait de la même façon que celle de l'aigrette, et tout ce que nous avons dit de cette dernière s'y applique.
Un oiseau produit de 2 à 3 grammes de crosse.
Classification et qualités. — La crosse se divise commercialement en deux catégories :
La crosse courante et la fausse crosse.
Cette dernière, dont la valeur est beaucoup moins grande, se présente sous forme d'une tige très légèrement courbée mais non crossée ; de plus, les barbes sont plus courtes que dan* la crosse et le pied est garni de barbes serrées comme dans la plume des oiseaux ordinaires.
LE COMMERCE ET i/lNDUSTRIE
Il existe naturellement plusieurs qualités de crosse mais pour la longueur on ne distingue que la longue et la courte; en fait, les deux dimensions se trouvent réunies dans les lots.
La meilleure qualité est celle dans laquelle la crosse a la tête belle et intacte et dont les barbes sont très longues et très fournies.
La question de provenance joue un grand rôle pour la détermination de la qualité; on considère que les plus belles proviennent du Brésil et du Venezuela ; celles de Rangoon et de Chine sont des crosses de qualité courante, elles sont plus légères, à côte plus fine, mais les barbes sont moins fournies et moins belles que dans les premières.
Marché de la crosse. — Tout ce que nous avons dit de l'aigrette à ce sujet peut s'appliquer à la crosse dont les arrivages se font de la même manière, aux
Brin de Crosse
mêmes époques et sur les mêmes marchés. Les quantités mises en vente à Londres ont été :
En 1910 : de 1.908 onces.
En 191 1 : de 2.882 — En 1912 : de 2.608 —
Il y a lieu de remarquer que les quantités produites par l'Amérique du Sud (Venezuela, Brésil, etc.) sont expédiées directement à Paris pour la presque totalité, et du reste il y en a toujours très peu aux ventes de Londres où, par contre, vient presque toute celle des Indes et de Rangoon.
On peut estimer que le poids de crosse exportée directement en France représente à peu près le triple de celui mis en vente à Londres.
La production mondiale annuelle doit être comprise entre 300 et 400 kilogrammes.
Part selected. — On désigne sous ce nom une qualité de crosse qui semble provenir d'une espèce voisine de l'Ardea garzetta et dont l'habitat serait la Birmanie : c'est le Bubulcus coromandus (1).
Cette sorte est exportée par Rangoon en Europe et les quantités mises en vente à Londres sont assez importantes et ont été toujours en augmentant depuis quelques années, comme le prouve le tableau suivant :
1910 2.409 onces anglaises.
La forme de la Part selected est à peu près la même que celle de la
(1) Kenseignemants dus à l'obligeance de M. l*abbé Ktoc.
crosse, mais les barbes sont en général plus grosses, moins longues et moins retombantes; elle s'en distingue surtout par la petite touffe de duvet caractéristique que le brin porte à son extrémité (1).