‹ Le commerce extérieur et les tarifs de douaneChapitre 136 sur 153 · Dont 4.1 millions de métaux et ouvrages en métaux · texte numérisé non relu

Dont 4.1 millions de métaux et ouvrages en métaux

RKGIME COLONIAL.

terre, on compte 4.5 millions d'alfa et 4.4 millions d'orge. L'exportation à destination de la France et de l'Algérie, pour les principales marchandises exemptées de droits en raison de leur origine tunisienne a représenté les proportions ci-après : blé, 99.9 p. 7o, orge, 63 p. %, huile d'olive, 77.8 p. 7o, bestiaux, 63.1 p. -^/o. Pour les vins, la proportion a été de 95.8 p. 7o ; pour les marchandises soumises au tarif minimum, de 38 p. 7o.

L'Indo-Ghine n'est pas vis-à-vis de la métropole dans la même situation que l'Algérie ou la Tunisie. Le débouché naturel de sa principale production, le riz, n'est pas en France, mais en Extrême-Orient. En 1908, le total des exportations étant de 208. i millions, les expéditions de riz se sont élevées à 138.4 millions. Il en a été envoyé pour 19.4 millions en France, 2.8 millions dans les colonies françaises, 10.7 dans les autres pays d'Europe, notamment en Angleterre et en Allemagne. Le surplus, soit 105.5 millions a été consommé en Extrême-Orient; c'est plus de la moitié de l'exportation totale des produits indochinois.

En plus des 19.4 millions de riz, l'Indo-Ghine a envoyé à la métropole pour 8.0 millions de maïs, 5.5 millions de poivre, 1.2 millions de coprah, 1.5 million de fils de coton, des peaux brutes, 0.9 million, un peu de thé, 0.8 million, de laque, 0.7 million, de soie, 0.3 million, de caoutchouc, 0.2 million, quelques produits fabriqués ; en tout 43.8 millions, ou 21 p. 7o du total. Elle bénéficie à l'entrée de France d'un tarif réduit pour le poivre et pour le thé, de l'exemption des droits pour le riz, le maïs, les fils de coton et les autres produits fabriqués; les peaux, la soie, le coprah, la laque et la plupart des autres produits indo-chinois jouiraient de la franchise, à litre de matières premières, même s'ils étaient étrangers. Ces avantages ne peuvent que partiellement compenser les charges qu'impose le transport des marchandises à 4,000 lieues de distance.

Les importations de France se sont montées à 87.8 millions, dont 27.0 millions de tissus, 18.8 millions de métaux et ouvrages en métaux, 10.2 millions de boissons, 8.8 millions d'ouvrages en matières diverses, 5.9 millions de denrées coloniales de consommation, 3.4 millions de papier, livres, etc., 2.5 millions

d'armes, poudre et munitions, 1.9 million de farineux alimentaires. Les importations des colonies françaises n'ont pas dépassé 5.9 millions ; celles de l'étranger se sont chiffrées par 127.4 millions, dont 26.2 des pays d'Asie, 67.7 de l'entrepôt de Hong-Kong, 16.3 de l'entrepôt de Singapore, 17.2 des pays d'Europe ou d'Amérique. Le total est de 221.1 millions. Les pourcentages sont les suivants : France, 39.7, colonies françaises, 2.7, Asie avec les entrepôts, 49.8, Europe et Amérique, 7.8 p. 7o-

Le commerce des produits européens nous appartient presque entièrement. Les échanges de l'Indo-Ghine avec les pays d'Asie et les entrepôts de Hong-Kong et Singapore sont surtout alimentés par les marchandises asiatiques pour lesquelles ont été établies des tarifications spéciales : tissus de soie d'origine chinoise, 10.2 millions, sacs de jute, 8.8 millions, thé de Chine, 4.0 millions, porcelaines, 3.8 millions, papier chinois, 3.2 millions, papier pour le culte, 3.2 millions, pommes de terre, légumes secs chinois, vermicelle chinois, 2.5 millions, espèces médicinales chinoises, 2.1 millions, artifices, 1.5 million. Parmi les marchandises soumises au tarif métropolitain, les fils de coton importés de Hong-Kong et Singapore comptent pour 7.6 millions. La plupart de ces articles ne pourraient être remplacés par des fabrications françaises. Ils répondent à des goûts et à des habitudes qui ne changeront pas de longtemps et que la puissance protectrice a le devoir de respecter. Il faudrait d'ailleurs rehausser hors de toute mesure la barrière de douanes pour empêcher ces produits asiatiques d'entrer et permettre à des produits métropolitains de les remplacer; la surcharge imposée aux premiers serait compensée pour partie par les frais que coûterait le transport des seconds.

L'application du tarif métropolitain aux produits d'origine européenne n'est pas sans danger pour les industriels français. Déjà la protection douanière commence àsusciter des fabrications indigènes qui pourront supplanter les marchandises de France, Des filatures de coton se sont créées à Hanoï, Haïphong, Nam- Dinh; on a vu qu'en 1908 elles ont exporté à destination de la métropole 1. 5 million de fils. On brasse la bière au Tonkin, on fabrique du ciment à Haïphong ; l'importation de la bière et celle du ciment français commencent à diminuer. Il en est de même Arnalnè. — Commerce. 27

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pour les chaussures, les poteries, les faïences. L'abus de la protection se retourne contre ceux qui en bénéficient. C'est ainsi qu'autrefois les privilèges excessifs accordés au sucre de canne ont favorisé, dans la métropole, la croissance de l'industrie betteravière. On oublie trop ces écoles du passé.

Madagascar a reçu de France en 1908 des marchandises valant 2o. 2 millions sur un total d'importations de 30.0 millions. Elle lui a envoyé 16.9 millions de produits et en a exporté en tout 23.4 millions. Les principaux articles importés sont : les tissus de coton, 10.6 millions venant de France sur 11.2 millions, les bijoux, articles d'horlogerie, métaux et ouvrages en. métaux, 2.9 millions sur 3.8 millions, les boissons, 2.8 millions sur 3.1 millions, les chaux et ciments, 0.984 millions sur 0.987, les farines de froment, 0.869 raillions sur 0.884. A l'exportation, les principales marchandises sont l'or, 9.444 millions pour la France sur 9.448, les peaux brutes, 2.0 millions sur 3.2 millions, le café, le cacao, le girofle et la vanille, 1.2 million sur 1.4 million, les farineux alimentaires, 0.3 million suri .7 million, le rafla, 1 .1 million sur 1.8 million, les chapeaux de paille, 0.651 sur 0.659 million, la cire animale, 0.6 million sur 1.3 million. La plupart de ces produits sont francs de droits en France, même quand ils proviennent de l'étranger. Le privilège colonial de Madagascar se réduit à la franchise de quelques produits fabriqués et de quelques objets d'alimentation, évalués en tout à 1.6 million, et au bénéfice du tarif réduit du tableau E pour 1.2 million de denrées coloniales. A la vérité, le tarif métropolitain est appliqué à l'entrée de Madagascar avec quelques atténuations, dont la principale concerne les tissus de coton pur, unis, croisés et coutils. Il semble cependant qu'il serait plus équitable de ne pas laisser cette colonie sous le régime de l'union douanière et de lui donner un tarif spécial.

La vieille colonie voisine de la Réunion tire au contraire un grand avantage apparent du système de l'assimilation douanière. Sur 15.2 millions de marchandises exportées, 14.1 millions vont en France, dont 9.7 millions de sucres qui bénéficient de la détaxe de distance*, 1.1 million d'autres denrées coloniales et

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