‹ Le commerce extérieur et les tarifs de douaneChapitre 137 sur 153 · V. mfra, p. 489 cl 50G · texte numérisé non relu

V. mfra, p. 489 cl 50G

i.2 million d'essences de géranium, ylang-ylang et autres, admises d'après le tableau E, les premières à la détaxe de 50 p. °/o, les secondes là la franchise entière. Les importations se montent à 11.8 millions, dont 7.0 millions de provenance métropolitaine, 2.7 millions reçus de Cochinchine, 1.5 million venant de l'étranger. Parmi les articles français, les tissus de coton sont entrés pour 1.7 million, les boissons pour 0.9 million, les métaux et ouvrages en métaux pour 0.8 million. La colonie est d'ailleurs loin d'être prospère. Un des signes de son appauvrissement est la diminution de l'importation du riz de Cochinchine; le riz, qui avait constitué jusqu'ici le fond de la nourriture des habitants, est remplacé par le maïs indigène, dont le prix varie de 8 à 10 francs les 100 kg. tandis que le riz coûte environ 30 francs.

La majeure partie des exportations de la Guadeloupe est également à destination de la métropole, 16.4 millions sur 17.4. Le sucre compte à lui seul pour 10. 4 millions, les autres denrées coloniales atteignent 4.0 millions, les eaux-de-vie de mélasse 2.0 millions. Au contraire, les importations de France ne représentent que 9.7 millions sur 15.0 millions. Sur les 5.3 millions restants, 4.9 viennent de l'étranger, dont 3.4 millions des États-Unis (fromentl.l million, bois 0.4 million, huilede coton, O.Smillion, pétrole, 0.3 million).

Même situation à la Martinique. La colonie envoie en Fiance, sur 20.8 millions de produits, 18.2 millions, dont 10.6 millions de sucres, 1.2 millions d'autres denrées coloniales, 6-3 millions d'eaux-de-vie de mélasse. Les importations de France se montent à 7.6 millions sur 15.4 millions. Sur 7.2 millions de produits étrangers importés, 5.3 millions proviennent des Etats-Unis (froment 1.1 million, houille, 1.0 million, bois, 0.7 million).

Le régime colonial détourne le commerce des xVntilles de sa direction naturelle vers le continent américain. 11 attire leur sucre brut sur le marché français, en le faisant bénéficier de l'élévation de prix qui résulte de la surtaxe opposée aux sucres étrangers et en couvrant les frais du transport par la détaxe de distance, il a poussé jadis les deux Antilles, comme la Réunion, à se consacrer presque exclusivement à la culture de la canne. Les résultats ne répondent pas aux sacrifices qui ont été imposés

aux consommateurs de la métropole. La situation économique des trois îles est plus que médiocre.

Les importations métropolitaines à la Guyane se montent à 7.7 millions sur un total de 12.2 millions. Sur 3.9 millions d'importations étrangères, 2.3 millions proviennent des colonies britanniques. Les principaux articles re^'us de France sont les boissons, 1.3 million, les farineux alimentaires, i.O million, les tissus et vêtements, 1.1 million, les métaux et ouvrages en métaux, 0.7 million. Les objets fabriqués viennent surtout de la métropole; les objets d'alimentation entrent pour 1.7 million dans les 3.9 millions importés de l'étranger. Les exportations à destination de la France s'élèvent à 9.0 millions sur un total de 12.9 millions. L'or représente à lui seul 8.7 millions des exportations à destination de la France et 3.4 millions de celles à destination de l'étranger (en 1908, la totalité est allée en Suisse). L'or étranger ne paie que 0 fr. 10 cent, par kg. à l'entrée de la France; le privilège colonial ne profite réellement à la Guyane que pour 200 ou 300,000 francs de marchandises.

La Nouvelle-Gadélonie aenvoyéen France pour 3.0 millionsde marchandises sur un total de 10.1 millions. Les principaux articles d'exportation sont le nickel, le cobalt et le chrome, 6. 7. millions, dont 1.4 pour la France. Parmi les autres produits expédiés dans la métropole, le café (0.6 million) est à peu près le seul pour lequel le privilège colonial ait joué. Les importations de France se sont montées à 5.1 millions sur 9.5 millions. On relève 1.3 million pour les boissons et 2.6 millions de matières fabriquées de toute sortes. Les importations étrangères consistent principalement en objets d'alimentation.

Saint-Pierre et Miquelon ont importé 2.4 millions de marchandises françaises et 2.8 millions de marchandises étrangères. Elles ont envoyé en France o.l millions comprenant 5.0 millions de produits de la pêche. C'est la presque totalité de leur exportation, 6.6 millions. Le commerce de ces îles s'est réduit de 22.8 millions en 1900 à 11.8 en 1908. Les modifications dans le régime des pêcheries qu'a entraînées l'accord francobritannique du 8 avril 1904, ne sont pas l'unique cause de ceUe décadence. L'assimilation douanière y a certainement contribué.

Les importations du Gabon ont été, en 1908, de 5.2 millions, dont 2.7 millions de marchandises de France et 2.4 de marchandises étrangères; les exportations, qui avaient atteint

9.6 millions en 1907, sont descendues à 6.5 millions, dont 3.0 millions pour la France et 3.5 pour l'étranger. Les principaux articles d'exportation ont été le caoutchouc, 1.5 million et les bois, 4.2 millions. Il a été exporté 1.3 million de bois en France; la part de la France dans les expéditions de caoutchouc n'est pas indiquée. Ici encore, le privilège colonial ne semble pas d'une très grande importance pour la colonie.

Mayotte et les Gomores sont les dernières des colonies placées sous le régime de l'assimilation douanière. Leurs importations se sont montées au total à 1 .4 million dont 0.6 de France ; leurs exportations à 2.3 millions dont 2.0 millions pour la France (vanille 1.6). Le tarif métropolitain n'est vraiment pas à la taille de ces établissements.

Le commerce de l'Afrique Occidentale est passé de 78.8 millions en 1895 à 193. 1 millions en 1908, savoir : importations, de 46.9 à 108.6 millions; exportations, de 31 9 à 84.5 millions. En 1908, les parts de la France, des colonies françaises et de l'étranger sont, à l'importation, de 58.0, 3. 3et 47.3millions; kl'exportation, de 46.7, 0.3 et 37.5 millions. Les parts du Sénégal dans ces chiffres sont, à l'importation 39.6, 2.9 et 24.5 millions, total, 67.0 millions ; à l'exportation, 31.6, 0.05,13.8 millions, total 45.5 millions ; importations et exportations réunies, 112 5 millions. Les principaux articles de l'importation française sont les métaux et ouvrages en métaux, 18.5 millions, les farineux alimentaires, 7.8 millions, les tissus, 7.2 millions, les boissons,

3.7 millions, les denrées coloniales, 3.1 millions, les ouvrages en matières diverses, 2.8 millions. Parmi les articles étrangers, on relève surtout les tissus, 20.9 millions, l,a houille, 4.0 millions, les denrées coloniales, 3 4 raillions, les fruits et graines, 3.3 millions, les métaux et ouvrages en métaux, 2.9 millions. A l'exportation, viennent en tête : les fruits et graines oléagineux, 25.0 millions pour la France, 16.0 millions pour l'étranger; les gommes, l'huile de palme, le caoutchouc, 16.8 millions pour la France, 11.6millionspour l'étranger, la houille réexportée du Sénégal parlesvapeurs pour leur approvisionnement, 2. 8millions.

i22 RKC.IMK COLONIAL.

Les fruits et graines oléagineux, les gommes et le caoutchouc brut et en masse sontexempte's de droits dans la métropole par le tarif de 1892, même quand ils proviennent de l'étranger. L'huile de -palme étrangère est taxée à 1 franc par 400 kg., cell« de l'Afrique Occidentale française est exempte ; il en est entré pour 6.7 millions, venant presque entièrement de la (]ôte d'Ivoire et du Dahomey. Les hois de l'Afrique Occidentale sont exempts; il n'en a étéexpédié qu'une quantité insignifiante. L'exportation des bananes de Guinée, également exemptes en France, représente 3,000 francs La Côte d'Ivoire et le Dahomey ont envoyé, au bénéfice de la détaxe de 50 p. "j^, 110,000 francs de café et decacao. Les produits del'Afriqueoccidenlalenesontdonc pas appelés en France par les faveurs du régime douanier mais par la demande des industries. La part de la métropole dans les importations de la colonie est passée de 42 p. "/g en 189o après de 49 p. Yo en 1908, bien que le taux de la protection dont jouissent les produits français soit très inférieur à celui du tarif de 1892. Le développement des échanges généraux de l'Afrique Occidentale atteste que le commerce y suit son cours naturel. La prospérité qui en est la suite frappe tous les esprits.

Les Établissements de l'Océanie sont soumis au régime des tarifs spéciaux. Mais le tarif dont ils sont dotés comprend un très grand nombre d'articles et les droits sont fort élevés. L'intérêt fiscal paraît en être la cause plus que le désir de favoriser les marchandises françaises. La colonie ne saurait, pour le moment du moins, vu son éloignement, s'approvisionner régulièrement dans la métropole. Le commeree total représente en 1908, 7.0 millions, dont 0.756 pour la France.

C'est enfin le régime de légalité des droits pour les marchandises françaises et étrangères qui existe dans l'Inde, sur la Côte des Somalis et dans la partie de l'Afrique équatoriale comprise dans le bassin conventionnel du Congo.

Les Établissements de l'Inde ont importé 8.9 de marchandises, dont 2.1 millions venant de France et formés, jusqu'h concurrencedel.2 million, d'ouvrages en métaux. Les marchandises étrangères comprennent 2.0 millions de coton en laine. Les • xportations ont atteint 27.0 millions, dont 10.9 millions du cru de la colonie et 16.1 millions provenant de l'importation. Les

expéditions en France se sont élevées à 14.7 millions, consistant pour |-).l millions en tissus du cru et pour 11.5 millions en arachides d'origine étrangère. Llnde française envoie dans les autres colonies !2 9 millions, dont 2.3 millions de tissus.

Le commerce de la Côte des Somalis est passé de 4.4 millions en 1899 à 33.3 millions en 1908. Il a été importé 13.3 millions, dont 2.3 millions venant de France, et exporté 20.0 millions, dont 1.6 million pour la France. Djibouti est surtout un port d'entrepôt pour la mer Rouge et de transit pour l'Abyssinie.

La statistique coloniale confond dans un même tableau les chiffres du commerce des quatre circonscriptions de l'Afrique équatoriale, bien que leur régime douanier soit différent. On trouve pour le Gabon, dans un rapport qui figure au premier volume, quelques chiffres qui ont été utilisés plus haut. Pour les autres parties du gouvernement général, aucune indication précise n'est donnée.

On a vu^ que la loi du 29 mars 1910 contient deux dispositions intéressant les colonies. La première (art. 7, | 1*'') porte que jusqu'au moment où seront promulgués les nouveaux actes fixant le régime douanier des colonies, la loi ne leur sera applicable qu'en ce qui concerne les dégrèvements opérés sur les tarifs antérieurs; elle vise les colonies à tarifs spéciaux, les seules dont les produits soient soumis au tarif minimum revisé par la loi de 1910. La seconde disposition (art. 7, | 2) concerne les colonies assimilées. Elle suspend l'application du nouveau tarif en ce qui concerne les importations étrangères dans ces colonies jusqu'à ce que les produits étrangers qui devront faire l'objet de tarifications spéciales aient été déterminés par de nouveaux i-èglements d'administration publique . Ces règlements devaient être élaborés dans le délai d'un an. Ils n'ont pas été prêts, et une loi du 30 mars 1911 a prorogé de trois mois le délai fixé par la loi du 29 mars 1910.

11 ne semble pas que l'on veuille profiter des prescriptions du premier paragraphe de l'article 7 pour augmenter le nombre des colonies assimilées. La supériorité du régime des tarifs spé-

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