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L'AUTRUCHE

HISTORIQUE

Dés la plus haute antiquité, les plumes d'autruche étaient déjà très estimées, comme le prouvent les inscriptions relatives à cet oiseau qu'on a trouvées sur les monuments égyptiens, assyriens, grecs et romains.

Les Grecs connaissaient l'autruche sous le nom de : "Stroutocamelos". les Assyriens sous celui de « Kusai », d'après le Pr Julius Oppert qui l'a trouvé dans des inscriptions de Ninive ; dans les hiéroglyphes égyptiens, son nom est « Shoo ». d'après le Pr Maspéro et aussi le P' Lepsius; on a du reste trouvé une image d'autruche à Thèbes, dans une chambre funéraire.

L'œuf était un symbole religieux chez les Mèdes et chez les Perses, qui en suspendaient la coquille dans leurs temples; aujourd'hui encore, chez les Musulman.^, il a gardé une signification analogue et on en a trouvé dans tous les ateliers de silex sahariens; dans les dunes de Oouargla, la mission Flatters en a découvert qui semblaient avoir servi de vases pour cuire les aliments.

En Egypte, la plume de l'autruche était autrefois le symbole de la justice, parce qu'elle est, de toutes les plumes d'oiseaux, la seule dont les barbes soient d'égale longueur et placées symétriquement par rapport à la tige. Les roi.; de ce pays en faisaient porter par leur suite des sortes de larges drapeaux dont les hampes étaient garnies de plumes blanches attachées de chaque côté.

L'autruche est souvent citée dans les Ecritures Saintes et la Bible en parle sous la dénomination « d Eternel Voyaycnr » ; Moïse défendait à son peuple l'usage de sa chair comme impure. (1571 av. J.-C.)

Le nom hébreu de l'autruche est « ya'anach ». Cannon Tristram, le savant hébraïste, nous donne, dans son « Histoire naturelle de la Bible », des explications très claires sur ce sujet. Elle y est souvent désignée sous le nom de <( betth haya'anach ». ce qui signifie fille de la gloutonnerie; il y est fait mention de la beauté de son plumage, de son habitude de laisser ses œufs sur le sable jusqu'à l'éclosion ; de l'abandon de ses petits, de sa grande stupidité et de son extraordinaire rapidité ; dans d'autres chapitres, il est parlé des régions désolées et désertes qu'elle habite de préférence à toute autre.

Hérodote raconte qu'une certaine tribu de la Lybie se servait des dépouilles d'autruche pour confectionner des vêtements et des boucliers.

Strabon, de son côté, décrit une race de mangeurs d'autruches (strutophages) qui se servaient de la peau pour les mêmes usages.

Aristophane nous a laissé le récit d'une comédie représentée au théâtre

de Bacchus, à Athènes, et dans laquelle un général lu nom de Lamachoo avait un casque orné de deux magnifiques plumes d'autruche blanches.

Pline dit que l'autruche surpasse en grandeur un cavalier monté à cheval et que

ses plumes sont employées comme ornement.

'Elien, écrivain grec du [IIe siècle de notre ère et auteur d'un ouvrage sur les « Particularités des Animaux o, dit « qu'elle « pond jusqu'à quatrevingts œufs d'une seule couvée ».

Le seigneur d'Anglure écrivait, en 1395, qu'il avait vu en Egypte des autruches sauvages qu'on essayait de domestiquer. (JS. Rey. Les

Autruche d'Egypte.

colonies frangues de Syrie aux XIIe et xme siècles.)

Pendant le xivc siècle, la Compagnie des Indes Hollandaises s'était installée au Cap de Bonne-Espérance; à ce moment, deux espèces d'animaux excitèrent particulièrement la curiosité de ses agents, c'étaient l'autruche et le zèbre.

Le 18 février 1664, les cuisses d'une autruche qu'on venait de tuer sont accommodées et servies sur la table du gouverneur; en 1665, pour cultiver l'amitié du roi des indigènes de Ceylan, la Compagnie lui envoie du Cap deux autruches qu'on venait de capturer.

Nous possédons un ouvrage assez curieux, « l'Extrait de la relation « manuscrite du voyage en Orient de Marc-Paul Vénitien, en l'année 1252;

0 préface d'André Millier, de Grief cnhay. Voyages faits principalement en « Asie, par Pierre Bcrgeron ».

Dans cet ouvrage, publié à La Haye, chez Jean Neaulme, en 1735. il est fait mention des autruches ou 0 Austères de Zornanie », province qui était située à l'est de l'Arménie, dans le bassin du Haut-Tigre.

L'auteur signale également ces oiseaux dans le royaume de Basman qui se trouvait situé dans l'île de « lava » (Java) et dit que là « elles étaient » noires » ; il relate également en avoir vu dans le royaume de « Var », situé près de Malabar, dans la partie méridionale des Grandes Indes.

Dans les anciens traités d'Histoire naturelle, on ne trouve guère de gravures représentant l'autruche que l'on ne connaissait que par les récit» des voyageurs ou des commerçants.

Les premières précisions sur les mœurs de cet oiseau ont été formulées par M. l'abbé de la Caille, membre de l'Académie Royale des Sciences, qui avait été envoyé en mission au Cap pour prendre le parallaxe de la lune. (Histoire naturelle éclairée dans une de ses parties principales, l'Ornithologie, par M. Salcrue, docteur en médecine à Orléans. Traduction de l'ouvrage de Ray. 1767.)

Dans cet ouvrage, dont nous possédons un exemplaire, l'autruche est .lassée dans la famille des « oiseaux les plus grands, à bec plus droit ou moins 0 crochu, singuliers et incapables de voler à cause de la masse de leur corps " et de leurs ailes trop courtes ». Jusqu'à cette époque on croyait, par exemple, que l'autruche ne couvait pas ses œufs et que c'était le soleil qui les faisait éclore. D'autre part, sa constitution réelle était chose à peu près inconnue.

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