LANGAGE
La langue parlée dans toute l'île de Madagascar est le Malgache; dans chaque province on le prononce un peu différemment et on tait
usage de quelques mots particuliers, mais, en ' somme, les changements ne sont pas considérables. Le dialecte ho va est la forme la plus pure et la plus littéraire du Malgache.
Au moyen de préfixes et de suffixes, les substantifs, les adjectifs, les verbes et les adverbes se dérivent avec beaucoup de régularité d'un petit nombre de racines primitives. Les mots composés (1) sont nombreux ainsi que les mots redoublés.
Les caractères latins servent actuellement à écrire le Malgache ; ils ont été introduits sous le règne de Radama P"* par un sergent français.
Auparavant on employait les caractères arabes. 11 n'a jamais existé d'écriture nationale. A Madagascar, lalphabet latin est réduit à vingt lettres par la suppression de c, q, u, w et X (2).
(1) Dans les mots composés malgaches, les mots composants éprouvent quelques modifications; certaines syllabes finales disparaissent, particulièrement ka, ira, na ; la lettre initiale du mot qui suit est changée, /i en A:, s en t«, i en d, V en ft, z en j, f en p, r en dr. — Exemple efapolo, quarante ; de efatra, quatre et folo dix.
(2) Tous les mots indigènes cités dans ce travail sont écrits avec l'orthographe malgache. — Les voyelles ont le même son qu'en français, sauf Vo qui se prononce ou. Les lettres a et t/, à la fin d'un mot polysyllabe sont généralement muettes. Parmi les consonnes, y équivaut à dz et s se prononce souvent, surtout dans le peuple, d'une façon intermédiaire entre s eX ch; dans les autres cas il
Par suite de Tabondance relative des voyelles, la langue est douce et facile à prononcer. Il est aisé de rapprendre, du moins pour les usages ordinaires de la vie ; mais elle est plus propre à décrire lesobjets matériels et lesactes humains qu'à exprimer des idées abstraites.
Le Malgache est dérivé du Malais avec lequel il présente de grandes analogies tant dans Jes racines que dans la texture des phrases. Beaucoup de mots désignant des objets importés par les Européens sont tirés du français et n'ont subi d'autres modifications que l'intercalation de voyelles et, souvent, l'incorporation de l'article (exemple : ny lakolosy^ la cloche). Quelques-uns viennent de l'Anglais (exemple : ny bilistra, le vésicatoire, de blister).' EnVin un certain nombre de mots ont une origine arabe : ce sont surtout ceux qui désignent les astres, ou qui se rapportent à la nomenclature des divisions du temps (1) et aux opérations du sikidy (2).
est dur, ainsi que g. Les lettres m et n, suivant un a, forment avec lui un son nasal et, de plus, se font entendre : par exemple andro^ jour, se prononce an-ndrou.
(1) Voir page 147, la note sur les noms des jours de la semaine.
(2) Le sikidy est Tart de la divination. Il se pratique, le plus souvent, avec des graines qu'on répand au hasard pour former des figures dont chacune a un sens déterminé.
Les missionnaires catholiques sont les auteurs d'importants travaux sur la langue malgache. Ils ont publié à Timprimerie de Mahamasina à Tananarive, des Dialogues françaismalgaches (1887), un Dictionnaire malgachefrançais [RH. PP. Abinal et Malzac S. J. 1888), un Vocabulaire français - malgache (1880), une Grammaire malgache (R. P. Causséque S. J., 1886). Une autre grammaire, plus élémentaire, avait été éditée, en 1855, à Tile Bourbon, par rétablissement de Notre-Dame de la Ressource.
Parmi les ouvrages dûs à des étrangers, on peut citer deux dictionnaires malgaches-anglais publiés, Tun, en 1835, par les missionnaires protestants, Tautre, en 1885, par M. Richardson.
Quelques-uns seulement de ces ouvrages se trouvent dans les bibliothèques publiques de Paris. La bibliothèque de F Ecole des Langues orientales notamment est très pauvre en livres sur le Malgache. En France, cette langue n'est enseignée nulle part. A la Résidence générale de Tananarive existe une école d'interprètes dont les élèves sont de jeunes Français pourvus du diplôme d'instituteur ; elle a été fondée par M. Le Myrede Vilers et est exclusivement destinée à former des agents pour le service du Protectorat,
Parmi tes langues étrangères, la plus connue à Madagascar est l'Anglais, particulièrement chez le;^ Hova. — Le Français commence à se répandre : dans la capitale et sur la côte, beaucoup d'indigènes en savent quelques mots.